CANÉ Albert [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, Claude Pennetier, notice complétée par Marianne Enckell

Né vers 1893, mort le 25 janvier 1954 à Menton (Alpes-Maritimes) ; cheminot ; militant anarchiste ; syndicaliste de Choisy-le-Roi (Seine, Val-de-Marne).

À l’âge de treize ans, Albert Cané vint à Paris pour travailler comme électricien et cheminot. Il adhéra aux Jeunesses syndicalistes, au Comité de Défense sociale et fut de toutes les campagnes révolutionnaires d’avant la Première Guerre mondiale. Il accomplit son service militaire dans la marine, notamment sur le cuirassé France. En 1915, un groupe révolutionnaire y fut constitué qui diffusa en Adriatique le journal pacifiste Ce qu’il faut dire et fonda une importante bibliothèque à bord. En 1917, des incidents les opposèrent au commandement, ce qui amena Cané devant le Conseil de guerre ; suite à un non-lieu, il fut débarqué, mais "nous laissions à bord du France trois ans de propagande révolutionnaire et anarchiste", ce qui favorisera sans doute les mutineries de 1919.

De retour à la vie civile, Cané poursuivit ses activités pacifistes, anima avec Jean-Louis Thuillier le comité des Marins, dont il fut en 1921 secrétaire et trésorier, mena campagne en faveur d’André Marty et de Louis Badina et milita au comité de défense sociale (il était secrétaire de celui de Choisy-le-Roi). On peut peser qu’il avait été licencié des chemins de fer à la suite des grèves de 1920 car il est ensuite présent dans le syndicalisme du bâtiment.

Pour les propos tenus au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) à l’occasion d’un meeting en faveur de Émile Cottin, il fut transféré à la maison d’arrêt de cette ville et condamné à six mois de prison. Il se vit infliger de nouveau six mois de prison en raison de son activité au comité de défense des Marins, peine confondue avec la précédente. Il parcourut la province, parla à Amiens (Somme) le 9 janvier 1921, à Nevers (Nièvre) le 20 mai 1921 où il se déclara anarchiste, à Brest le 19 juin 1921. Un conflit financier avec le comité l’obligea à démissionner de son poste de trésorier le 8 septembre 1921 : la caisse étant vide, les autres militants refusaient de lui verser 25 F par jour pour ses déplacements.

Le 19 novembre 1921, la IIe Chambre correctionnelle le condamna à six mois de prison et aux dépens pour « menées anarchistes ».

En 1924, Albert Cané appartenait à la commission exécutive (CE) de la Fédération CGTU du Bâtiment (cf. Le Travailleur du Bâtiment, mars 1924). Il adhéra ensuite à la CGT-SR et fut membre de la CA de l’Union régionale parisienne.

En avril 1928, il assista au banquet organisé par les amis de la revue du docteur Pierrot* Plus Loin.

En 1935, il fut sans doute trésorier du Comité de défense sociale, poste où J. Lazergues le remplaça en janvier 1936.

Albert Cané fut candidat à la CE de l’Union des syndicats de la région parisienne au congrès des 5-7 février 1937. Selon le communiste André Tollet, il faisait du trafic d’armes pour les combattants espagnols. Il travailla au Comité de droit d’asile chargé d’accueillir les réfugiés espagnols. André Tollet séjourna avec lui au camp de Compiègne (Oise) en 1942 (Le Souterrain, p. 126-128).

Après la Libération, c’est lui qui fournit à Louis Louvet* et Simonne Larcher* une salle où se tint "la première réunion publique groupant des anarchistes de toutes tendances, qui ne s’étaient point serré les coudes depuis cinq ans".

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article153843, notice CANÉ Albert [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, Claude Pennetier, notice complétée par Marianne Enckell, version mise en ligne le 31 mars 2014, dernière modification le 23 mai 2016.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier, notice complétée par Marianne Enckell

ŒUVRE : Contre-Courant, 10 mars 1954 : « Les mutineries en Mer Noire racontées par deux mutins authentiques (Canonne et Pierre Le Roux) ». Avant-propos d’Albert Cané.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13165. — Arch. Dép. Somme, Z 317. — Le Cri du Peuple, 9 janvier 1921. — Le Libertaire, 20-27 janvier, 17-24 février 1922. — Le Travailleur parisien, octobre-décembre 1936 — Notice de René Bianco sur J. Lazergues, DBMOF — Contre-Courant, 20 février 1954, nécrologie par Louis Louvet.

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