FAURE Sébastien [FAURE Auguste, Louis, Sébastien, dit] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, Guillaume Davranche

Né le 6 janvier 1858 à Saint-Étienne (Loire) ; mort le 14 juillet 1942 à Royan (Charente-Inférieure) ; agent d’assurances puis conférencier professionnel ; propagandiste et pédagogue anarchiste de renommée internationale.

Sébastien Faure (1894)
Sébastien Faure (1894)
Album Bertillon, 1894.

Sébastien Faure fut une des grandes figures de l’anarchisme français, mais aussi une personnalité indépendante, très attachée à sa liberté de mener des entreprises personnelles. Ancien guesdiste, orateur anarchiste le plus réputé, vivant de ses conférences, il fut une des figures majeures du procès des Trente, en 1894. Il entraîna ensuite le mouvement anarchiste dans un dreyfusisme sans réserve qui lui valut, après l’Affaire, d’être durablement mis sur la touche. Replié pendant dix ans sur l’action pédagogique, il retrouva un rôle à peu près incontesté dans le mouvement grâce au combat pacifiste qu’il mena contre la Grande Guerre.

Militant guesdiste

Quatrième enfant d’une famille qui en comptait six, Sébastien Faure naquit dans un milieu de bourgeoisie aisée et très catholique. Son père, négociant en rubans, le confia aux Jésuites auprès desquels il fit de solides études. Destiné aux ordres, le jeune homme fit un noviciat de dix-huit mois à Clermont-Ferrand. C’est alors que, vers 1875, le père de Sébastien mourut après avoir connu des revers de fortune puis rétabli, dans une certaine mesure, sa situation. Auparavant, il avait fait promettre à son fils de renoncer à la prêtrise et de se consacrer à sa famille.

Sébastien Faure s’adonna donc au commerce avant de satisfaire, à partir de novembre 1878, à ses obligations militaires, puis il passa une année en Angleterre. De retour à Saint-Étienne, il devint inspecteur dans une compagnie d’assurances. Ayant fait la connaissance de Blanche Faure (son homonyme mais non sa parente), d’origine protestante, il l’épousa et, vers 1885, le jeune couple alla s’installer à Bordeaux. Sébastien Faure, qui peu à peu avait perdu la foi, l’avait remplacée par l’engagement socialiste.

Celui que les compagnons appelleront familièrement « Sébast » devait être, sa vie durant, un militant. En octobre 1885, il fut candidat du Parti ouvrier (guesdiste) aux élections législatives. Il obtint 600 voix et ne fut pas élu. La vie militante, que n’appréciait pas son épouse, entraîna la rupture et, en 1888, Sébastien Faure s’installa seul à Paris après avoir divorcé.

Orateur anarchiste réputé

Après son installation à Paris en 1888, Sébastien Faure travailla encore comme employé à la Société des voyages et villégiatures à crédit, et s’inscrivit au groupe Les Insurgés du XVIIIe, qui rassemblait des citoyens appartenant à toutes les écoles socialistes.

Membre de la Chambre syndicale des hommes de peine, anarchisante, Sébastien Faure évolua sous l’influence de Joseph Tortelier et des écrits de Kropotkine et d’Élisée Reclus. Il fut délégué, du 28 octobre au 4 novembre 1888, au IIIe congrès de la Fédération nationale des syndicats qui se tint à Bordeaux et au Bouscat (Gironde). À l’occasion du congrès, il fit sa première déclaration anarchiste. S’étant trouvé insulté dans un article de La Petite Gironde, il fit savoir au directeur du journal, par l’intermédiaire de Sibilot et Gégout* qu’il demandait soit une rétractation, soit une réparation par les armes. La Petite Gironde s’inclina.

« De ce moment, raconta plus tard Victor Méric dans Les Hommes du jour, commence sa carrière de conférencier ambulant, parcourant les villes et les campagnes [...]. Les débuts furent pénibles. Sébastien partait avec quelques camarades, sans un sou en poche, couchant au petit bonheur, tantôt sur le revers d’un fossé, au clair de lune, tantôt sur une meule de foin ; quémandant une grange, un hangar, une salle de café où il pourrait parler un instant. » À l’époque il encourut plusieurs condamnations. Lors des obsèques du blanquiste Émile Eudes, il fut arrêté. Puis fut condamné à un mois de prison suite à une manifestation de sans-travail à Toulouse en 1889. En 1891, un discours tenu à Lyon lui occasionna une condamnation à dix-huit mois de prison. La liste de ses condamnations politiques, toutes antérieures à 1914, est disponible à Arch. PPo. BA/1660.

Devenu peu à peu conférencier professionnel, Faure vécut essentiellement de ses tournées et n’eut plus l’occasion de participer au mouvement syndical. Il n’en demeura pas moins pro-syndicaliste et, dans son ouvrage Mon Communisme (1921),il attribuait toujours un rôle essentiel au syndicalisme pour gérer la production dans la société future.

