Né à Paris le 11 novembre 1863, mort à Paris le 15 août 1935 ; artiste peintre néo-impressionniste ; anarchiste puis sympathisant communiste.

Fils unique de commerçants très aisés, Paul Signac s’intéressa, dès son enfance, au dessin et à la peinture. Son père mourut en 1880 et Paul s’installa à Paris avec sa mère. Délivré de tout souci matériel, il devint un artiste peintre de grande renommée. Ami et continuateur de Seurat, il fut un des chefs de file du néo-impressionnisme et du pointillisme.
Dès 1888 il fut attiré par les idées anarchistes et devint un ami dévoué de Jean Grave.
En 1894, il peignit une toile monumentale (3 x 4 mètres), Au temps d’anarchie, que dans le contexte de la répression anti-anarchiste, il fut contraint de rebaptiser Au temps d’harmonie.
Il collabora aux Temps nouveaux à partir de 1896 et fit don de quelques-unes de ses œuvres aux tombolas organisées pour aider financièrement le journal. En 1902 il donna des dessins pour Guerre-Militarisme, préfacé par Grave et illustré également par Maximilien Luce et Steinlen. Il collabora aussi à L’Almanach du Père Peinard (1894-1899) d’Émile Pouget.
De 1909 à 1934, il présida la Société des artistes indépendants.
En 1914, Signac demeura fidèle à ses conceptions internationalistes et fut très affecté par le ralliement de beaucoup, dont Grave, à l’Union sacrée. Lui-même compta parmi les défenseurs et amis de Romain Rolland. Ainsi participa-t-il le 27 novembre 1915 à l’hommage à l’auteur d’Au-dessus de la mêlée préparé par Jacques Mesnil et Gaston Thiesson pour Les Hommes du jour.
Au printemps 1916, il cosigna le manifeste pacifiste « La paix par les peuples » (voir Charles Benoît) qui s’opposait au Manifeste des Seize (voir Jean Grave).
Après la guerre, il adhéra au mouvement Clarté lancé par Henri Barbusse le 10 mai 1919, et sympathisa avec le PCF. Dans les années 1930, Paul Signac participa à des manifestations du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes et de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR) sans y adhérer.
Pour une biographie plus détaillée de Paul Signac, consulter le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français.

SOURCES : Arch. PPo 55. — Thieme und Becker, Dictionnaire général des artistes, de l’antiquité à nos jours, Leipzig. — L. Couturier, « P. Signac », Les Cahiers d’aujourd’hui, 1922, Paris — Félix Fénéon, étude dans Les Hommes d’aujourd’hui, 1890 — Besson, P. Signac, Paris, 1935 — J. Sutter, Les Néo-Impressionnistes, 1970 — Correspondance, fonds Jean Grave (IFHS) — R.L. Herbert, « Les artistes et l’anarchisme », Le Mouvement social, juillet-septembre 1961 — A. Dardel, Étude des dessins dans les journaux anarchistes, 1895-1914, mémoire de maîtrise, Sorbonne, 1970 — Romain Rolland, Journal des années de guerre 1914-1919, Albin Michel, 1952 — Ronald Creagh, « Au temps d’anarchie : Le peintre impressionniste Paul Signac », Raforum.info, 2006.

Nicole Racine, adapté par Guillaume Davranche

Version imprimable de cet article Version imprimable