Né le 14 décembre 1845 à Bastia, mort le 5 septembre 1884 à Marseille ; membre de l’AIT, directeur des Contributions indirectes sous la Commune.

Fils de marin, Bastelica vint habiter à Marseille où il devint ouvrier typographe.
En 1864, il s’initia à la question sociale par la lecture de Pierre Leroux et de Proudhon*. Il adhéra à l’Association internationale des travailleurs en 1867, au moment où la section marseillaise était en forte croissance, lui gagnant notamment l’adhésion de différentes corporations de métier, vanniers, chaisiers et marins. L’activité de Bastelica couvrait alors le littoral méditerranéen de l’Hérault aux Basses-Alpes. En février 1870, 25 corporations différentes étaient organisées au sein d’une chambre fédérale. Dans une lettre à Albert Richard*, Bastelica exposait son idéal : « Nous voulons le non-gouvernement parce que nous voulons la non-propriété ; et vice-versa. La morale humaine détruira les religions révélées, le socialisme supprimera le gouvernement et la question politique. »
Poursuivi en mai 1870 pour son appartenance à l’Internationale, il trouva refuge en Espagne. Il participa au premier congrès de la Fédération régionale espagnole de l’AIT à Barcelone en juin 1870.
Après la chute du Second Empire, il retourna à Marseille. La fédération locale de l’AIT comptait alors entre 4000 et 5000 adhérents. Le 9 septembre 1870, devant 2000 personnes, il réclama l’organisation d’un gouvernement du Midi et la levée en masse contre les armées prussiennes : ce sera la Ligue du Midi, présidée par Alphonse Esquiros, à laquelle adhéra la fédération marseillaise. Le 17 septembre, Bastelica était à Lyon aux côtés de Bakounine* lors de la création du Comité central du Salut de la France, puis le 28 septembre, lors de la tentative insurrectionnelle. Un moment arrêté, il put regagner Marseille où il cacha Bakounine et lui permit de s’enfuir vers Gênes. Le 1er novembre, il participa de façon assez distanciée à la Commune révolutionnaire de Marseille.
Il arriva à Paris au début du mois de mars 1871. La Commune de Paris le nomma directeur des Contributions indirectes. Défenseur du fort d’Issy, il ne put malgré ses efforts le garder à la Commune et demanda à paraître en jugement. Si Rigaud le fit emprisonner, il était de nouveau présent sur les barricades lors de la Semaine Sanglante.
Grièvement blessé, il se réfugia à Londres où il fut nommé au Conseil général de l’Internationale. Il participa en tant que délégué à la Conférence de Londres, du 17 au 23 septembre 1871, en remplacement du congrès de l’Internationale annulé en raison de la guerre franco-prussienne. Anselmo Lorenzo dit de lui qu’il se comporta de façon peu courageuse face aux attaques menées par les marxistes contre les bakouninistes ; Nettlau* considère qu’il était alors fort déprimé.
En octobre 1871, il gagna Neuchâtel et travailla dans l’imprimerie de James Guillaume*.
En 1872, les marxistes l’accusèrent de faire cause commune avec Albert Richard* et Gaspard Blanc, passés au bonapartisme. D’après James Guillaume, ces accusations n’étaient pas exactes mais Bastelica, désorienté par les querelles au sein de l’Internationale, commença une évolution qui le conduisit à rejoindre lui aussi les rangs bonapartistes, vers 1873.
Il fut gracié le 24 mai 1879 et put regagner Marseille. Il mourut subitement le 5 septembre 1884.
Notice résumée par Marianne Enckell

ŒUVRE et

SOURCES : voir le DBMOF.

Jean Maitron, notice révisée par Marianne Enckell

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