Les tournées de Sébastien Faure, longtemps secondé par Armand Matha, étaient toujours organisées avec le plus grand soin : rédaction des tracts, nombre et format des affiches, choix et plan de la salle, financement, tout était prévu. Quant aux sujets de ses conférences, ils étaient « grand public », liés souvent à l’actualité, et leur développement donnait fréquemment matière à la publication d’une brochure. Toute sa vie, Sébastien Faure donna une large place à la propagande antireligieuse. Il affectionnait particulièrement les discours sur l’inexistence de Dieu, et il n’était pas rare que, lors de ses tournées, un prêtre local soit invité à lui porter la contradiction. Le 12 janvier 1906 par exemple, il donnait à Paris une grande conférence sur « la faillite du catholicisme », en y invitant tout spécialement Marc Sangnier (du Sillon), l’abbé Viollet, l’abbé Garnier et l’abbé Naudet. L’essentiel de son argumentation antireligieuse fut synthétisée dans Douze preuves de l’inexistence de Dieu (1914) et dans L’Imposture religieuse (1923).

Émile Kahn, secrétaire général de la Ligue des droits de l’homme de 1932 à 1953, a caractérisé ainsi l’éloquence de « Sébast » au temps de l’affaire Dreyfus : « On l’y entendait parler d’une voix douce, qui donnait un accent charmeur à des propos ardents. Il était orateur-né, alliait la pureté de la langue et la musique de la phrase à la rigueur du développement et le pathétique à la causticité. La cause était bonne étant celle du Droit, mais il savait lui donner l’attrait persuasif qui entraîne la conviction. De ses débuts dans la vie active qui avaient failli faire de lui un prêtre, il avait gardé le don de convertir » (cf. Contre-Courant n° 87, mars 1958, op. cit.).

Francis Jourdain*, qui le fréquenta beaucoup au début des années 1900, a lui aussi caractérisé son style : « Dans le privé, Sébastien était un homme enjoué et cordial. On ne pouvait guère lui adresser d’autre reproche que d’être victime d’une déformation professionnelle. Sa conversation était, comme ses discours, une démonstration en trois points, et on l’eût volontiers supplié d’apporter à ses développements un peu moins d’ordre, d’y introduire quelques lapsus, de laisser une phrase en suspens, d’oublier son plan, de se perdre dans une de ses périodes, enfin de rater quelquefois le trapèze et de tomber dans le filet. » (Sans remords ni rancune, pp. 85-86).

À l’époque, il écrivit dans plusieurs journaux anarchistes comme L’Attaque (1888-1890), L’En-dehors (1891-1893), L’Agitateur de Marseille (1892) ou La Revue libertaire (1893-1894), mais pas dans La Révolte de Jean Grave.

Les 1er et 8 septembre 1889, Sébastien Faure participa au congrès anarchiste international qui se tint salle du Commerce, à Paris. Dans la controverse sur le vol, qui fut au centre des débats, il se prononça en faveur du vol, considéré comme légitime dans le cadre de la société capitaliste.

Début 1892, il entama une campagne contre la journée du Premier Mai qui, depuis son lancement deux ans auparavant, prenait des allures de plus en plus nettement « politiciennes ». Mais il se retrouva isolé sur sa position, et une déclaration cosignée de plusieurs militants (voir Jacques Prolo) lui répondit que les anarchistes ne pouvaient être absents d’un tel mouvement populaire.

Vint, en1892-1894, la période des attentats. En janvier 1893, Sébastien Faure devint le tuteur de Sidonie, la fille qu’Auguste Vaillant lui confia quelques jours avant de monter sur l’échafaud. Il reçut, pour subvenir à ses besoins, une aide de la duchesse d’Uzès, avec laquelle il était en amitié. Il était à ce moment-là un militant suffisamment célèbre pour se voir projeté dans le box des accusés au « procès des Trente » (voir Élisée Bastard), du 6 au 12 août 1894. La presse se vit interdire de reproduire sa défense, sous prétexte d’empêcher la propagande anarchiste. Défendu par Me Georges Desplas, il fut acquitté.

En novembre 1895, Sébastien Faure fonda, avec le parrainage de Louise Michel, l’hebdomadaire Le Libertaire, qui se distingua des Temps nouveaux de Jean Grave par son caractère éclectique. Il habitait alors au 5, rue Eugène-Sue à Paris 18e.

