TROUILLIER Paul, Eugène [dit Gambetta] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche, Rolf Dupuy

Né le 10 août 1879 à Paris ; jardinier ; anarchiste et syndicaliste.

Paul Trouillier (1911)
Paul Trouillier (1911)
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Paul Trouillier avait organisé en 1903, à Toulon, le syndicat des hommes de peine qui se réunissait au Bar des armées internationales, 19, rue de l’Arsenal. Arrêté à Hyères, il fut condamné le 19 février 1904 par le tribunal correctionnel de Toulon à quinze mois de prison pour « menaces à main armée envers des militaires ».

Il gagna ensuite la région parisienne où il aurait alors travaillé comme jardinier à la Ruche de Sébastien Faure.

En avril-mai 1910, il fut candidat abstentionniste aux élections législatives dans le IIIe arrondissement de Paris, pour le compte du Comité révolutionnaire antiparlementaire (voir Jules Grandjouan). Il était alors domicilié 17 bis, rue Saint-Denis à Rosny-sous-Bois.

En octobre 1910, la police le soupçonna fortement d’être le principal auteur des petits attentats à la bombe qui émaillaient la grève des cheminots pour la « thune ». Cependant, incapable d’en établir la preuve, la police opéra une descente le 15 octobre au soir au Restaurant coopératif de la rue de Bretagne, où elle savait pouvoir trouver Paul Trouillier. Il y fut arrêté avec André Oslen et Raymond Clauvicourt. Tous trois furent condamnés à la prison pour port d’arme prohibé : six mois pour Trouillier, deux mois pour chacun des deux autres. La police constata que les attentats, dès lors, avaient cessé.

Libéré en avril 1911, Paul Trouillier, sans domicile fixe, milita au groupe de Paris 13e de la FRC. Il se lia avec Eugène Mouchebœuf et André Schneider (voir ces noms) et, dès le mois de mai, était membre du comité fédéral de la FRC. Il était également membre du syndicat CGT des jardiniers. Le même mois, la police acquit la conviction que Trouillier, Mouchebœuf et Schneider préparaient des attentats du même genre que ceux de 1894, contre divers bâtiments représentants l’autorité publique (commissariats, préfecture...) ainsi que le siège des syndicats jaunes, 57 rue du Temple.

Tous trois furent placés pendant plusieurs jours sous surveillance rapprochée. Puis l’affaire fuita dans la presse qui en fit ses choux gras, en émettant des hypothèses sur les participants au « complot ». Des noms furent publiés : Trouillier, Schneider, Mautouchet, Almereyda et Malato. Assez rapidement, L’Humanité et La Bataille syndicaliste moqua le « pseudo-complot » au sujet duquel la police était incapable de fournir des éléments, et alors que Malato menaçait de porter plainte pour diffamation. L’affaire se serait terminée en eau de boudin si la police n’avait arrêté et fouillé les trois suspects et découvert fortuitement des stylos volés, ce qui lui permit d’inculper Mouchebœuf et Schneider pour vol. Le 31 juillet 1911 il furent condamné en correctionnelle : Mouchebœuf à six mois de prison, Schneider à dix-huit mois et un certain Dubois à huit mois.

Présent au congrès régional de la FRC du 4 juin 1911, Paul Trouillier en expulsa un perturbateur individualiste avec Eugène Jacquemin.

Il était inscrit au carnet B.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154225, notice TROUILLIER Paul, Eugène [dit Gambetta] [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, Rolf Dupuy, version mise en ligne le 19 avril 2014, dernière modification le 16 mai 2014.

Par Guillaume Davranche, Rolf Dupuy

Paul Trouillier (1911)
Paul Trouillier (1911)
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SOURCES : Arch PPo BA/1513, 1514, 1654 et 1899 — Le Matin du 24 avril 1910 — Le Libertaire, année 1903.

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