ESTAGER Jacques, François

Par Jacques Girault, Odette Hardy-Hémery

Né le 27 août 1921 à Jussey (Haute-Saône), mort le 9 décembre 1987 à Lille (Nord) ; professeur puis journaliste ; militant communiste dans le Nord ; directeur du journal Liberté.

Jacques Estager lors de la présentation du livre coécrit avec Henri Krasucki
Jacques Estager lors de la présentation du livre coécrit avec Henri Krasucki
[Photo transmise par son fils, Yves Estager]

Jacques Estager naquit dans une famille de trois enfants. Son père était cordonnier, d’opinion de gauche (Jacques Estager dans ses deux « bios » en 1947 et 1953 signale l’appartenance de son père au PCF) et sa mère, catholique, « sans profession ». Après avoir obtenu le baccalauréat « Philosophie » au lycée d’Arras, il suivit les classes d’hypokhâgne et de Khâgne au lycée Faidherbe de Lille, et acquit à la Faculté des Lettres de Lille des certificats de littérature française et d’études latines. Il travailla comme instituteur suppléant en octobre 1939 à Camon (Somme) puis devint, en novembre 1939, répétiteur au lycée de garçons de Douai (Nord). Il y demeura comme professeur adjoint jusqu’en 1943.

Adhérent du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes en 1936, membre des étudiants socialistes SFIO en 1937, Jacques Estager, après la dissolution de son mouvement, rejoignit la Fédération des étudiants révolutionnaires, s’opposa aux accords de Munich, et commença à sympathiser avec les idées communistes en mars 1939.

En contact avec des cheminots et des enseignants communistes du Nord, Jacques Estager rejoignit à la fin de 1941, le groupe dirigé par Suzanne Lanoy* de La Pensée française qui devint en 1942 l’organe du Front national de l’enseignement. Avec Roger Pannequin*, André Pierrard* et Ali Landréa*, il participa à la rédaction et à la diffusion de La Pensée française dans le Nord et le Pas-de-Calais à partir de novembre 1943. Depuis le début de cette année, Jacques Estager adhérait à la cellule des étudiants communistes de la faculté et rejoignit la section du Front national de Douai, dirigé par Suzanne Lanoy*, à la fin de 1943. Après l’arrestation de cette dernière en mars 1944, entré dans l’illégalité, il en devint le responsable au début de 1944 et le représentait au Comité de libération de l’arrondissement de Douai qui se constitua peu après.

Jacques Estager devint, en septembre 1944, le rédacteur en chef du Nord Libre journal du Front national. Ce titre disparu, il intégra la rédaction de Liberté, quotidien de la fédération communiste du Nord, dont il devint le rédacteur en chef en 1955. Il milita également au syndicat CGT des journalistes. Il entra au comité fédéral tout en étant membre du comité de la section communiste de Lille. Jacques Etager fut membre du bureau fédéral en 1959, responsable des intellectuels et de l’Université nouvelle à partir de 1963. Il demeura au bureau fédéral jusqu’en 1985. Resté membre du comité fédéral, il s’en retira en 1987.

En juin 1947, le PCF proposa à Jacques Estager de venir à l’Humanité pour collaborer à la chronique « informations » tout en restant à Liberté comme rédacteur en chef adjoint. Il y resta quelques mois et repartit dans le Nord. Il devint directeur de Liberté en 1965. En 1980, à la demande de la direction de l’Humanité, Jacques Estager partit pour Varsovie pour suivre la crise polonaise. Il retournera dans ce pays plusieurs fois de manière épisodique jusqu’en 1985 toujours à la demande de l’Humanité.

Jacques Estager épousa en août 1941 à Douai, Hélène Hoffmann, une fille de mineur polonais. Le couple eut sept enfants.

Jacques Estager fut candidat aux élections législatives en 1973 dans la première circonscription de Lille (centre et ouest). Sur 47 187 inscrits, il arrivait en troisième position avec 5 711 voix et se désistait pour le candidat socialiste qui ne fut pas élu.

Jacques Estager écrivit plusieurs témoignages et ouvrages sur la Résistance et la Seconde Guerre mondiale. Il s’entretint, pour des ouvrages parus aux Éditions sociales avec Gustave Ansart (De l’usine à l’Assemblée nationale, 1977, 246 p.) et avec Henri Krasucki, Un syndicat nouveau, oui (1987, 237 p.).

Son nom fut donné à la bibliothèque municipale de Seclin (Nord).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article15408, notice ESTAGER Jacques, François par Jacques Girault, Odette Hardy-Hémery, version mise en ligne le 16 octobre 2008, dernière modification le 3 juillet 2009.

Par Jacques Girault, Odette Hardy-Hémery

Jacques Estager lors de la présentation du livre coécrit avec Henri Krasucki
Jacques Estager lors de la présentation du livre coécrit avec Henri Krasucki
[Photo transmise par son fils, Yves Estager]

ŒUVRE : Découverte de la Pologne, 1947, 80 p. — De l’usine à l’Assemblée nationale (avec Gustave Ansart), 1977, 246 p. — Sur le Parti, 1939-1940 (avec Francis Crémieux), Temps actuels, 1983, 395 p. — Pologne, une révolution dans le socialisme ? (avec Jacques Dimet), Éditions sociales, Notre Temps, 1981, 275 p. (réédité en 1982 sous le titre Pologne, 290 p.). — Ami, entends-tu, Messidor, 1986, 285 p. — Un syndicat nouveau, oui (avec Henri Krasucki), 1987, 237 p. L’Internationale 1888-1988 (avec Georges Bossi), Messidor, 1988, 140 p. — Ses 156 éditoriaux de Liberté du 6 octobre 1945 au 14 mars 1985 furent édités sous le titre De Liberté à Liberté en toute liberté, Roubaix, Geai bleu, 2006, 254 p.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse locale et nationale. — Notes de son fils, Yves Estager. — État civil de Jussey.

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