Cette même année 1895, Sébastien Faure se hissa au statut de théoricien en publiant La Douleur universelle, qui contenait deux innovations idéologiques. Tout d’abord, selon lui, le problème social n’était pas une question exclusivement prolétarienne. Les autres classes sociales, y compris la classe capitaliste, souffraient du système et avaient intérêt à sa disparition. Ensuite, Faure identifiait l’origine de cette « douleur universelle » : les institutions et le capitalisme n’étaient que des « causes secondes ». En fait la cause « unique et première » était le « principe d’autorité », auquel il convenait de substituer le « principe de liberté ». Cette théorie idéaliste devait lui attirer quelques sarcasmes de la part des anarchistes les plus intransigeants. Dans un tract satirique édité en 1896, les individualistes réfugiés à Londres le surnommaient « l’Amoureux » et « le commis-voyageur ambulant de l’Anarchie ». Ils raillaient sa « voix mélodieuse », son éloquence ecclésiale, la mièvrerie et la superficialité de sa doctrine, la « rente » que lui assuraient ses conférences et ses supposées aventures galantes. Un rapport de police mentionne également que dans le milieu anarchiste, sa garde rapprochée (Constant Martin*, Armand Matha) était surnommée « les cardinaux ». L’affaire Dreyfus allait carrément diviser le mouvement anarchiste entre pro et antifauristes.

Dreyfusard sans réserve

Convaincu par Bernard Lazare, Sébastien Faure prit une large part à l’affaire Dreyfus. Après avoir manifesté quelques réticences jusqu’à la fin de 1897, Le Libertaire et son équipe — Faure, Malquin*, Janvion, Ferrière*, Devaldès*, Matha, Broussouloux, Dhorr* — fut le premier des trois hebdomadaires anarchistes à s’engager dans la lutte pour la révision du procès. Dès le 15 janvier 1898, Le Libertaire organisait un grand meeting pour protester contre le huis clos avec notamment Sébastien Faure et Louise Michel.

À ce moment-là, il s’agissait surtout de politiser une affaire susceptible de dégoûter le peuple de l’armée, de la république et de l’Église. À la suite du Libertaire, l’ensemble du mouvement anarchiste se mit en branle. Cependant, dès septembre 1898, Faure fut personnellement convaincu de l’innocence de Dreyfus, ce qui l’amena à ajouter une touche humanitaire à son discours jusque-là strictement politique. Puis, quand la république se vit menacée d’un coup de force de l’extrême droite, Sébastien Faure et ses proches évoluèrent encore. En octobre 1898, ils impulsèrent une Coalition révolutionnaire pour unir les « républicains, démocrates, libres-penseurs, socialistes, révolutionnaires, libertaires » contre « les partis de réaction [...] : cléricaux, royalistes, césariens, antisémites, nationalistes » et défendre « la liberté » (voir Broussouloux).

Cette Coalition révolutionnaire, sorte de front de défense de la république, fut cependant à l’origine des premières fissures dans le dreyfusisme libertaire.

Le 6 février 1899, Sébastien Faure et Émile Pouget, qui avaient pour cela suspendu la parution du Libertaire et du Père Peinard, lancèrent Le Journal du peuple, qui allait devenir le quotidien du dreyfusisme radical, mais non exclusivement anarchiste. La rumeur circula pendant longtemps que le journal avait été financé par « quelques israélites » (Jeanne Humbert, op. cit., p. 167). L’historien Philippe Oriol établit finalement (Bernard Lazare, Stock, 2003, pp. 244-246) que, dès l’origine, le financement du journal avait été assuré par des subsides mensuels du Comité de défense contre l’antisémitisme, une association juive dont l’intermédiaire était Bernard Lazare. Pour des raisons tactiques, seuls Sébastien Faure et « deux intimes » étaient dans le secret.

Au cours de l’année 1899, Faure et l’équipe du Journal du peuple s’engagèrent de plus en plus loin dans le front républicain. Le 11 juin, ils participèrent à la manifestation de Longchamp, pour affirmer le refus populaire du coup d’État, suite à l’agression dont le président Émile Loubet avait été victime. Le 21 août, Sébastien Faure prit encore la tête d’une manifestation place de la République, pour conspuer les antisémites réfugiés dans le « fort Chabrol ». Avec Ferrière et Dhorr, il fut arrêté par la police. La presse antidreyfusarde commença alors à railler sérieusement les « anarchistes de gouvernement » dont Sébastien Faure était présenté comme le chef de file.

À cette période, une scission se produisit au sein du mouvement anarchiste, dont une partie jugea que le dreyfusisme incarné par Faure faisait le jeu d’une fraction de la bourgeoisie contre une autre. En juin 1899, Ernest Girault*, Devaldès, Charles Malato et Henri Dagan* fondèrent L’Homme libre pour « reprendre la note [...] purement anarchiste et révolutionnaire » du combat dreyfusard. Ils furent rejoints par des fidèles de Sébastien Faure désabusés comme Émile Janvion. Quant à Jean Grave et aux Temps nouveaux, ils retournèrent à la neutralité.

À la fin de l’Affaire, le Comité de défense contre l’antisémitisme cessa de verser des subsides au Journal du peuple, qui ne lui était plus utile. Le quotidien disparut le 3 décembre 1899, après 299 numéros, en laissant 100 000 francs de dettes. Prévoyant sans doute cet épilogue, Sébastien Faure avait dès août 1899 relancé Le Libertaire, confié à la gérance de Matha.

