Né à Nantua (Ain) le 14 avril 1845 ; tisseur ; anarchiste et syndicaliste.

Ouvrier dans le textile, Louis Genet était, dans les années 1870, membre du Cercle des travailleurs progressifs (voir Alphonse Ailloud) à Vienne (Isère). Il en fut le délégué au congrès ouvrier de Lyon, en janvier 1878 ; il y présenta un rapport sur les problèmes de l’industrie drapière, se prononça fortement en faveur des candidatures ouvrières et fit partie de la commission des résolutions.
En 1882, sans doute déçu de l’expérience électorale, il adhéra à l’anarchisme et devint l’un des principaux animateurs du groupe Les Indignés (voir Pierre Martin).
Bon orateur, il présida en mars 1882 une réunion en l’honneur de Fournier, ouvrier de Roanne (Loire) qui venait, au cours d’une grève, de tirer sur un patron, et annonça qu’une souscription était ouverte pour lui offrir un revolver d’honneur.
Louis Genet fut un des trois militants délégués par les Indignés à la réunion anarchiste internationale de Genève, les 13 et 14 août 1882 (voir Victor Fages).
En janvier 1883, il fut condamné à Lyon à quinze mois de prison à l’issue du procès des Soixante-six (voir Toussaint Bordat). Libéré fin 1884, il relança l’activité anarchiste à Vienne.
Le 1er mai 1890, il participa à l’émeute ouvrière aux côtés de Tennevin* et de Louise Michel*. Poursuivi, il fut acquitté par la cour d’assises.
Par la suite, sans plus jouer un rôle de premier plan, il continua sans relâche son action révolutionnaire. En 1907 encore, il était considéré par la police comme l’un des antimilitaristes les plus dangereux de la région de Vienne.

SOURCES : Arch. Dép. Isère, 55 M I, 75 M I et 75 M 36 — Jean Maitron, Histoire du Mouvement anarchiste en France, Gallimard, 1975 — Caroline Reynaud-Paligot, « Une décennie parmi les anarchistes viennois, 1880-1890 », IEP de Grenoble, 1988.

Yves Lequin, notice complétée par Guillaume Davranche

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