Né à Langenthal (canton de Berne, Suisse) en 1842, mort à Lyon le 29 juin 1919 ; ouvrier horloger, guillocheur, membre actif de la Fédération jurassienne.

Auguste Spichiger participa au meeting du Crêt du Locle (canton de Neuchâtel, Suisse) en mai 1869, après la première visite de Bakounine* dans le Jura, et signa une protestation contre l’intervention de l’armée dans la grève des maçons et manœuvres de Lausanne la même année.
Il fut membre du comité de la Fédération romande “collectiviste” en octobre 1870, à La Chaux-de-Fonds, délégué au congrès de Sonvilier de novembre 1871, où fut fondée la Fédération jurassienne, puis régulièrement membre du comité fédéral. C’est lui qui signa avec A. Huguonet le mandat de James Guillaume* et d’Adhémar Schwitzguébel* au congrès de l’AIT à La Haye ; il fut délégué aux congrès de l’AIT anti-autoritaire en septembre 1873 (Genève) et en octobre 1876 (Berne).
Avec trois ouvriers graveurs (Frédéric Graisier, Jacob Spichiger et Albert Nicolet*) , il reconstitua un atelier coopératif à La Chaux-de-Fonds, qui ne parvint toutefois pas à survivre. Il publia dans l’Almanach du Peuple pour 1875 un article à ce sujet et collabora au Bulletn de la Fédération jurassienne (1872-1878). Il participa aussi aux activités de la Fédération française de l’AIT en Suisse et distribua le journal L’Avant-Garde ; il édita les actes du procès contre ce journal et son rédacteur Paul Brousse*. Mais, boycotté par les patrons, inscrit sur les listes noires, il dut partir quelque temps en France puis émigra aux Etats-Unis de 1887 à 1893.
Installé à Philadelphie (Pennsylvanie), il prit langue avec les militants anarchistes francophones. En décembre 1891, il figurait au nombre des lecteurs-souscripteurs du Réveil des mineurs.
De retour en Suisse, à Bienne puis à La Chaux-de-Fonds, il collabora depuis 1906 à la Voix du Peuple de Lausanne et à l’Almanach du Travailleur pour 1911. Il était resté très proche de James Guillaume*, mais polémiquait en revanche avec d’autres anciens comme Pindy*.
En 1912, il partit pour un an à Odessa. De retour à La Chaux-de-Fonds en 1913, il publia la brochure Le Parti pettavelliste, critiquant les socialistes Paul Pettavel (pasteur), Charles Naine et E.-Paul Graber pour leur “piétisme” et leurs illusions parlementaires.
Avec d’autres anarchistes de Suisse, il fut parmi les partisans de l’Union sacrée.
Il passa la fin de sa vie à Lyon.
Il aurait été le père biologique de la militante communiste française Suzanne Girault* (née Depollier à La Chaux-de-Fonds le 18 juillet 1882).

ŒUVRE : Le Parti pettavelliste, Imprimerie des Unions ouvrières, Lausanne, 1913.

SOURCES : Chantier biographique des anarchistes en Suisse — J. Guillaume, L’Internationale : doc. et souvenirs, op. cit.Le Progrès, La Chaux-de-Fonds, mai et juin 1869 — Le Réveil, Genève, juillet 1919 — Le Réveil des mineurs, 12 décembre 1891 — Note de H.-P. Renk.

Marianne Enckell, Michel Cordillot

Version imprimable de cet article Version imprimable