À cette époque, et pendant quelques années, Sébastien Faure devint le bouc émissaire d’une partie du mouvement anarchiste désenchanté de l’Affaire Dreyfus. À l’occasion du congrès antiparlementaire international de septembre 1900, Émile Janvion rédigea un rapport dénonçant les « purs accents de ce lyrisme républicain » que l’Affaire avait entraînée chez Faure et ses partisans. Dans Le Flambeau du 24 novembre 1901, plusieurs militants signaient encore un article dans lequel ils déclaraient : « Nous jugeons que les camarades qui ont traité Sébastien Faure de pantin et de viveur de l’anarchie ont été bien au-dessous de la vérité. » De tous ses détracteurs, Émile Janvion — qui dérivait alors vers le conspirationnisme — fut le plus férocement constant. Pendant quinze ans, il ne cessa de le harceler au sujet de sa dérive républicaine pendant l’Affaire, qu’il reliait à son appartenance à la franc-maçonnerie et aux fonds juifs qu’il était supposé avoir touchés.

Pédagogue en retrait du mouvement

Sébastien Faure, écœuré de cette atmosphère, se mit alors en retrait du mouvement anarchiste. Dans Le Libertaire du 31 décembre 1899, il déclara solennellement « renoncer à toute propagande nécessitant un groupement quelconque ». En janvier 1900, il créa un éphémère hebdomadaire, Les Plébéiennes — propos d’un solitaire, qu’il était seul à rédiger et qui eut 21 numéros. Sa notoriété était telle qu’il pouvait « se passer » des groupes anarchistes pour remplir ses conférences. Ses tournées continuèrent donc à connaître le succès, mais il cessa progressivement d’aider financièrement Le Libertaire. De juin 1901 à mars 1902, il s’occupa par ailleurs d’un journal lyonnais, Le Quotidien.

En 1903, Eugène Humbert* réussit à convertir Faure au néomalthusianisme, auquel il avait été jusqu’alors hostile. La même année, il commença à accumuler des fonds en vue de la réalisation du grand projet de sa vie : une école libertaire.

En janvier 1904, il loua une propriété de 25 hectares au Pâtis, sur la commune de Rambouillet. L’école, baptisée La Ruche, ouvrit ses portes en janvier 1904. Durant ses treize années d’existence, elle accueillit 20 à 40 enfants de 6 à 16 ans, tous issus de familles pauvres, parfois orphelins. Une quinzaine de collaborateurs, vivant en communisme et sans appointements, présidaient aux études et aux travaux en atelier et aux champs. La Ruche visait l’autosuffisance alimentaire et comprenait donc un potager, des vaches, des chevaux, des porcs, des poules et une cinquantaine de ruches. Un budget annuel de 50 000 francs environ permit son fonctionnement. L’entreprise reçut l’appui de la presse ouvrière et progressiste, que ce soit L’Humanité, La Voix du peuple, Le Libertaire ou Les Temps nouveaux, et bénéficia de souscriptions de syndicats et de loges maçonniques, et du travail bénévole de camarades du bâtiment. Sébastien Faure comblait le déficit annuel d’une trentaine de milliers de francs.

En quelques années, La Ruche acquit une grande notoriété. Sa fête annuelle, annoncée dans les journaux, devint un rendez-vous estival incontournable. Plusieurs milliers de personnes, venues de toute la France, s’y déplaçaient. Des trains spéciaux furent, certaines années, affrétés de Paris. Après un grand pique-nique dans le théâtre de verdure, on avait par exemple le loisir d’aller se promener sur les différents stands, d’écouter la chorale des enfants de la Ruche ou de suivre l’allocution de Sébastien Faure. La journée pouvait se conclure par un feu d’artifice et un grand bal.

Durant cette période, Sébastien Faure continua de se tenir à l’écart du mouvement anarchiste parisien, où il conservait peu d’appuis, mais poursuivit inlassablement ses tournées de conférences. En 1908, dans LesHommes du jour n° 18, qui lui consacraient un portrait, Victor Méric suggéra : « Au fond, s’il espère toujours, il ne croit plus. Sa foi anarchiste a traversé la crise redoutable comme autrefois sa foi religieuse ». Mais l’intéressé lui écrivit (Les Hommes du jour n° 24) pour démentir et assurer qu’il était toujours pleinement anarchiste.

En parallèle, Faure s’était rapproché de La Guerre sociale. Quand, début 1910, Miguel Almereyda y lança l’idée de former un Parti révolutionnaire, il reçut l’adhésion du pédagogue de Rambouillet. Dans un long article paru dans La Guerre sociale du 16 février, Faure déclarait : « Oui, je crois venu le moment de fonder et d’organiser fortement un Parti de la révolution. » Ce parti, il le voyait amalgamer trois éléments : « les socialistes insurrectionnels », « les syndicalistes et coopérateurs révolutionnaires », « les anarchistes ». Il ne rompit que tardivement avec La Guerre sociale et avec Gustave Hervé, mais le fit avec éclat, en organisant, le 22 novembre 1912, une grande conférence salle Wagram contre le thème hervéiste de la « conquête de l’armée ».

