PÉRONNET Eugène [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche, Anthony Lorry

Né le 3 juillet 1880 à Luynes (Indre-et-Loire) ; peintre décorateur ; anarchiste.

Avant de venir à Paris en 1900, Eugène Péronnet demeurait à Tours (Indre-et-Loire), où son père était facteur des postes.

Le 15 mars 1900, il s’installa au 100, bd Rochechouart, à Paris 18e. En juillet 1904, il vint habiter au 12, rue d’Orsel, à Paris 18e, à deux pas des locaux du Libertaire.

En 1905, il fréquentait les Causeries populaires et fut un contributeur régulier de L’Anarchie d’Albert Libertad durant la première année de sa publication. Il lisait également Le Libertaire et était en relation avec Pedro Vallina*, anarchiste espagnol impliqué dans l’attentat contre le roi d’Espagne (voir Malato).

Le 14 juillet 1907, Péronnet fut arrêté avenue du Bois-de-Boulogne lors d’une manifestation organisée par La Guerre sociale en soutien aux mutins du 17e régiment d’infanterie. Il bénéficia d’un non-lieu.

Le 15 février 1909, Eugène Péronnet fut élu secrétaire du Comité de défense sociale, dont il avait été un des principaux fondateurs, en remplacement de Louis Grandidier. La même année il appartint à la Fédération révolutionnaire aux côtés de Georges Durupt et de René de Marmande.

À l’aube du 11 juin 1909, son domicile fut perquisitionné dans le cadre de l’enquête sur la vague de sabotage contre les lignes télégraphiques et téléphoniques. Il habitait alors 12, rue d’Orsel, à Paris 18e, à deux pas du Libertaire.

Le 30 juillet, il présida au Tivoli-Vauxhall un meeting organisé par la Fédération révolutionnaire et le CDS contre la venue du tsar Nicolas II à Paris. 2 000 personnes vinrent écouter Sébastien Faure, de Marmande, François Marie, Jean-Louis Thuillier et Yvetot* y prirent la parole. À la sortie du meeting, 300 personnes allèrent manifester devant le quotidien Le Matin, qui avait publié un article outrageusement « tsarophile ».

Il fut arrêté le 7 octobre 1909, au cours d’une manifestation en automobiles, organisée par le Comité de défense des victimes de la répression espagnole dont il était membre.

En novembre 1909, il fut poursuivi pour l’édition d’affiches du CDS en faveur de Branquet, condamné pour avoir, le 1er mai 1908, tiré sur la police. Il fut relaxé. Il donna à l’époque un article aux Révoltés, de Georges Durupt.

Le 24 mars 1910, il fut parmi les 16 signataires de l’affiche « À bas Biribi » imprimée par le CDS pour réclamer justice dans l’affaire Aernoult-Rousset (voir Albert Dureau). Les 16 comparurent aux assises le 4 juillet et furent acquittés.

Au printemps 1910, il fut membre du Comité révolutionnaire antiparlementaire (voir Grandjouan).

En octobre 1910 il fut nommé gérant du Libertaire en remplacement d’Émile Dulac*. Il habitait au 33, rue Saint-Vincent, à Paris 18e. Il rendit le mandat de gérant le 17 janvier 1911.

Le 9 décembre 1910, il fut traduit en Cour d’assises pour un article sur Biribi, « L’Enfer », paru dans Le Libertaire du 5 juin. Il comparut avec la gérante de l’hebdomadaire, Hélène Lecadieu*. Au terme du procès, au cours duquel témoignèrent Pressensé, Renaudel, Rouanet, Allemane, Willm et Henri Rochefort, tous deux furent acquittés.

En 1911-1912, Péronnet s’occupa activement de l’affaire Aernoult-Rousset (voir Émile Rousset) au titre du CDS. En septembre 1911, grâce au concours financier de La Guerre sociale et de La Bataille syndicaliste, il fit un séjour à Oran pour enquêter sur le meurtre de Brancoli. En février, il fut membre de la commission de préparation des obsèques d’Aernoult où siégeaient également des représentants du PS et de la CGT. En septembre enfin, il se rendit à Marseille avec Arthur Bodechon* pour accueillir Rousset, de retour d’Algérie.

En janvier 1912, il avait été inscrit au carnet B.

De mars à mai 1912, il appartint au Comité antiparlementaire révolutionnaire — impulsé par la FRC — qui mena une campagne abstentionniste à l’occasion des élections municipales de mai. Ce comité, dont Henry Combes était le secrétaire et Lucien Belin le trésorier, rassemblait 25 personnalités anarchistes et/ou syndicalistes révolutionnaires (voir Henry Combes).

En avril 1913, il s’installa 31, rue de Paris, à Soisy-sous-Montmorency (Seine-et-Oise), puis dans un pavillon dans un pavillon au 32, avenue Sainte-Barbe, avec sa compagne Renée Bornil. Il collaborait alors Réveil anarchiste ouvrier et soutenait L’Entraide, une caisse d’assistance aux détenus politiques et à leurs familles lancée par la FCA.

En 1914, il fut mobilisé dans les services auxiliaires à la maison Letort (aéroplanes) à Villacoublaye.

En 1919, il était toujours membre du CDS et assistait à ses réunions. Il avait alors trouvé à s’embaucher à la coopérative ouvrière Le Travail, 50, rue Joseph-de-Maistre, à Paris 18e.

En 1921, il avait renoncé à militer et déclarait à un de ses amis : « Je ne brûle pas ce que j’ai adoré, mais maintenant je ne m’occupe plus de rien. » Il habitait alors 31, rue de Paris, à Soisy-sous-Montmorency.

Il fut rayé du Carnet B en mars 1922.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154206, notice PÉRONNET Eugène [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, Anthony Lorry, version mise en ligne le 17 mars 2014, dernière modification le 28 mars 2014.

Par Guillaume Davranche, Anthony Lorry

SOURCES : Arch. PPo. GA/P1, BA/1513 et 882 — L’Humanité des 19 février et 31 juillet 1909, 6 juillet 1910, 10 décembre 1910 et 6 février 1912 — L’Intransigeant du 11 juin 1909 — L’Anarchie du 5 août 1909 — Le Libertaire du 28 septembre 1911.

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