Né à Locmiquélic-en-Riantec (Morbihan) le 13 novembre 1882, mort au retour de déportation le 20 juin 1945 ; ouvrier chaudronnier ; militant libertaire et syndicaliste de Lorient (Morbihan) ; rallié à l’Union Sacrée en 1916.

François Le Levé (1925)
La CGT, 1925.
François Le Levé, qui était entré à l’Arsenal de Lorient vers 1900 et avait effectué son service militaire en 1901, devint au début des années 1910 le secrétaire adjoint du syndicat CGT des travailleurs réunis du port de Lorient.
Membre du conseil d’administration de la bourse du Travail, il était également l’animateur du groupe local des Temps nouveaux. Il collaborait à cette époque au journal de Jean Grave* Les Temps Nouveaux (Paris, 1895-1914). Grave le mit en rapport avec Emile Masson* et son journal en breton et français Brug (Lorient, 19 numéros de janvier 1913 à juillet 1914) auquel il collabora et dont il fut le gérant. Inscrit au Carnet B, Il fut élu en 1913 secrétaire adjoint de l’Union départementale CGT.
Au moment de la Première Guerre mondiale, il fit partie du groupe de militants anarchistes qui se rallièrent à l’Union Sacrée et fut l’un des signataires en mars 1916 du Manifeste dit des Seize (Cornelissen*, H. Fuss*, J. Grave, J. Guérin*, P. Kropotkine*, A. Laisant*, C. Malato*, J. Moineau*, A. Orfila, M. Pierrot*, P. Reclus*, P. Richard, S. Ichikawa et W. Tcherkesoff*), exprimant ce ralliement.
Pendant la guerre, il collabora à La Libre Fédération (Lausanne, 41 numéros d’octobre 1915 au 15 février 1919) publiée par le docteur Jean Wintsch* ainsi qu’au quotidien syndicaliste La Bataille (Paris, 1915-1920). Il collabora sans doute également aux Lettres aux abonnés des Temps Nouveaux (Paris, 3 lettres de janvier 1916 à février 1917) qui, comme les titres précédents, défendaient le ralliement.
Après guerre, et bien qu’ayant été marginalisé par le mouvement libertaire suite à sa position de 1916, il resta très lié au militant de Brest Jules Le Gall* et poursuivit sa collaboration à la nouvelle série de la revue Les Temps Nouveaux (Paris, 24 numéros du 15 juillet 1919 à juin-juillet 1921) publiée par le docteur Marc Pierrot puis Jacques Reclus*.
Secrétaire général du syndicat des travailleurs du port de Lorient (1918-1919, puis 1922-1935) et secrétaire de l’UD jusqu’en 1929 dont il fut nommé secrétaire général (jusqu’en 1939), il se heurta vivement à la CGTU. En 1929, il refusa le poste de secrétaire de la bourse du travail, préférant garder celui de secrétaire du syndicat de l’Arsenal. Retraité en 1935 de l’Arsenal, il continua d’exercer ses responsabilités syndicales et notamment celle de conseiller à la CGT réunifiée.
Pendant l’occupation allemande, François Le Levé, qui semble-t-il n’avait plus d’activités spécifiquement libertaires, fut à Vannes le représentant du mouvement syndical au Comité départemental de libération. Arrêté par les Allemands le 18 mars 1944, il fut déporté le 31 juillet au camp de concentration de Neuengamme (matricule 39879). C’est au cours de son rapatriement vers la France qu’il mourut d’épuisement le 20 juin 1945 (voir sa notice complète dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français).

SOURCES : État-civil de Locmiquélic-en-Riantec —Arch. Nat. F7/13567, 13608, 13641 et 13637 — Arch. Dép. Morbihan, série M— Le Rappel du MorbihanLe Prolétaire breton, 1912 et 1932. — L’Action syndicale, 1935-1939. — La CGT, op. cit. — Le Rappel, journal de la Fédération socialiste du Morbihan, 14 et 21 décembre 1978. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, 1978, édité par Joseph Floch à Mayenne. — R. Bianco, Un siècle de presse anarchiste, op. cit. — R. Lochu, Libertaires, mes compagnons de Brest ou d’ailleurs, Quimperlé, La Digitale — Témoignage de Madame Aubry, secrétaire de l’Amicale des Déportés du Camp de Neuengamme— Témoignages de militants syndicalistes, compagnons de F. Le Levé, recueillis par Louis Bonnel—Dictionnaire Biographique du Mouvement Ouvrier Français, op. cit.

Jean Maitron, Claude Geslin, notice revue par Rolf Dupuy

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