Le 4 avril 1911, alors que Janvion venait de tenir une conférence antimaçonnique et antisémite présidée par le syndicaliste Émile Pataud, avec l’appui de l’Action française, Faure se fendit d’une lettre ouverte à son ami Pataud pour le conjurer de revenir à la raison (La Guerre sociale du 5 avril 1911).

Non sans certaines réticences de la part de certains groupes libertaires, Sébastien Faure participa en août 1913 au congrès national anarchiste. Il s’y opposa aux critiques trop vives qu’on y adressait à la CGT, et préconisa l’arrêt des campagnes abstentionnistes qui, en gênant principalement le Parti socialiste, risquaient selon lui de discréditer l’anarchisme. Il fut également le rapporteur de la commission chargée de rédiger le manifeste final du congrès, et donna son adhésion à la Fédération communiste anarchiste révolutionnaire (FCAR). Il en démissionna néanmoins au bout de quelques semaines, à cause d’une polémique naissante dans Le Libertaire contre la franc-maçonnerie, derrière laquelle sa personne était visée.

A l’automne 1913, il fit partie du comité de parrainage de la coopérative Le Cinéma du peuple (voir Yves Bidamant).

Résistant à la guerre

Lors de la déclaration de guerre en 1914, Sébastien Faure ne rejoignit pas l’union sacrée. En janvier 1915, il édita un tract de 4 pages intitulé « Vers la paix. Appel aux socialistes, syndicalistes, révolutionnaires et anarchistes », qui se proposait d’impulser un mouvement pour une paix blanche et appelait à une médiation des pays neutres. Le tract circula jusque dans les tranchées, et il en fut question en conseil des ministres. Sur les conseils de Gustave Hervé, Sébastien Faure fut alors convoqué Place Beauvau. Le ministre de l’Intérieur Malvy le persuada de renoncer à ses projets, en lui expliquant que les lettres de plusieurs soldats, dont certains étaient des amis de Faure, avaient été saisies, et que leur contenu compromettant risquait de les faire traduire en conseil de guerre. Ému, Sébastien Faure accepta de cesser sa campagne en échange de la promesse qu’il n’y aurait pas de poursuites contre les soldats.

Au printemps 1916, il cosigna le manifeste pacifiste « La paix par les peuples » (voir Charles Benoît) qui s’opposait au Manifeste des Seize (voir Jean Grave), puis il se lança dans une ambitieuse entreprise de propagande pacifiste. En avril, il fonda avec Mauricius le journal CQFD, qui connut un certain succès puisque l’année suivante il tirait à près de 20 000 exemplaires, comptait 2 000 abonnés et voyait se constituer à Paris, en banlieue et en province des groupes d’Amis de CQFD. Les difficultés, cependant, étaient grandes. La Ruche dut fermer ses portes en février 1917. Quant à CQFD, il disparut au 83e numéro, en date du 22 décembre 1917.

Quelques jours auparavant, le 17 décembre, Sébastien Faure avait été condamné par la 10e chambre du tribunal correctionnel à deux ans de prison pour « outrage à la pudeur ». Il était accusé de s’être frotté à des petites filles, le 23 septembre, dans la foule du marché aux puces de Clignancourt. Sur opposition l’affaire fut rejugée le 28 janvier 1918 par la 16e chambre et la peine ramenée à six mois. Cette affaire entraîna la publication par ses amis d’une brochure parue en 1919 : Une infamie, Les dessous d’une odieuse machination. L’affaire Sébastien Faure (avant-propos de Moreau-Montéléon*, éd. La Librairie sociale).

Vieux sage de l’anarchisme

Dans l’entre-deux-guerres, Sébastien Faure fit figure d’ancien et de conseiller auprès des camarades. Tout en participant à l’Union anarchiste et à ses congrès, il poursuivit, comme il l’avait toujours fait, son activité de conférencier professionnel. Les bénéfices qu’il en tirait lui permettaient de financer ses propres projets.

Pour commencer, Faure mit sur pied en 1919 l’imprimerie coopérative La Fraternelle, 55, rue de Pixérécourt à Paris 20e, qui devait imprimer quantité de brochures et de journaux anarchistes jusqu’à la fin des années 1920. Il participa également à lancer des éditions, L’Œuvre internationales des éditions anarchistes, avec Séverin Férandel*.

Le 15 juin 1921, il fut de nouveau condamné à 200 francs d’amende et à huit mois de prison pour « outrage à la pudeur » par la 11e chambre du tribunal correctionnel siégeant à huis clos. Il était accusé d’avoir accompagné, avec deux autres hommes, des jeunes filles mineures dans un hôtel de la Villette, le 16 février. Suite à cette affaire, Sébastien Faure s’expliqua dans un article du Libertaire du 23 septembre 1921 intitulé « Je sors du tombeau ». Après sa libération, il alla demeurer, 10, rue Pierre-Nys (actuelle rue Louis-Bonnet), à Paris 11e, sous le nom de Simon Faber, et y resta deux ans.

