VAGLIO Etienne [VAGLIO GIORS Massimo Stefano, dit] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Gianpiero Bottinelli, Marianne Enckell

Né à Pettinengo (Piémont) en 1880 dans une famille de paysans, mort à Genève le 12 février 1948. Maçon, militant anarchiste et syndicaliste révolutionnaire.

À 12 ou 13 ans, Vaglio émigra en Suisse puis en France avant de s’établir à Neuchâtel puis définitivement à Genève en 1907. Militant anarchiste et actif à la Fédération des Unions ouvrières de Suisse romande (syndicaliste révolutionnaire), collaborateur du Risveglio anarchico/Réveil anarchiste.

En 1910 il militait au Syndicat autonome des maçons et manœuvres, qui comptait alors 220 membres et en aura 342 l’année suivante ; le gros de ses effectifs était constituté d’Italiens, nombreux à travailler dans le bâtiment. Animateur de la grève de mai 1911, il fut parmi les orateurs avec Devincenti, Bartolazzi et Bertoni*. En juin 1914, il se fit arrêter lors d’une grève de 2000 ouvriers du bâtiment et menacer d’expulsion ; après trois mois, la grève cessa en août en raison de la guerre ; six étrangers furent expulsés.

En 1929, Vaglio dirigea le comité de grève du Syndicat autonome du bâtiment (anarcho-syndicaliste) et organisa la résistance à un lock-out national. Des équipes furent constituées qui trouvèrent à s’employer dans des travaux de terrassement, pouvant ainsi aider leurs camarades mis à pied. La victoire syndicale permit d’obtenir la semaine de 48 heures et le congé du samedi après-midi.

Peu de temps après, Vaglio cessa de travailler pour un patron et fonda avec quelques compagnons la Coopérative des ouvriers du bois et du bâtiment, qui fonctionna jusqu’en 1978. Elle avait donné du travail à plus de 150 personnes à la fois, et au moment de sa faillite comptait encore 70 membres. Vaglio fut en outre conseiller de la Coopérative des ouvriers du bois et bâtiment de Lausanne, qu’il avait contribué à fonder en 1923.

Il fut aussi actif au sein de la Ligue italienne des droits de l’homme (LIDU). Il organisa de 1930 à 1933 la construction du bâtiment des Colonie estive italiane à Saint-Cergue-les-Voirons (Haute-Savoie), qui put se faire grâce au travail volontaire de centaines d’ouvriers genevois et italiens : une réalisation sans équivalent au sein de l’antifascisme italien à l’étranger. La colonie abrita aussi des enfants espagnols puis juifs pendant la Deuxième Guerre.

Etienne Vaglio s’est suicidé en 1948 à Genève.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article153983, notice VAGLIO Etienne [VAGLIO GIORS Massimo Stefano, dit] [Dictionnaire des anarchistes] par Gianpiero Bottinelli, Marianne Enckell, version mise en ligne le 10 avril 2014, dernière modification le 10 avril 2014.

Par Gianpiero Bottinelli, Marianne Enckell

SOURCES : Le Réveil/Il Risveglio, passim et mars-avri 1948 (nécrologie, photo) — La Voix du Peuple, Lausanne-Genève. — Chantier biographique des anarchistes en Suisse.

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