JULLIEN Henri [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice revue par Rolf Dupuy et Françoise Fontanelli Morel

Né le 9 mars 1908 à Hanoï (Tonkin, Vietnam), mort le 25 juillet 202 à Ollioules (Var) ; militant socialiste avant la Seconde Guerre mondiale, militant anarchiste depuis 1944 ; avocat ; franc-maçon.

Henri Jullien était le petit-fils de Paule Mink (voir sa biographie dans le Maitron) et le fils de Henri Jullien, secrétaire du groupe de Boulogne-sur-Seine du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR). Sa mère Héna Mink était, elle même, la filleule de Benoît Malon. Le 10 janvier 1896, ses parents s’épousèrent en union libre dans les locaux de La Revue Socialiste.

Il suivit son année de Philosophie (1924-1925) au lycée Condorcet à Paris, où il eut pour professeur Félicien Challaye avec lequel il resta ensuite en contact et avec qui il tint notamment une série de réunions publiques lors de l’affaire Sacco-Vanzetti. En 1927, il adhéra au Parti socialiste SFIO mais démissionna lorsque le Parti accepta de voter la loi Paul-Boncour sur l’organisation de la nation armée. Il s’affilia alors à la 14e section parisienne de l’Union socialiste-communiste où il retrouva Félicien Challaye, Paul Quilici, qui devint son beau-père en 1932, Paul Louis, Georges Pioch, etc. Au congrès de 1927 de l’USC, il fut élu membre de son Comité central.

En janvier 1928, grâce à l’amitié de Victor Méric*, il entra dans la carrière journalistique. Tout en préparant sa licence de droit, il travailla au Soir. En 1930, il travailla à Marseille Matin puis devint rédacteur en chef de Marseille Soir, quotidien d’information.

En 1932, H. Jullien quitta l’USC devenu PUP (Parti d’unité prolétarienne) pour retourner à la SFIO et appartenir à la tendance Zyromski qu’il quitta bientôt pour rejoindre la tendance qu’il estimait libertaire, de Marceau Pivert. Il était alors adhérent de la IIe section de Marseille ainsi que du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA).

Syndiqué à la CGTU lorsqu’il était salarié, il avait fondé avec Quilici et quelques autres en 1935, après le congrès de réunification syndicale, le premier syndicat confédéré de journalistes qui dura jusqu’en 1940 et dont il fut le secrétaire adjoint. C’est alors que, pour ne pas avoir à s’incliner devant la censure de Vichy, il abandonna le journalisme et se fit inscrire au barreau.

Pendant les années 1940-1944, il participa à la Résistance et prit contact avec les anarchistes. En 1944, il fut réadmis à l’unanimité à la IIe section marseillaise du Parti socialiste malgré l’opposition de G. Defferre. Peu après, il en démissionna et il adhéra, l’année suivante, au groupe Marseille-Centre de la Fédération anarchiste.

Depuis 1949, H. Jullien fut président, au plan régional, de la SIA (Solidarité internationale antifasciste). Henri Jullien milita au groupe Marseille-centre de la FA, qui avait été reconstitué en 1962 et comptait neuf militants – dont René Bianco* – et, en avril 1968. Il fut l’un des initiateurs à la franc-maçonnerie de R. Bianco.

En 1968 les groupes de la FA étaient au nombre de deux : Marseille Saint-Antoine et groupe FA3 (ce dernier réunissant les militants appartenant à l’ORA) ; ces groupes se réunissaient dans un local situé 75 rue de l’Olivier dans le 5° arrondissement et participèrent à l’organisation des campings internationaux des Jeunesses libertaires notamment à Istres, Eyguilles (Bouches-du-Rhône) et Anduze (Gard). Ils animèrent également un ciné-club. Henri Jullien fut avec René Bianco et Clotaire Henez*, à l’origine de la fondation du dépôt annexe de Marseille du CIRA. Il collabora au bulletin intérieur de liaison des anarchistes de la région Provence-Côte d’Azur-Corse Echos Libertaires qui tirait à 600 exemplaires.
Pour une biographie plus complète, voir le Maitron-en-ligne.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154001, notice JULLIEN Henri [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice revue par Rolf Dupuy et Françoise Fontanelli Morel, version mise en ligne le 25 avril 2014, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Jean Maitron, notice revue par Rolf Dupuy et Françoise Fontanelli Morel

SOURCES : Notes de René Bianco de Marseille. — La Revue Socialiste, janvier 1896, BNF Gallica. — Echos Libertaires, juin 1968. — Notes D. Vidal.

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