À sa sortie de prison, il envisagea sérieusement de se retirer de la vie militante. Ce fut Louis Lecoin qui le persuada de continuer la lutte. Lors d’un meeting de soutien à des détenus en grève de la faim, Lecoin interpella Faure, alors simple auditeur, et affirma que les détenus espéraient de tout leur cœur que « Sébast’ » parlerait pour eux. Faure ne put se dérober, et gagna la tribune sous les acclamations. Sa mise à la retraite se voyait ajournée sine die.

En janvier 1922, Sébastien Faure initia La Revue anarchiste, qui se voulait au carrefour des différentes mouvances libertaires (UA, syndicalistes, individualistes, littérateurs...). Le 35e et dernier numéro parut le 10 juillet 1925.

Du 25 juin au 2 juillet 1922, il assista en observateur au Ier congrès de la CGTU, à Saint-Étienne et fut photographié, pour la postérité, avec les délégués de la tendance Besnard*.

En 1925, il s’attela à la réalisation d’une Encyclopédie anarchiste publiée par fascicules, qui fut achevée en 1934 dans sa première partie (2893 pages). Il fit appel à une centaine de rédacteurs issues de toutes les fractions anarchistes pour la rédaction de cette grande œuvre. Trois autres parties (historique, biographique et bibliographique) qui avaient été prévues au départ ne virent pas le jour. On peut aujourd’hui la consulter en ligne (www.encyclopedie-anarchiste.org).

Les 15 et 16 novembre 1926, il assista en observateur au congrès fondateur de la CGT-SR, à Lyon.

En 1927-1928, Sébastien Faure prit parti pour les synthésistes (voir Voline) dans la controverse qui les opposait aux plate-formistes (voir Piotr Archinov) au sein de l’Union anarchiste communiste (UAC). Quand, en novembre 1927, la minorité synthésiste scissionna de l’UAC devenue plate-formiste pour fonder l’Association des fédéralistes anarchistes (AFA), Sébastien Faure la suivit et collabora à son journal, Le Trait-d’union libertaire puis La Voix libertaire. À la même époque, il retrouva son ancienne épouse, Blanche, qui l’avait quitté en 1888, et tous deux décidèrent de reprendre une vie commune. Le couple vécut au 15, rue Charles-Friedel, à Paris 20e.

En 1928, Sébastien Faure dota l’AFA d’un corps de doctrine en publiant dans le Trait d’union libertaire n°3 du 15 mars 1928 un long texte intitulé « La Synthèse anarchiste ». Le texte fut ensuite publié sous forme d’une brochure de 16 pages, qui servit de manifeste à l’AFA. Faure y comparait l’anarchisme à « ce que, en chimie, on appelle un corps composé, c’est-à-dire un corps formé par la combinaison de plusieurs éléments [...] : l’anarcho-syndicalisme, le communisme libertaire et l’individualisme anarchiste. Sa formule chimique pourrait être S2, C2, I2. Selon les événements, les milieux [...], le dosage des trois éléments est appelé à varier. [...] S3, C2, I1 ; ou bien S2, C3, I1 ; ou encore S1, C2, I3 ; la formule peut attester des proportions variables, localement, régionalement, nationalement ou internationalement. Mais toujours est-il que ces trois éléments [...] sont faits pour se combiner et pour constituer, en s’amalgamant, ce que j’appelle : “la Synthèse anarchiste”. » Dans l’opuscule, Faure précisait bien qu’il n’ambitionnait pas la « synthèse des théories anarchistes » — ce que Voline entendait par « synthèse » — mais la simple cohabitation de ces différentes théories.

La controverse Plate-forme/Synthèse avait été assez rude, Sébastien Faure ayant accusé les plate-formistes de déviation « marxiste » voire « bolcheviste ». De son côté, l’organisation qui s’était rebaptisé, en août 1928, Union anarchiste communiste révolutionnaire (UACR) ne le ménagea pas. « Il lui a plu de renier quarante années de propagande en se mettant à la remorque des “amour-libristes” et de tous les antirévolutionnaires qu’un mouvement anarchiste traîne avec lui », déclara Le Libertaire du 7 décembre 1928.

La réconciliation ne s’opéra qu’après le congrès d’unité de mai 1934, qui réunifia l’AFA et l’UACR en une seule organisation : l’Union anarchiste (UA). Nicolas Faucier négocia alors avec Sébastien Faure qu’il réadhère à l’UA, ce à quoi le vieux propagandiste consentit.

En 1931, Sébastien Faure avait accepté de figurer au comité d’honneur de la Ligue internationale des combattants de la paix (LICP), une organisation pacifiste intégrale fondée par Victor Méric. Il entretint par la suite des relations suivies avec les rédacteurs du Barrage et de La Patrie humaine.

