ODIN Raoul, Léon, Alphonse [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy et Anne Steiner

Né le 16 mars 1874, mort au Panama vers 1941 ; opticien ; anarchiste individualiste émigré au Costa Rica pour y fonder une colonie libertaire.

Raoul Odin, fils d’un lunetier et d’une brodeuse qui se marière deux ans après sa naissance pour le légitimer, devint un opticien assez prospère puisque selon Louis Louvet*, il aurait possédé trois magasins à Paris dans les années qui suivirent la Première Guerre mondiale. Il était de confession baptiste et aurait même été, selon Malcom Menzies, missionnaire baptiste en Algérie pendant trois ans.

Anarchiste individualiste, Raoul Odin était, aux dires de A. Barbé* un « sujet extrêmement brillant » et un « bon polémiste ». Il collabora notamment à l’organe individualiste L’Ere Nouvelle (Paris-Orléans, 1901-1911) fondé par E. Armand*. Pendant la guerre il aurait collaboré à Pendant la mêlée (1915-1916) puis à Par-delà la mêlée (1916-1918). Il aurait également collaboré à L’Insurgé (Paris, 1925-1926) d’André Colomer*, L’En-Dehors (1922-1939) d’E. Armand*, L’Anarchie (1926-1929) de Louvet, et L’Encyclopédie anarchiste de Sébastien Faure*.

En 1926, il annonça dans l’En-dehors son intention d’aller s’installer au Costa-Rica pour rejoindre à Mastatal une colonie anarchiste fondée par l’individualiste Charles Simoneau* dit Pedro Prat, encore à l’état embryonnaire.
Il vendit tous ses biens et partit pour le Costa-Rica avec sa compagne. Il arriva à Mastatal le 12 janvier 1927 et acheta une propriété de 100 hectares. Il était alors âgé de 54 ans. Sur place, il collabora au journal des colons anarchistes Le Semeur (Santiago de Puriscal, juillet 1925-octobre 1928) dont les princiapux responsables étaient M. Palomares et Marius Theureau*. Le journal le Semeur de Normandie de Barbé publia des lettres de lui, en provenance de Curação, datées 24 et 27 décembre 1926. Odin entretenait une correspondance soutenue avec Armand et écrivait pour l’En-dehors des comptes rendus de sa vie sur place.
Il encourageait la venue de nouveaux colons, proposant de mettre de la terre à disposition des nouveaux arrivants. Pourtant, six mois après son arrivée, il se plaignait d’avoir perdu 30 kilos. Dans le numéro 112 de l’En-dehors, il annonçait l’échec de son entreprise et se disait épuisé par la rudesse des conditions de vie.

Il décida alors d’aller tenter fortune à San-José. Il fonda un bazar et créa un magasin de modiste pour sa compagne ; celle-ci l’abandonna alors qu’il était parti pour Panama dans l’espoir de renflouer ses affaires. En janvier 1933, Armand lui proposa l’avance de ses frais de retour en France mais il déclina l’offre. Au Panama, il fonda successivement plusieurs commerces qui, tous, firent faillite. Il mourut dans la misère vers 1941 selon Malcolm Menzies.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154491, notice ODIN Raoul, Léon, Alphonse [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy et Anne Steiner, version mise en ligne le 12 avril 2014, dernière modification le 12 avril 2014.

Par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy et Anne Steiner

ŒUVRE : L’Amour, la femme et l’enfant, Publications mensuelles de l’Anarchie, 1927 ; réed. Contre-courant, janvier 1955, 16 p. — Propos subversifs, La Brochure mensuelle, 1925. — La Rhétorique du peuple, La Brochure mensuelle, 1926.

SOURCES : Préface de L. Louvet à la brochure citée. — Le Semeur — L’Unique, mai 1947. — R. Bianco, « Un siècle de presse anarchiste… », op. cit. — Malcolm Menzies, Mastatal, ed Plein Chant, 2009.

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