MAREUIL Eugène [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche

Né à Rompsay (Charente-Inférieure) le 21 février 1850 ; cordonnier ; anarchiste.

Ce « petit bonhomme très barbu mais très chauve » selon le journaliste du Figaro Charles Chincholle, participa, le 9 mars 1883, à la manifestation des sans-travail, convoquée par la chambre syndicale des menuisiers sur l’esplanade des Invalides (voir Joseph Tortelier). À l’occasion de cette manifestation, Louise Michel*, munie d’un drapeau noir et secondée d’Émile Pouget*, prit la tête de la foule. Quelques boulangeries furent pillées. Suite à cela, Émile Pouget, Louise Michel et Mareuil furent emprisonnés.

Mareuil comparut devant les assises de la Seine les 21, 22 et 23 juin 1883, et fut présenté par l’accusation comme un des « lieutenants » de Louise Michel durant la manifestation des Invalides. Lors de ce procès comparurent deux groupes d’accusés : un groupe accusé d’avoir conduit le pillage des boulangeries (Louise Michel, Pouget et Mareuil) et un groupe inculpé pour avoir reçu des colis de la brochure antimilitariste À l’armée, expédiée par Émile Pouget : Léon Thiéry*, de Reims (absent au procès) ; Jacques Moreau* (dit Gareau), Paul Martinet* et Henri Enfroy*, de Troyes ; Claude Gorget* (absent) et Marie-Anne Bouillet, de Roanne. À l’audience, il apparut qu’Anne-Marie Bouillet n’était que la logeuse du véritable destinataire du colis et elle fut mise hors de cause.

Au terme du procès, Louise Michel fut condamnée à six ans de réclusion et dix ans de surveillance ; Pouget, à huit ans de réclusion et dix ans de surveillance ; Jacques Moreau, à un an de prison ; Thiéry et Gorget, par contumace, à deux ans de prison et 300 francs d’amende ; tous les autres, dont Mareuil, furent acquittés.

En 1884-1885, Eugène Mareuil collabora à Terre et Liberté, « organe anarchiste-communiste » (voir Antoine Rieffel).

En avril et mai 1885, il fut imprimeur-gérant du Tire-Pied, « organe international, théorique et pratique de la cordonnerie ouvrière ». Le journal, mi-corporatif, mi-anarchiste, n’eut que 3 numéros. Il était domicilié chez Mareuil, au 18-19, passage de l’Opéra, à Paris 9e, une galerie commerçante aujourd’hui disparue.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154190, notice MAREUIL Eugène [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 25 mars 2014, dernière modification le 25 mars 2014.

Par Guillaume Davranche

SOURCES : Charles Chincholle, Les Survivants de la Commune, L. Boulanger éditeur, 1885 – Le Petit Parisien, 22, 23 et 24 juin 1883 — Le Révolté du 23 juin 1883 — L’Intransigeant du 25 juin 1883 — notes de Marianne Enckell.

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