LOCHU René [Dictionnaire des anarchistes]

Par René Bianco, notice complétée par Rolf Dupuy

Né le 26 août 1899 à Vannes (Morbihan), mort le 6 juillet 1989 ; ouvrier tailleur d’habits ; militant anarchiste et syndicaliste breton.

Né dans une caserne — celle du 35e régiment d’artillerie — où son père exerçait comme maréchal-ferrant et où sa mère était cantinière, René Lochu entra, après son Certificat d’études, en apprentissage dans une maison de confection pour hommes et devint ouvrier tailleur. Ce fut au service militaire, qu’il effectua dans la Marine à partir de 1918, que Lochu prit conscience que la discipline militaire lui était insupportable. Il participa, en avril 1919, à l’évacuation d’Odessa par les troupes françaises.

Après son retour à la vie civile, il travailla comme ouvrier tailleur successivement à Vannes, en 1921, puis à Rennes et, à partir de 1923, à Brest où il entra, en 1927, à l’Arsenal comme tailleur de la marine et allait habiter le quartier de Recouvrance.
En 1924, il adhéra au syndicat CGT de l’Habillement et fut à plusieurs reprises délégué de ce syndicat au Comité de Bourse et à l’Union locale. L’année suivante, il adhéra au groupe anarchiste de Brest dont les principaux militants animaient alors la Maison du Peuple de la ville. Il était aussi trésorier de la section de Brest du Comité de Défense Sociale animée par le militant libertaire Jules Le Gall* et, à ce titre, prit une part très active à la campagne en faveur de Sacco et Vanzetti. A cette époque, il fut également membre de la rédaction du Flambeau, organe du groupe libertaire brestois, qui publia quatre vingt numéros de juin 1927 à juin 1934 et dont les principaux animateurs étaient René Martin* et Jean Treguer*.

Pacifiste convaincu Lochu, qui demeurait 12 rue Borda et figurait au Carnet B, fut également le secrétaire en 1936 de la section brestoise de la Ligue unternationale des combattants de la paix (LICP) En 1937, Lochu fut, avec René Martin et Auguste Le Lann*, délégué de Paris de l’Union Anarchiste et il milita activement à la SIA (Solidarité Internationale Antifasciste) notamment en faveur des révolutionnaires espagnols.

Lors de la déclaration de guerre, Lochu diffusa à Brest le tract Paix immédiate qui valut la prison à Louis Lecoin*. Il quitta ensuite cette dernière ville plusieurs fois bombardée pour s’installer à Lorient en juillet 1941. Mais les bombardements de janvier 1943 l’obligèrent à trouver un nouveau refuge et il retourna alors à Vannes où il reprit, à partir de 1944, ses activités de militant syndicaliste, anarchiste et libre penseur. Il ne devait plus alors quitter sa ville natale où sa compagne, Nanette, mourut le 5 avril 1989 et où il décéda peu après le 6 juillet 1989.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154035, notice LOCHU René [Dictionnaire des anarchistes] par René Bianco, notice complétée par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 14 avril 2014, dernière modification le 14 avril 2014.

Par René Bianco, notice complétée par Rolf Dupuy

ŒUVRE : Libertaires, mes compagnons de Brest et d’ailleurs, Éd. La Digitale, Quimperlé, 1983, 210 p. Préface de Léo Ferré et postface de Maurice Laisant.

SOURCES : Notice autobiographique de l’intéressé. — Le Monde, 16 décembre 1983. — Bulletin du CIRA, Marseille, « Témoignages, 1939-1945 », n°23-25, 1er semestre 1985 — Le Libertaire, Le Havre, n°99, septembre 1989 (nécrologie de M. Laisant) — AD Finistère 4M335 — Notes de F. Fontanelli.