Durant la Révolution espagnole, Sébastien Faure — qui n’avait pas suivi la scission de la Fédération anarchiste de langue française (FAF) en août 1936 — participa aux campagnes de soutien organisées par l’UA. Bien qu’âgé de 78 ans, il passa deux semaines en catalogne dans la première moitié d’octobre 1936, accompagné d’Achille Blicq*, visita la Colonne Durruti à Badajoz, parla à Radio Barcelona et participa à des réunions pour préparer une éventuelle Conférence anarchiste internationale. Une série de reportages parurent dans Le Libertaire. Il collaborait alors à L’Espagne antifasciste (août 1936-janvier 1937), le journal francophone de la CNT espagnole. Il fut par la suite un des membres du comité de parrainage de la Solidarité internationale antifasciste (SIA) qui donna le nom de Granja Escuela Sébastien-Faure à la colonie d’enfants de Llansa. Au sein de la colonne Ortiz, le groupe international prit également, en son honneur, le nom de centurie Sébastien Faure (Le Libertaire mentionna par erreur qu’il s’agissait d’un sous-groupe de la colonne Durruti). Faure critiqua cependant la politique de la CNT espagnole dans deux articles intitulés « La pente fatale » dans Le Libertaire des 8 et 22 juillet 1937.

Réfugié à Royan en 1940, Sébastien Faure y vécut les deux dernières années de sa vie, loin de ses amis, « vieilli, hors d’usage, fini », comme il l’écrivit à Eugène Humbert le 31 janvier 1941. En 1942, il envisageait de regagner Paris, mais sa santé précaire le contraignit à demeurer. On connaît son état d’esprit par la publication d’un certain nombre de ses lettres (cf. Pierre Lentente* et Aristide Lapeyre*, La Fin douloureuse de Sébastien Faure, Paris, 1957). Il aurait laissé ses « dernières pensées », manuscrit de deux livres écrits pour les jeunes. C’est du moins ce qu’il avait annoncé à ses amis, mais ceux-ci ne les trouvèrent pas lorsqu’ils les demandèrent à sa femme Blanche, après que « Sébast’ » se soit éteint, le 14 juillet 1942.

En 1945, une Société des Amis de Sébastien Faure vit le jour (voir Pierre Lentente). En 1993, sa tombe, située au cimetière des Tilleuls, à Royan, fut restaurée (voir Gérard Escoubet) et une plaque en marbre noir y fut aposée, reprenant l’épitaphe d’origine : « À Sébastien Faure le grand orateur libertaire et libre-penseur, ses compagnons d’aujourd’hui pour ceux de demain, 14 juillet 1942 ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154431, notice FAURE Sébastien [FAURE Auguste, Louis, Sébastien, dit] [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, Guillaume Davranche, version mise en ligne le 10 mars 2014, dernière modification le 13 avril 2016.

Par Jean Maitron, Guillaume Davranche

Sébastien Faure (1894)
Sébastien Faure (1894)
Album Bertillon, 1894.

