REY-ROCHAT de THEOLLIER Eugénie [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice complétée par Anne Steiner

Née vers 1860. Artiste peintre. Anarchiste et féministe.

Eugénie Rey-Rochat épousa en 1889 un jeune bourgeois marseillais du nom de Long, dont elle eut un fils, Jacques Long* en 1890, avant de divorcer en 1891. Elle éleva seule son fils. Elle arriva à Paris en 1908 et vécut des revenus que lui procuraient des immeubles qu’elle possédait à Valence.

Artiste peintre, elle suivit les cours du peintre Eugène Grasset et elle adhéra à l’Union des femmes artistes peintres et sculpteurs fondée en 1882 par Hélène Berthaux, sculpteur. Cette organisation revendiquait l’admission des femmes aux Beaux Arts et montait chaque année un salon exposant exclusivement des œuvres de femmes. La présidente était alors la duchesse d’Uzès, personnalité mondaine féministe et royaliste (orléaniste) qui avait financé Boulanger et qui manifestait pour les anarchistes une curiosité non dénuée de sympathie.

Eugènie Rey-Rochat habitait alors 65, rue Lamarck dans le XVIIIe arrondissement. Son fils, Jacques Long, étudiant en médecine, militait chez les Camelots du Roi. Bientôt il abandonna ses études et se rapprocha des anarchistes individualistes qui organisaient des causeries populaires dans le quartier. Elle subventionna dès lors le journal : le bail du local du 22 rue de la Barre fut à un moment à son nom et elle réglait le loyer. Son fils s’y était installé et il y resta jusqu’en 1910.

Le 25 juin 1910, elle ouvrit l’imprimerie communiste L’Espérance située 3, rue de Steinkerque, à Paris XVIIIe arr. Les frais d’installation se montaient à 12 000 f environ, somme qui fut payée comptant, et le loyer annuel était de 1 500 f. Son fils fut l’un des administrateurs. Il y eut aussi Miguel Almereyda*, R. Dolié*, G. Durupt*, L. Matha* ; Anna Mahé* y travailla comme comptable jusqu’en juillet 1911.

L’imprimerie employait une douzaine d’ouvriers, tous libertaires. Elle avait comme clients réguliers le syndicat des Charpentiers et celui des Tapissiers ainsi que certains négociants et particuliers. Mais les affaires de l’imprimerie étaient médiocres et cela suscita des conflits entre Durupt et Eugénie Rey-Rochat. à propos de la gestion et de la compétence des collaborateurs.

En 1913-1914, Eugénie Rey assurait encore des conférences dans des groupes féministes et anarchistes.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article153959, notice REY-ROCHAT de THEOLLIER Eugénie [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice complétée par Anne Steiner, version mise en ligne le 7 avril 2014, dernière modification le 7 avril 2014.

Par Jean Maitron, notice complétée par Anne Steiner

SOURCES : Arch. PPo. BA 1702.

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