WINTSCH Jean [Dictionnaire des anarchistes]

Par Gianpiero Bottinelli, Marianne Enckell

Né à Odessa le 19 janvier 1880, mort à Lausanne (Suisse) le 27 avril 1943 ; médecin ; collaborateur du Réveil anarchiste et de la Voix du Peuple, néomalthusien, fondateur de l’école Ferrer de Lausanne ; marié à Natalie Maléef, deux enfants.

Depuis l’été 1901, Wintsch, encore étudiant, était un des collaborateurs les plus assidus du Réveil de Genève, avec Bertoni* et Herzig* ; il écrivait aussi beaucoup dans la Voix du Peuple, l’organe syndicaliste révolutionnaire de Suisse romande, depuis 1907, et dans d’autres périodiques anarchistes. Il rédigea pour le congrès anarchiste d’Amsterdam de 1907 un rapport sur la Fédération communiste anarchiste de la Suisse romande qui fut présenté par Amédée Dunois*. En 1908, il fonda le groupe malthusien de Lausanne.

Il fut orateur dans de nombreuses assemblées, interprète dans des réunions comme le Congrès antimilitariste de Bienne en novembre 1909. Mais il est surtout connu pour la création de l’Ecole Ferrer de Lausanne, qui vécut de 1910 à 1919 malgré des difficultés en tous genres. Son Bulletin eut trente numéros de 1910 à 1921.

En 1914, Wintsch bien qu’antimilitariste prit le parti des interventionnistes : seule la France, patrie de la révolution et des droits de l’homme, saurait avec ses alliés défaire le militarisme allemand, ouvrant ainsi la voie à la suppression de tous les militarismes. Ainsi son nom apparut dans la deuxième liste de signataires du « Manifeste des seize » (voir Jean Grave), parue dans le Bulletin des Temps nouveaux n°1, en mai 1916. Le mouvement anarchiste était déchiré, et la difficulté des échanges et des communications pendant les années de guerre n’aida pas à clarifier les positions des uns et des autres.

Wintsch lança alors à Lausanne le périodique La Libre Fédération, qui dura quatre ans (1915-1919) ; il fut aussi éditeur responsable du périodique de la Libre Pensée, et publia un Bulletin Russe en 1919-1920. Il collabora enfin de 1925 à 1939 à la revue Plus Loin du docteur Marc Pierrot* (Paris).

En 1931 il devint médecin des écoles de Lausanne et membre de la Commission scolaire ; il développa dans ces nouvelles tâches le service des infirmières scolaires, les colonies de vacances, les réfectoires. Il enseigna aussi à l’Ecole des sciences sociales de l’Université et publia de nombreux articles et ouvrages spécialisés sur l’hygiène et la pédagogie.

Il se rendit en Espagne aux premiers mois de la révolution, avec son fils Pierre, et au retour donna des conférences, notamment à la Maison du Peuple de Lausanne, et des articles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154015, notice WINTSCH Jean [Dictionnaire des anarchistes] par Gianpiero Bottinelli, Marianne Enckell, version mise en ligne le 7 mars 2014, dernière modification le 25 octobre 2016.

Par Gianpiero Bottinelli, Marianne Enckell

ŒUVRE : Un essai d’institution ouvrière, l’Ecole Ferrer, Lausanne 1919 (rééd. Entremonde 2009) — Un artiste lausannois, Steinlen, Lausanne, Lapie 1921 — L’Ecole espagnole, Lausanne, Maison du Peuple 1937 — De la prophylaxie des maladies vénériennes, 1921 — Les premières manifestations motrices et mentales chez l’enfant, 1935 — Les enfants délinquants, questions d’hygiène infantile et mentale, 1939.

SOURCES : Claude Cantini, in Cahiers AEHMO 16, 2000 — Le Réveil anarchiste, passim — Bulletin de l’École Ferrer, Lausanne, 191-1921 autres périodiques cités.

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