GARNERY Auguste [dit Garno] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy

Né le 3 juillet 1865 à Roche-et-Raucourt (Haute-Saône), mort le 21 avril 1935 à Saclas (Seine-et-Oise) ; ouvrier bijoutier ; anarchiste et syndicaliste.

De 1901, date de constitution de la fédération de la Bijouterie CGT dont il fut le secrétaire, à 1910, Auguste Garnery, dit Garno, fut un syndicaliste révolutionnaire très actif. Peu orateur, il était par contre plein d’allant et, selon Pierre Monatte* « s’y entendait pour faire repartir une grève qui s’enlisait : un "pétard" déposé un soir sur le rebord de la fenêtre d’un représentant du patronat ranimait les énergies et redonnait confiance ».

Il fut plusieurs fois condamné pour faits de propagande et notamment impliqué dans le procès de « l’affiche rouge » de l’Association internationale antimilitariste (voir Roger Sadrin). Cela lui valut d’être condamné, le 31 décembre 1905, à quinze mois de prison et à 100 francs d’amende. Il avait été élu conseiller prud’homme le 17 décembre 1905.

A partir de 1904 il fut délégué de la Bijouterie à tous les congrès confédéraux : Bourges en septembre 1904, Amiens en octobre 1906, Marseille en octobre 1908, Toulouse en octobre 1910. A celui de 1906, il cosigna la motion qui devait passer à la postérité sous le nom de Charte d’Amiens.

En 1908, au moment des événements de Villeneuve-Saint-Georges, il remplaça Georges Yvetot*, qui avait été arrêté le 1er août, au secrétariat de la section des bourses du travail.

Retiré à Saclas (Seine et Oise), il tenta vers 1911 l’élevage des porcs. Ce fut un échec et il organisa alors, avec son neveu, le ramassage des lapins, poules et canards. L’affaire prospéra et devint une entreprise très moderne. Avant et pendant la guerre de 1914, il fut acheteur aux Halles de Paris pour le compte de la coopérative parisienne La Belleviloise.

Pendant la Grande Guerre, il fut hostile à l’union sacrée. Au printemps 1916, il signa le manifeste pacifiste « La paix par les peuples » (voir Charles Benoît) qui s’opposait au Manifeste des Seize (voir Jean Grave).

Selon Julien Toublet* (interview du 15 mai 1986) il aurait participé dans les années 1920 à un projet d’attentat contre le roi d’Espagne Alphonse XIII. A cette époque, Victor Griffuelhes était venu vivre dans sa ferme.

Dès la fondation de La Révolution prolétarienne, en janvier 1925, Garnery fit partie du « noyau » de cette revue dirigée par Pierre Monatte*, qui voulait regrouper les syndicalistes révolutionnaires restés fidèles à la Charte d’Amiens. En août il se déclarait « favorable à la reconstruction de l’unité syndicale » possible « si l’on accepte de repartir de la base en passant par dessus les appareils directeurs ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article153977, notice GARNERY Auguste [dit Garno] [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 7 avril 2014, dernière modification le 8 janvier 2019.

Par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy

SOURCES : AN BB 18/2294, 2 326 A 05 et F7/12723 rapport 6 janvier 1910. — Temps Nouveaux, 30 décembre 1905 et 6 janvier 1910. — La Révolution Proletarienne du 25 avril 1935. — Jacques Julliard, Clemenceau briseur de grèves, Julliard, 1963. — Bruce Vandervort, Victor Griffuelhes and French Syndicalism, 1895-1922, Louisiana State University Press, 1996.

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