BONAFOUS Jean [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche

Né le 14 juillet 1887 à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) , mort le 22 septembre 1912 à Paris ; sergent saboteur ; anarchiste.

Né de Virginie Bonafous, veuve Leygues, journalière, Jean Bonafous fut déclaré de père inconnu à l’état civil. Élevé par sa mère et son compagnon, cheminot à la Compagnie du Midi, il fut élève à l’école d’enfants de troupe de Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard) et, en 1905, contracta un engagement au 83e régiment d’infanterie à Toulouse.

Au commencement de sa 4e année de service, alors qu’il venait d’être promu sergent, Jean Bonafous voulut passer les concours d’admission à l’École militaire de Saint-Maixent. C’est en préparant le concours qu’il prit goût à la lecture et découvrit Kropotkine. Jean Bonafous devint alors révolutionnaire, et commença à fréquenter la bourse du travail et les réunions anarchistes. Il y connut notamment Henri Lux et les sœurs Jeanne et Marcelle Marquies. Les activités politiques de Jean Bonafous commencèrent alors à être connues au sein de l’armée.
Le 23 juillet 1911, il fut arrêté par la police. On l’accusa du sabotage du pont d’Empalot, survenu dans la nuit du 5 au 6 juillet. On l’accusa également d’écrire dans le journal anarchiste toulousain La Lutte sociale (voir Henri Cachet) sous le pseudonyme de Jean Marcel.

La justice ne réussit pas à établir la preuve de sa culpabilité et, le 23 mars 1912, il fut libéré. Il gagna alors la région parisienne, où il séjourna quelque temps à la Ruche, de Sébastien Faure. Il milita au sein du Comité de défense sociale (CDS). Il y combattit la loi Berry-Millerand et participa à la campagne en faveur d’Émile Rousset*.

Dans Le Libertaire du 11 mai 1912, Bonafous signa un article, « La mort d’un homme », dans lequel il rendait hommage à Jules Bonnot*, écrivant que s’il « avait mis cette volonté, cette énergie, cet héroïsme au service de la cause émancipatrice de la classe opprimée, oui, nous serions fiers et heureux de revendiquer cet homme comme un des nôtres. » Pour cet article il fut poursuivi.

Le 11 juillet 1912, il figurait, au titre du CDS, à la tribune d’un meeting de la FCA contre la loi Millerand à la Maison commune de Paris 3e avec Édouard Boudot*(FCA), André Mournaud* (Club anarchiste communiste) et Pierre Martin* (Le Libertaire).

En juin 1912, Bonafous fut membre du comité de L’Entr’aide, une caisse de solidarité avec les militants emprisonnés et leurs familles impulsée par la FCA (voir Édouard Lacourte). Le comité rassemblait une quarantaine de « personnalités » communistes libertaires et syndicalistes révolutionnaires.

En août 1912, il vivait avec Eugénie Faisan, dite Nénette, ex-compagne d’Eugène Martin*.

Le 22 septembre 1912, il mourut d’une péritonite à l’hôpital Lariboisière à Paris. Pierre Martin, dans Le Libertaire, écrivit : « Ses convictions d’anarchiste révolutionnaire n’étaient pas tissées d’une mauvaise trame. Ses croyances ne se seraient pas facilement effilochées aux ronces du chemin : il avait de l’étoffe. » Il eut également droit à une nécrologie par Sébastien Faure* dans La Bataille syndicaliste et par Jacques Guérin* dans Les Temps nouveaux.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154406, notice BONAFOUS Jean [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 24 avril 2014, dernière modification le 25 avril 2014.

Par Guillaume Davranche

SOURCES : Arch. Dép. Lot-et-Garonne. — Arch Ppo BA/882, 1513 et 1514 — Le Matin, 25 juillet 1911 — L’Humanité, 24 mars 1912 — Le Libertaire du 29 septembre 1912.

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