ISRAËL Léon [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche, notice complétée par Rolf Dupuy

Né le 15 novembre 1882 à Paris IIIe, « tué à l’ennemi » le 7 avril 1916 à Gernicourt (Aisne) ; chanteur ; individualiste, puis hervéiste ; membre de la Muse rouge, secrétaire de la maison d’édition La Chanson du peuple.

Fils de Mayer Israël, peintre en bâtiment, et de Julienne Vetzel, Léon Israël était sans lien de parenté avec l’anarchiste Lucien Israël*.

Anarchiste, membre du groupe La Muse rouge, Léon Israël était en 1904 le responsable du Théâtre libertaire qui réunissait une troupe de comédiens et un orchestre. L’année suivante il animait le groupe Théâtre en camaraderie, qui apportait son concours aux fêtes organisées dans les milieux militants. Il demeurait alors au 13, cité Riverin, à Paris 11e. Il semble surtout avoir été interprète et n’aurait signé qu’une unique chanson : La Guillotine.

Après avoir collaboré au Libertaire et à L’Anarchie, Léon Israël réserva sa plume à La Guerre sociale.

À l’occasion des élections législatives de 1910, il prit à la campagne antiparlementaire (voir Jules Grandjouan) dans le cadre du comité de Paris 19e-20e.

À partir de 1911, il fut membre des Jeunes Gardes, l’organisation de choc liée à LaGuerre sociale dirigée par Miguel Almereyda. C’est également sous les auspices de ce journal qu’en juin 1912 il fonda la Chanson du peuple, une maison d’édition qui compta plus de 1 000 titres à son catalogue.

De mars à mai 1912, Léon Israël appartint au Comité antiparlementaire révolutionnaire — impulsé par la FRC — qui mena une campagne abstentionniste à l’occasion des élections municipales de mai. Ce comité, dont Henry Combes était le secrétaire et Lucien Belin* le trésorier, rassemblait 25 personnalités anarchistes et/ou syndicalistes révolutionnaires (voir Henry Combes). Le 29 mars, Israël prit la parole devant 300 personnes à un meeting du comité organisé salle de l’Égalitaire, rue de Sambre-et-Meuse. Intervinrent à ses côtés Arthur Bodechon* (du syndicat des employés), André Mournaud, Francis Delaisi, Eugène Martin*, Henry Combes et Albert Togny, ainsi que Tissier*, de La Guerre sociale.

Le 27 juillet 1914, Léon Israël prit part à l’ultime manifestation contre la guerre. Victor Méric raconte qu’il en « revint la figure en sang, atrocement mutilé et complètement aphone pour avoir trop hurlé “À bas la guerre” ».

Il répondit néanmoins à l’appel quelques jours plus tard, et fut caporal dans le 282e régiment d’infanterie. À sa mort, Miguel Almereyda lui consacra une nécrologie dans Le Bonnet rouge.

Le nom de Léon Israël figure depuis 1927 au Panthéon, sur la liste des 497 écrivains « morts au champ d’honneur ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154169, notice ISRAËL Léon [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, notice complétée par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 6 avril 2014, dernière modification le 23 mai 2014.

Par Guillaume Davranche, notice complétée par Rolf Dupuy

SOURCES : Arch PPo BA/1123 et 1513. — État civil de Paris. — Les Temps nouveaux, année 1904 — Le Libertaire, année 1905. — Gaetano Manfredonia, La Chanson anarchiste en France des origines à 1914, L’Harmattan, 1997. — Le Bonnet rouge, 13 avril 1916. — Victor Méric, Coulisses et Tréteaux, Libraire Valois, 1931. — Robert Brécy, Autour de la Muse rouge, Rowman & Littlefield, 1998. — Michael B. Loughlin, « Gustave Herve’s Transition from Socialism to National Socialism : Continuity and Ambivalence », Journal of Contemporary History, Vol. 38, n° 4 (2003).

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