TAUGOURDEAU Thérèse (née Marie-Thérèse CHAILLOU) [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche

Née Marie-Thérèse Chaillou le 8 février 1883 à Angers ; morte à Angicourt (Oise) le 10 décembre 1979 ; couturière ; anarchiste et féministe.

Fille d’un chauffeur mécanicien et d’une couturière angevins, Thérèse Taugourdeau publia en 1912 dans le Libertaire deux articles féministes, « Éducation féminine » (16 mars) et « Féminisons les hommes » (12 avril). Elle était alors vraisemblablement militante de la Fédération révolutionnaire communiste (FRC).

Elle fut ensuite la première secrétaire du Comité féminin contre la loi Berry-Millerand, les bagnes militaires et toutes les iniquités sociales, formé en septembre 1912 à l’initiative du syndicat parisien des couturières. Le comité tint ses premières réunions à la bourse du travail de Paris, pendant la permanence du syndicat des couturières. Il se réunit ensuite à la Maison des syndiqués du 17e arrondissement, au 67 rue Pouchet.

Le comité réunissait des militantes anarchistes (Ida Templier*, Henriette Tilly*, Jeanne Morand*, Émilie Jacquemin*, Berthe Vauloup*, Berthe Lemaître*, Thérèse Taugourdeau, Nelly Roussel*) et socialistes (Élisabeth Renaud, Marcelle Brunet, la « citoyenne Sorgue », Maria Vérone, Madeleine Pelletier, Marcelle Capy).

Le premier bureau du comité fut composé de Thérèse Taugourdeau, secrétaire ; Berthe Lemaître, secrétaire adjointe ; Clémence Jusselin, trésorière (bientôt remplacée par Émilie Jacquemin) ; Berthe Vauloup, trésorière adjointe.

Le Comité distribua plusieurs tracts à l’occasion du départ de la classe comme « Femmes, révoltons-nous ! », « Appel aux mères, aux sœurs et aux compagnes des concernés », « Appel aux femmes » ou « Jeunes conscrits, écoutez nos appels ! ».

C’est ce dernier tract que, le 8 octobre, Thérèse Taugourdeau et Berthe Lemaître distribuaient aux conscrits gare de l’Est quand elles furent arrêtées et placées en garde à vue toute la journée.

Le Comité féminin donna plusieurs meetings dont le principal le 25 octobre 1912 à la salle des Sociétés-savantes contre la loi Berry-Millerand, contre la menace de guerre et en faveur de l’engagement des femmes dans la lutte.
Thérèse Taugourdeau fut citée comme témoin à décharge au procès du Sou du soldat le 25 novembre 1912. Elle s’exprima au nom des « mères ».

Au nom du Comité féminin, Thérèse Taugourdeau prit la parole à la tribune de la FCA, le 1er mai 1913, au Pré-Saint-Gervais, puis le 5 mai 1913, salle des Sociétés savantes à Paris 6e, contre la venue du roi d’Espagne Alphonse XIII à Paris. À ce meeting, organisé par la FCA, prirent également la parole Eugène Jacquemin, Charles-Ange Laisant*, Pierre Martin et Yvonne André*. Présidé par Émile Rousset, le meeting attira 1.200 auditeurs.

Le 25 mai 1913, le Comité féminin prit part, en tant que tel, au grand rassemblement pacifiste du Pré-Saint-Gervais.

En mai 1913, Thérèse Taugourdeau fut remplacée au secrétariat du Comité par Jeanne Morand. Elle prit la parole dans un meeting de la FCA contre les trois ans, le 25 juin 1913, aux Sociétés-savantes.

Le 20 juin 1914, elle prit la parole à la Maison du peuple de Nanterre avec Maria Rygier, pour l’amnistie de Péan, Jacob Law* et Masetti.

Thérèse Taugourdeau était l’épouse de Lucien Taugourdeau. Passa-t-elle, comme lui, au Parti socialiste, en 1919 ?

Inscrite au carnet B, elle en fut rayée le 16 mai 1931. Le 12 décembre de cette année-là, à l’invitation de la section PS de Lisieux (Calvados) elle donna en tout cas une conférence intitulée « La femme dans la politique (hier, aujourd’hui et demain) ». Elle était, à ce moment-là, présidente de l’association des Amis de Louise Michel.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154222, notice TAUGOURDEAU Thérèse (née Marie-Thérèse CHAILLOU) [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 9 avril 2014, dernière modification le 2 décembre 2019.

Par Guillaume Davranche

Voir la vidéo qui lui a été consacré par Jeanne Menjolet.
http://www.youtube.com/watch?v=gNNiuQ4K0oA

SOURCES : Arch PPo BA/1513 et 882 et GA A10 — Arch. Nat. F7/13348 — AD du Maine-et-Loire — Le Libertaire du 16 mars, du 12 avril et du 8 octobre 1912 — L’Humanité du 25 octobre et du 26 novembre 1912 — Le Populaire du 16 décembre 1931 — Madeleine Guilbert, Les Femmes et l’organisation syndicale avant 1914, CNRS, 1966.

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