ŒUVRE : Féodalité ou révolution. Le machinisme et ses conséquences [Imp. Girondine], Bordeaux, 1887, 32 p. — L’Anarchie en cour d’assises, en vente aux bureaux de La Révolte et du Père Peinard, 1891 — Autorité ou liberté, aux bureaux de La Révolte et du Père Peinard, 1891 — La Douleur universelle, préf. d’Émile Gautier, éd. Albert Savine, Paris, 1895 — Les Crimes de Dieu, numéro unique à grand format, Paris, vers 1897-1898 — Les Anarchistes et l’affaire Dreyfus, Imprimerie Lafont [« En vente au bureau du “Libertaire” »], Paris, 1898 — Réponse aux paroles d’une croyante, Imprimerie ouvrière, Oyonnax, 1903 — Le Problème de la population, conférence du 16 novembre 1903, Lib. de Régénération, Paris, 1904 — Vers le bonheur, conférence faite à l’issue du XIe Congrès national de l’Union fédérale des ouvriers métallurgistes de France le 20 septembre 1903, Bourse du Travail, Paris, 1904 — La Question sociale (position de la question), publications périodiques de la colonie d’Aiglemont n° 2, mars 1906 — La Faillite du christianisme, conférence sténographiée, Lausanne, 1907 — Propos d’éducateur (modeste traité d’éducation physique, intellectuelle et morale), Imp. de La Ruche, Rambouillet, s.d. [1910] — La Ruche. Propos d’éducateur, La Ruche, Rambouillet, (1910) — La Ruche. Son but, son organisation, sa portée sociale, monographie complète, La Ruche, Rambouillet, 1914 — Douze Preuves de l’inexistence de Dieu, La Ruche, Rambouillet, 1914 — La Poussée réactionnaire, Ce qu’il faut dire, Paris, 1916 — La Question des loyers (le problème de la vie chère), Ce qu’il faut dire, Paris, [1919] — Électeur écoute, éd. La Librairie sociale, Paris, 1919 — Tous ensemble, Imp. La Fraternelle, Paris, s.d. [1920] — Propos subversifs (12 fascicules reproduisant 12 conférences données à Paris entre novembre 1920 et février 1921), éd. La Librairie sociale, 1921 — Mon communisme. (Le Bonheur universel), Paris, éd. de La Fraternelle, 1921 — Ce que nous voulons, éd. L’Idée libre, Conflans, s.d. [1923] — L’Imposture religieuse, éd. La Fraternelle, Paris, 1923 — L’Anarchie, l’anarchisme, les anarchistes, La Fraternelle, Paris, 1927 — Deux martyrs : Sacco et Vanzetti, éd. La Fraternelle, Paris, 1927 — La Synthèse anarchiste, éd. de l’Association des fédéralistes anarchistes, s.l., s.d. [1928] — Les Anarchistes (qui nous sommes, ce que nous voulons, notre révolution), Librairie internationale, s.d. [1928] — La Crise économique (le chômage, origines, conséquences et remèdes), conférence faite à Paris, éd. La Grande Réforme, Paris, 1932 — L’Orateur populaire, imp. E. Rivet, Limoges, 1932 — L’Église a menti [« Conférence donnée au théâtre Sébastopol, à Lille, avec la contradiction de M. l’abbé Flajollet »], éd. de l’Idée libre, Bibliothèque du libre penseur, n° 13, Herblay, s.d. [1932] — La Véritable Révolution sociale (avec Lucien Barbedette, Victor Méric et Voline), L’Encyclopédie anarchiste, Paris, s.d. [1933] — L’Encyclopédie anarchiste (sous la direction de), Paris, Œuvre internationale des éditions anarchistes, 1934 — La Naissance et la mort des dieux, conférence donnée à Lille avec la contradiction de MM. l’abbé Catry et le pasteur Nicq, éd. de l’Idée libre, Bibliothèque du libre penseur, n° 19, Herblay, 1934 — Nous voulons la paix (le désarmement unilatéral), L’Encyclopédie anarchiste, Paris, s.d. — La Liberté (son aspect historique et social), Pierre Lentente, Paris, s.d. — Le Criminel, L’Émancipateur, s.l., 1939.

SOURCES : Arch. Nat. F7/12504, 13053 (rapport « L’anarchisme en France », 1897), 12507, 13061, 13620 — Arch. Jean Maitron — Arch. PPo. BA/1660 (volumineux dossier avec correspondances) et Arch PPo. BA/30, 1513, 1514 et 1704 — État civil de Royan — Le congrès socialiste de Londres, 1896, Minkoff Reprint — Les Hommes du jour n°18 (1908) — La Guerre sociale du 16 février 1910 — Le Libertaire du 7 décembre 1928 — Alfred Rosmer, Le Mouvement ouvrier pendant la guerre, tome I, Librairie du travail, 1936 ; et tome II, Mouton, 1959 — La Fin douloureuse de Sébastien Faure (Lettres aux amis. 1939-1942), préface d’Aristide Lapeyre — Jeanne Humbert, Sébastien Faure, l’homme, l’apôtre, une époque, Paris, 1949, 264 p. — Francis Jourdain, Sans remords ni rancune, Corrêa, 1954 — Contre-Courant n° 87, mars 1958, réunion tenue salle des Sociétés savantes le 7 décembre 1957 à l’occasion du centenaire de la naissance de Sébastien Faure — Louis Lecoin, Le Cours d’une vie, auto-édition, 1965 ― Jean Maitron, Le Mouvement anarchiste en France, Gallimard, 1975 — René Bianco, Cent ans de presse..., op. cit. — Nicolas Faucier, Dans la mêlée sociale, La Digitale, 1983 — David Berry, « French Anarchists in Spain, 1936-1939 » in French History de décembre 1989 — Claire Auzias, Mémoires libertaires, Lyon 1919-1939, L’Harmattan, 1993 — Itinéraire n°13 « Voline », 1996 — Roland Lewin, Sébastien Faure et la Ruche, Ivan Davy éditeur, 1997 — David Berry, A History of the French Anarchist Movement, Greenwood Press, 2002 — Préface de Philippe Oriol à Sébastien Faure, Les Anarchistes et l’Affaire Dreyfus, CNT-RP, 2002 — Renaud Violet, « Régénération humaine et éducation libertaire. L’influence du néo-malthusianisme français sur les expériences pédagogiques libertaires avant 1914 », mémoire de maîtrise en histoire contemporaine, université Marc-Bloch, Strasbourg, 2002 — Philippe Oriol, Bernard Lazare, Sotck, 2003 — Maurice Dommanget, Histoire du Premier Mai, Le Mot et le reste, 2006 ― Vivien Bouhey, Les Anarchistes contre la république, PUR, 2008 — Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914), L’Insomniaque/Libertalia, 2014.

DISCOGRAPHIE : La Naissance et la mort des dieux (disque Régence, 45 tours) ; Sébastien Faure parle, Sébastien Faure chante (La Voix des nôtres, 45 tours)

fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément