CAPELLE Aimé [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy

Mort en 1989 ; ouvrier du bâtiment puis du livre ; anarcho-syndicaliste.

Dès la Libération Aimé Capelle, qui travaillait avant guerre dans le bâtiment, se prononça pour "l’unité syndicale complète, totale, absolue" et le maintien des anarcho-syndicalistes et des syndicalistes révolutionnaires au sein de la CGT. Dans cette intention il participa à la fondation de la Fédération Syndicaliste Française (FSF) et de son organe L’Action Syndicaliste en tant que tendance dans la CGT.

Aimé Capelle, qui habitait 9 avenue Secrétan à Paris 19e, était en 1945 le responsable de La Bataille syndicaliste (Paris, au moins 12 n° entre mars 1945 et 1946), organe du Comité de défense syndicaliste de la CGT opposé à la mainmise des communistes sur l’organisation syndicale et regroupant les militants antistaliniens (trotskistes et anarcho-syndicalistes).

Lors d’une conférence en mai 1946, suivant le congrès de la CGT d’avril où les minorités avaient été réduites au silence par les communistes, il fut décidé de dissoudre la FSF et le CDS afin de créer la CNT. Capelle participa alors à la fondation de la CNTF et, lors du comité confédéral national du 9 décembre 1946, il fut nommé à la commission administrative comme trésorier adjoint et administrateur de l’organe de la CNTF, L’Action syndicaliste (Paris, d’abord publié comme organe intérieur de la Fédération syndicaliste, puis organe de la CNTF à partir de juin 1946). Les autres membres de la CA étaient Pierre Besnard* (secrétaire aux relations internationales), Georges Thuot (secrétaire général), Eugène Juhel* (secrétaire à la propagande, puis secrétaire général), Marcel Feuillet* (trésorier) et Auguste Le Marc (administration de L’Action syndicaliste).
Lors du congrès tenu à Bordeaux en 1950, Capelle fut élu secrétaire général de la CNTF. Il participait, à la même époque à l’Union des syndicalistes, un regroupement des syndicalistes révolutionnaires autour de la revue La Révolution prolétarienne.

De mai 1953 à mars 1957, il fut le responsable du bulletin Le Soutien-solidarité Liberté (Paris, 19 numéros), organe de l’Union indépendante du Comité de défense sociale et d’entraide, auquel collaborèrent notamment Rachel Lantier*, Nicolas Faucier* et Guy Vinatrel.

En 1957, au nom de la pureté anarcho-syndicaliste, des membres de la commission administrative de la CNT-F (Raymond Fauchois* et Yves Prigent, le secrétaire du SUB de la région parisienne) demandèrent un congrès extraordinaire qui se tint à Poitiers les 27-28 avril 1957. Celui-ci décida d’exclure Aimé Capelle et tous les autres membres de la CNT adhérents à l’Union des syndicalistes, dont Yvernel*, Velfond, Malfatti*, Deck, René Bonneau, Martin*, Dichamp*, Bouzigout, Eckermann, Marchetti*... accélérant ainsi la crise de la CNT et vidant l’union parisienne d’une bonne partie de ses adhérents.

Aimé Capelle, à la fin des années 1970, souscrivait encore à la feuille Mains et cerveau rédigée dans la langue internationale ido.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article153845, notice CAPELLE Aimé [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 31 mars 2014, dernière modification le 22 mai 2015.

Par Rolf Dupuy

SOURCES : René Bianco, "Un siècle de presse anarchiste...", op. cit. — J. Caroux-Destray, Un couple ouvrier traditionnel : la vieille garde autogestionnaire, Anthropos, 1974 (où Capelle témoigne sous le nom de Amédée Domat) — La Révolution prolétarienne, n°686, 1989 — notes de Marianne Enckell.

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