CHATELLIER Joseph [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche, Rolf Dupuy, Daniel Vidal

Né le 16 avril 1901 à Aimargues (Gard), mort le 20 novembre 1985 à Aimargues ; anarchiste puis communiste.

Dès 1926, Joseph Chatellier, comme son frère Abel Chatellier*, était signalé comme appartenant au groupe anarchiste d’Aimargues (Gard) qui comptait alors une quarantaine de membres, tous ouvriers agricoles, et dont le secrétaire était Laurent Lasgoute. En 1927, il fut condamné à la suite d’une action anticléricale.

Militant de l’Union anarchiste et de l’union locale d’Aimargues de la CGT-SR, Joseph Chatellier, qui était marié et demeurait rue Jeanne-d’Arc, participa activement au printemps 1936 à une grève victorieuse des ouvriers agricoles de la région.

En 1937, le groupe anarchiste d’Aimargues se réunissait à la Maison du peuple. Le domicile de Joseph Chatellier servait alors de boîte aux lettres pour le groupe de Lunel (Hérault), également affilié à l’Union anarchiste.

Le 20 mars 1938, lors d’un rassemblement à Aimargues de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), cinq militants de la Solidarité internationale antifasciste (SIA) – dont les frères Rogatti, Marcellin Mary et Vaillant Deschamps* – agressèrent deux prêtres, provoquant une bagarre avec un blessé grave. Cela valut à Joseph Chatellier d’être condamné le 21 juin 1938, par le tribunal correctionnel de Nîmes, à deux mois de prison et à 59 francs d’amende pour « port d’armes prohinées et violences à personne ».

Appelé sous les drapeaux dans un régiment du génie, il fut réformé temporaire le 2 octobre 1939. Pendant la guerre, il fut arrêté avec les frères Deschamps (Élie, Joseph et Jean), Marcellin Mary, Vaillant Deschamps, Paul Perrier* et Georges Louche pour être internés dans un camp. Cette vague d’arrestations provoqua une pétition dans le village, à la suite de quoi le conseil municipal fut dissous et des fonctionnaires signataires mutés ailleurs.

Joseph Chatellier, comme son frère Abel, fut membre du Comité de libération qui siégea à la mairie d’Aimargues le 23 octobre 1944. Il fut élu maire d’Aimargues le 6 mai 1945 sur une liste communiste et occupa le poste jusqu’en mars 1963.

Lors de l’importante grève déclenchée à la mi-avril 1948 par les ouvriers viticoles d’Aimargues, il se forma un comité de grève composé de 5 syndiqués CNT et de 5 syndiqués CGT, dont Élisée Perrier* était un des principaux animateurs. Au bout de quelques semaines cependant, la discorde l’emporta et les anarchistes accusèrent le maire Joseph Chatellier de chercher à enterrer le mouvement sous couvert d’« arbitrage ». Le secrétaire général de la CNT, Pierre Jacquelin*, s’en prit alors à lui dans les colonnes du Libertaire du 21 mai 1948.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154419, notice CHATELLIER Joseph [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, Rolf Dupuy, Daniel Vidal, version mise en ligne le 1er mai 2014, dernière modification le 1er mai 2014.

Par Guillaume Davranche, Rolf Dupuy, Daniel Vidal

SOURCES : État-civil d’Aimargues — AD Gard 1M756 (rapport du 1er décembre 1926), 1W170, 1W173 — Terre libre, année 1936 — L’Éclair des 15 et 22 juin 1938 — Le Libertaire du 15 avril1937 et du 21 mai 1948 — M. Falguières, Jean Jourdan, libertaire d’Aimargues, Comedia, Nîmes, 2008.

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