LUSTRE René [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche

Né le 1er juillet 1924 à Paris XVIIIe arr., mort le 5 novembre 2017 à Argenteuil (Val-d’Oise) ; comptable ; communiste libertaire puis trotskiste.

René Lustre adhéra à la Fédération anarchiste (FA) à la Libération. Membre du groupe de Paris-Est avec entre autres Roger Caron*, André et Cécile Moine*, il fut, dès sa création en 1949 membre de l’Organisation Pensée Bataille (OPB), une fraction créée pour orienter la FA dans le sens communiste libertaire.

Au congrès de Paris en mai 1950, René Lustre fut élu au comité national de la FA comme secrétaire aux archives et à la documentation. Lors du congrès de Lille en avril 1951 il fut réélu au CN comme secrétaire à la gestion. Il fut reconduit au même poste lors du congrès tenu à Bordeaux les 31 mai, 1" et 2 juin 1952 puis à celui tenu à Paris les 23-25 mai 1953. Ce dernier congrès entérina les nouveaux statuts de la FA et consacra la transformation de la FA en organisation communiste libertaire. Elle devait se rebaptiser Fédération communiste libertaire (FCL) quelques mois plus tard.

Trésorier et permanent de la FA puis de la FCL, René Lustre fut administrateur du Libertaire de juin 1951 à décembre 1953, et gérant de novembre 1952 à mars 1954. I1 fut également à la même époque responsable du bulletin intérieur de la FA, Le Lien, et l’administrateur du septième et ultime numéro de la revue Études anarchistes, en juin 1952.

Fin novembre 1953, après avoir été fortement critiqué pour sa gestion négligente, René Lustre était suspendu de l’OPB et remplacé comme permanent par un autre membre de l’OPB, Jacques Tanforti*. Selon Georges Fontenis*, René Lustre était en fait devenu trotskiste et négligeait un travail devenu pour lui sans attrait. En mars 1954, Lustre rendit public un texte de 12 pages, « Pourquoi j’ai quitté la FCL », où il expliquait son passage au Parti communiste internationaliste (PCI) de Lambert par la contradiction dans laquelle se trouvait la FCL de vouloir concilier anarchisme et discipline révolutionnaire.

Toujours comptable, il prit sa retraite en 1989 et restait, en 2009, fidèle à ses convictions qu’une société « démocratique et sans classes sociales sera imposée un jour – s’imposera, plus précisément. ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154473, notice LUSTRE René [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 2 mai 2014, dernière modification le 15 janvier 2019.

Par Guillaume Davranche

SOURCES : Georges Fontenis, Changer le monde, histoire du mouvement communiste libertaire 1945-1997, Éd. Alternative libertaire, 2008. – Lettre de René Lustre le 12 janvier 2009.

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