Né à Sala (Suède) le 24 mai 1869, mort à Barcelone (Espagne) le 1er octobre 1917 ; artiste peintre ; inculpé du « procès des Trente ».

Ivan Aguéli (1894)
Album Bertillon, 1894.
Fils d’un vétérinaire, le jeune Gustav Aguéli choisit, en 1889, de se faire appeler Ivan et s’installa à Paris où il fut l’élève du peintre symboliste Émile Bernard. En 1890, lors d’un séjour à Londres, il aurait rencontré Pierre Kropotkine.
Au début des années 1890, il fut un lecteur de La Révolte de Jean Grave, fréquenta à Paris la rédaction de L’En-Dehors, et fut proche de Charles Chatel*. Cela suffit à le faire inculper pendant la période de répression anti-anarchiste.
Du 6 au 12 août 1894, celui que la presse appelait « Gustave Agneli » comparut devant les assises de la Seine dans le cadre du « procès des trente » (voir Élisée Bastard). Le reporter du Journal des débats lui trouva une « physionomie fine, ironique d’un esthète, qui pourrait être aussi un fumiste ». Il eut Me Bouguereau pour défenseur et fut acquitté.
En 1895, il voyagea en Égypte. À son retour à Paris, influencé par Swedenborg puis René Guénon, il se convertit à l’islam soufi et se renomma Abd al-Hadi.
Il participa au printemps 1900, au côté de Marie Huot*, à une campagne contre la tauromachie. Il tira même un coup de revolver sur un toréador en région parisienne, et fut envoyé en prison préventive à Pontoise.
Ivan Aguéli fut un peintre reconnu. Son œuvre, proche de l’impressionnisme, exerça une certaine influence en Suède. Un musée Aguéli existe à Sala.

SOURCES : Le Journal des débats politiques et littéraires du 15 juillet 1894 puis du 7 au 13 août 1894 ― Denis Andro, « Lutte contre la tauromachie : l’attentat de Deuil du 4 juin 1900 », Gavroche n°159, 2009 — Dieter Scholz, Pinsel und Dolch, Berlin, Reimer 1999.

Portrait d’Ivan Aguéli par Fritz Lindström
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Guillaume Davranche, Marianne Enckell

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