BACHELIER Jean [BACHELIER Jean-Louis, dit]

Par Michaël Attali

Né le 6 juillet 1919 à Mézières-en-Brenne (Indre), mort le 3 mars 2004 à Vron (Somme) ; maître d’éducation physique et sportive ; militant syndicaliste, secrétaire général du SNEEPS-FEN.

Fils d’un journalier agricole devenu gestionnaire d’un vaste domaine dans le Berry, Jean Bachelier suivit une formation d’instituteur et devint moniteur d’éducation physique et sportive en 1941, faisant partie de la première promotion recrutée à la suite de la création de ce statut en 1941. Maître d’EPS en 1945 puis chargé d’enseignement au début des années 1960, il fut admis à la retraite en 1979. En août 1944, à Mézières-en-Brenne, il avait épousé une institutrice.

Athlète, spécialiste du 400 mètres, membre fondateur du Syndicat national des maîtres d’EPS en décembre 1944, Bachelier fit partie des cinq maîtres de l’Académie de Lyon qui créèrent la section départementale du Rhône. Dès 1945, la cohabitation avec le syndicat national des professeurs d’éducation physique fut difficile car il s’agissait d’imposer les maîtres dans le domaine scolaire au côté des professeurs. Soutenu par le SNI, le SNPEP s’opposa par exemple à l’affiliation du Syndicat des maîtres à la FEN jusqu’au début des années 1950. Il contribua à imposer les maîtres dans le domaine scolaire et fut de toutes les luttes en vue du reclassement puis de la revalorisation de ce statut dans la fonction enseignante. Les aspects salariaux constituèrent une priorité en raison de rémunérations largement inférieures à celles des professeurs et se situant au plus bas de la grille indiciaire. Il devint secrétaire régional de l’Académie de Lyon à partir de 1962 jusqu’en septembre 1970 et membre de la commission administrative nationale. A l’occasion de chacun des congrès nationaux, il estima indispensable la fusion des deux principaux syndicats d’enseignants d’EPS pour renforcer leur unité et accroître le poids de cette catégorie enseignante au sein de la FEN.

À partir de 1969, faisant suite à l’élection d’une majorité Unité et Action au SNEP, les conflits se multiplièrent et les deux organisations furent en opposition sur la quasi-totalité des questions de fond. Bachelier, comme l’ensemble des responsables du SNEEPS, accusa le SNEP de vouloir noyauter le syndicat des maîtres par l’intermédiaire de mots d’ordre communistes pendant que les dirigeants du SNEP accusaient ceux du SNEEPS de compromission. L’unité des enseignants d’EPS s’en trouva fragilisée et durant une période de grandes transformations pédagogiques de l’EPS, les positions du SNEP et du SNEEPS furent très souvent contradictoires. Néanmoins, le SNEP et le SNEEPS s’associèrent à l’occasion de campagnes nationales d’opinion en faveur de la défense de l’EPS. Résidant à Paris depuis 1970, il joua alors un rôle important dans ces débats en raison de sa fonction de secrétaire pédagogique du SNEEPS entre 1970 et 1972. A ce titre, il se montra par exemple favorable à l’implantation et au développement des centres d’animation sportive à partir de 1972 qui provoquèrent par ailleurs une opposition importante parmi les professeurs et une partie des maîtres. Soucieux de donner un sens social à l’EPS, il défendit par l’intermédiaire de cette nouvelle structure éducative l’idée de préparer les activités de loisirs à l’école. Favorable à la négociation avec les responsables politiques, il s’opposa toujours à toute stratégie d’opposition frontale. Durant une période où les grèves d’enseignants d’EPS se multiplièrent, il privilégia toujours le dialogue et rechercha systématiquement une solution satisfaisante pour l’ensemble des parties concernées. Il vota toutes les motions présentées par la tendance « Unité, Indépendance et Démocratie » à laquelle il appartenait lors des congrès de la FEN où il intervint sur les questions d’éducation physique (1973, 1976).

Bachelier fut secrétaire général du SNEEPS de mars 1972 à mars 1979. Durant son mandat, il mena les négociations qui amenèrent la disparition du statut des maîtres d’EPS remplacé par celui de professeurs adjoints d’EPS par décret du 21 janvier 1975. Il s’attacha alors à faire reconnaître la formation des PA à l’égal des instituteurs ce qui provoqua de vives tensions avec le SNI-PEGC qui y voyait une concurrence dangereuse. Malgré tout, il associa le SNEEPS au projet d’École fondamentale. Il impulsa une nouvelle orientation pédagogique au SNEEPS inspirée du courant des méthodes actives et centrée sur les besoins de l’enfant.

Bachelier, après sa retraite administrative en 1979, assura d’importantes missions, dans le domaine notamment de la communication, auprès du secrétaire général de la FEN, André Henry. Il fut notamment chargé de préparer et de diffuser chaque jour une cassette enregistrée de trois minutes sur les dernières informations syndicales. Puis il devint permanent de la Fédération générale des retraités jusqu’au début des années 1990. Séparé, il vécut à la fin de sa vie à Vron dans la Somme, avec sa compagne Régine Tellier, militante du Syndicat national de l’administration universitaire et secrétaire nationale de la FEN.

Son inhumation, après crémation, fut civile.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article15433, notice BACHELIER Jean [BACHELIER Jean-Louis, dit] par Michaël Attali, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 2 novembre 2018.

Par Michaël Attali

SOURCES : Bachelier Jean, « Histoire du SNEEPS de 1940 à 1979 », document dactylographié. — Presse syndicale. — Michaël Attali, Le syndicalisme des enseignants d’éducation physique, L’Harmattan, 2004. — Renseignements fournis par André Henry, Guy Putfin.

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