Né à Marseille le 3 mai 1886, mort en octobre 1975. Décorateur. Anarchiste individualiste.

C’est après avoir assisté au début du XXe siècle aux conférences à Marseille de l’individualiste Jean Marestan que Robert Collino, fils d’un pharmacien, devint anarchiste et lecteur du journal L’Anarchie de Libertad. Au début des années 1910, il aurait tenté un retour à la terre qui se serait soldé par un échec – il s’agit peut-être d’une participation à la colonie libertaire de Georges Butaud à Bascon (Aisne), Collino collaborant à l’époque, sous le pseudonyme de Ixigrec, au mensuel La Vie anarchiste (Reims, puis Château-Thierry et Saint-Maur-des-Fossés, 27 numéros de juin 1911 à août 1914) publié par H. Richard et G. Butaud.
Monté à Paris après la Première Guerre mondiale, il exerça le métier de décorateur et collabora à de nombreux titres de la presse libertaire dont : L’Anarchie (Paris, 52 numéros du 21 avril 1926 à avril 1929) publié par Simonne Larcher* et Louis Louvet*, L’En-dehors (Orléans, 335 numéros de mai 1922 à octobre 1939) publié par E. Armand*, La Revue anarchiste (Paris, décembre 1929 à août 1936) publiée par F. Fortin*, et Le Libertaire, organe de l’Union anarchiste. Il rédigea pour l’Encyclopédie anarchiste de Sébastien Faure* les articles consacrés à la mort et à la raison, qu’il publia ultérieurement sous forme de brochures (Qu’est-ce que la mort ? et Qu’est-ce que la raison ?).
En 1940, il publia le livre Panurge au pays des machines, une satire du totalitarisme. Pendant la guerre, il résida dans le Var où « selon son frère qui habitait avec lui… il aurait eu beaucoup de veine de s’en tirer… et aurait pris de grands risques pour des inconnus qu’il ne connaissait que depuis vingt-quatre heures » (Témoignage de Paul Jamot, décembre 1984).
Une fois la guerre terminée, il reprit sa collaboration à divers titres de la presse libertaire, dont la nouvelle série de L’Unique (Orléans, 110 numéros de juin 1945 à juillet 1956), L’homme et la vie (Paris, 4 numéros de février à mai 1946) dont les responsables étaient Manuel Devaldès* et Georges Girardin, Défense de l’Homme (Paris puis Golfe-Juan, 314 numéros de septembre 1949 à juin 1976) de Louis Lecoin* et Louis Dorlet*, Contre Courant (Paris, 155 numéros de février 1951 à 1968) publié par Louis Louvet, Ego (Marseille, 12 numéros de juin 1968 à 1971), revue d’expression individualiste publiée par Pierre Jouventin, et Le Monde libertaire, organe de la Fédération anarchiste.
Robert Collino, qui était marié et père de deux enfants, est mort dans le Var en octobre 1975. Peintre amateur, il fut l’auteur de nombreuses natures mortes.

ŒUVRE : Panurge au pays des machines (1940, 68 p.) - L’Avenir est-il prévisible ? (1949, 49 p.) - Les essais fantastiques du docteur Rob (La Ruche ouvrière, 1966, 264 p.) ; - Absolu et compromis (Supplément n°1 de L’Unique, 1956, 8 p.) ; - Le Vrai Sade (Supplément n°7 de L’Unique, 16 p.)

SOURCES : Le Monde libertaire, novembre 1975 – Espoir, Toulouse, 16 novembre 1975 – R. Bianco, « Un siècle de presse… », op. cit. – Bulletin du CIRA, Marseille, n°23-25, 1985 (Témoignages… op. cit. ) – Lettre de Collino à Jean Maitron, 30 octobre 1971.

ICONOGRAPHIE : bois gravé de J. Lebedeff.

Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy

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