MOURNAUD André [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche

Né le 11 décembre 1882 à Paris ; ouvrier imprimeur ; anarchiste individualiste, puis communiste.

En mai 1907, André Mournaud fréquentait L’Anarchie, et participa à la campagne abstentionniste impulsée par l’hebdomadaire individualiste.

En novembre 1907, André Mournaud et sa compagne Alexandrine Dejean furent arrêtés pour complicité de faux-monnayage avec Marius Servient. À l’audience, le 12 mars 1908, devant les assises de la Manche, Mournaud et sa compagne furent acquittés, tandis que Servient était condamné à sept ans de prison. Mournaud habitait alors route d’Ormesson à Paris.

Trois ans plus tard, on le retrouvait militant anarchiste communiste. Il fut, en novembre 1910, un des fondateurs de la Fédération révolutionnaire communiste (FRC).

En octobre 1910, il cosigna l’appel de soutien aux cinq individualistes passés en procès dans l’affaire de la fusillade de la rue du Chevalier-de-la-Barre, qui avait mis aux prises deux fractions rivales de l’individualisme (voir Maurice Duflou). L’appel dénonçait en Paraf-Javal un charlatan et un mouchard. Publié dans Le Libertaire du 9 octobre 1910, il était signé de Georges Durupt, Mournaud, Eugène Martin*, Pierre Martin, Albert Goldschild*, Armand Matha, Émile Dulac*, Léon Israël*, René Dolié*, Henri Cachet*, Paul Trouillier, Victor Godonèche*, Henry Combes, Pierre Ruff, Anna Mahé*, Fournier* et Fautré*.

En octobre 1911, André Mournaud fut un des fondateurs du Club anarchiste communiste et cosigna son manifeste (voir Albert Goldschild). Il en fut le secrétaire jusqu’en 1913.

Il prit la parole dans de nombreux meetings organisés par la FRC-FCA en 1912-1913. Il habitait alors au 9, rue Pache, à Paris 11e.

Mournaud fut également membre du comité de l’Entr’aide, une caisse de solidarité avec les militants emprisonnés et leurs familles, impulsée par la FCA en juin 1912. Le comité de l’Entr’aide, dont Édouard Lacourte était le trésorier, rassemblait une quarantaine de « personnalités » communistes libertaires et syndicalistes révolutionnaires.

Le 15 décembre 1912, André Mournaud fut arrêté à Amiens pour un discours prônant le sabotage de la mobilisation. Il était venu à l’invitation du groupe anarchiste local, dans le cadre de la grève générale de 24 heures contre la guerre. Le Tribunal correctionnel d’Amiens le condamna par défaut le 22 janvier 1913 à trois ans de prison et à 100 francs d’amende. Sur opposition, la peine fut confirmée le 29 janvier par le même tribunal.

À l’époque du congrès national d’août 1913, André Mournaud était toujours emprisonné avec Édouard Boudot et ne put participer aux débats, mais tous deux adressèrent une lettre, lue aux délégués, dans laquelle ils protestaient vivement contre la présence d’individualistes au congrès.

Aux législatives d’avril 1914, dans le cadre d’une campagne d’alerte sur la situation des détenus politiques, il fut un « candidat de la liberté » (voir Édouard Sené) à Paris 11e.

Durant la guerre, il fut réformé le 31 décembre 1915 pour une coxalgie à la jambe droite.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154202, notice MOURNAUD André [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 19 avril 2014, dernière modification le 6 janvier 2015.

Par Guillaume Davranche

SOURCES : Arch. Nat. F7/13053 — Arch PPo BA/1513 — L’Humanité du 6 novembre 1907 — Le Journal de Ducey du 22 mars 1908 — Le Gaulois du 16 décembre 1912 — L’Humanité du 30 janvier 1913 — Bulletin de la FRC-FCA (1911-1912) — Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914), L’Insomniaque/Libertalia, 2014.

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