RAVELLI Michel ; Gaston [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche

Né le 30 janvier 1924 à Saint-Denis, mort le 4 août 2006 à Paris (XIVe arr.) ; enseignant puis documentaliste ; militant trotskiste puis communiste libertaire.

Michel Ravelli (vers 1980)
Michel Ravelli (vers 1980)
Coll. famille Ravelli/Archives d’AL

Né à en région parisienne en 1920, fils de Paul Ravelli, tonnelier, et de Jeanne Piard, couturière, Michel Ravelli fit des études de philosophie et obtint un doctorat dans cette discipline à la Sorbonne. Il travailla plusieurs années comme professeur de philosophie. C’est sous l’Occupation qu’il s’était engagé dans le combat révolutionnaire et internationaliste, en rejoignant les rangs du trotskisme.

Au sortir de la guerre, il fut un des responsables du Parti communiste internationaliste (PCI), plutôt proche de la sensibilité de Michel Raptis (dit Pablo) au sein de la IVe Internationale.

Lors de la scission de 1952, il resta fidèle à l’orientation « entriste » donnée par Pablo à la IVe Internationale. Il adhéra donc au PCF, et participa au périodique Tribune de discussion, édité par la fraction trotskyste clandestine. Particulièrement actif dans le soutien au FLN pendant la guerre d’Algérie, il faillit en 1961 se faire expulser de l’Éducation nationale parce qu’il faisait circuler le Manifeste des 121. Il devint alors documentaliste à l’école d’arts graphiques Estienne, à Paris XIIIe, où il resta jusqu’à sa retraite en 1984.

En 1969 il rejoignit l’Alliance marxiste révolutionnaire (AMR) une organisation dite « pabliste » qui remettait en cause certains fondamentaux du léninisme, et évoluait vers l’autogestion. Il devint responsable du périodique de l’AMR, Sous le drapeau du socialisme, puis la quitta en 1972 lorsqu’il acheva de rompre avec le trotskisme pour devenir communiste libertaire. Il rejoint alors l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) et y milita jusqu’en 1976.

Trente ans plus tard, Patrice Spadoni gardait le souvenir d’un « esprit extrêmement brillant, subtil, et plein d’humour. Un intellectuel sympathique, absolument pas poseur, ni donneur de leçon, aimant la confrontation des idées, et totalement dépourvu de sectarisme. Ses interventions, d’une véhémence sans agressivité, marquaient les esprits. Ses articles invitaient à la réflexion ».

L’ORA disparue, Michel Ravelli collabora à de nombreuses revues, notamment au bimestriel Noir et Rouge (Paris, 1er numéro en septembre-octobre 1986) mais aussi, plus largement, à des revues de la gauche syndicale comme Résister, qui jouèrent un rôle dans l’émergence de l’alternative syndicale au début des années 1990. Il fut également membre du Comité d’organisation des journées de réflexion anti-autoritaires (COJRA).

En mai 1989, Michel Ravelli fit partie des 100 premiers signataires de l’Appel pour une alternative libertaire, qui voulait unifier le mouvement communiste libertaire. Il suivit le processus de débat, mais n’adhéra pas à la nouvelle organisation et le COJRA disparut peu après. La revue Noir et Rouge disparut, elle, à son 33e numéro, en mars 1995.

Il s’était marié le 29 juillet 1950 à Paris (VIe arr.) avec Jeanne Marie Farines.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154366, notice RAVELLI Michel ; Gaston [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 19 mai 2014, dernière modification le 19 mai 2014.

Par Guillaume Davranche

Michel Ravelli (vers 1980)
Michel Ravelli (vers 1980)
Coll. famille Ravelli/Archives d’AL

SOURCES : Catherine Ravelli — Nécrologie dans Alternative libertaire de septembre 2006. — État civil.

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