BAHONNEAU André [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice révisée par Guillaume Davranche

Né le 10 mars 1848 à Trélazé (Maine-et-Loire), mort le 19 avril 1918 à Angers (Maine-et-Loire) ; ardoisier ; anarchiste et syndicaliste.

Ouvrier fendeur à la carrière des Petits-Carreaux, puis à la Grand’Maison, sergent de mobiles en 1870-1871, André Bahonneau créa, en février 1880, la Chambre syndicale des ouvriers des ardoisières d’Angers, dont il devint le président. Cette chambre syndicale, non autorisée par la préfecture, fut seulement tolérée et n’eut que peu de rayonnement.

En 1884, avec son ami Ludovic Ménard ouvrier fendeur comme lui, Bahonneau fut l’un des fondateurs de la section angevine de la Fédération des Travailleurs socialistes de France (FTSF), dirigée par Paul Brousse*. En octobre de la même année, il fut délégué au congrès national de la FTSF à Rennes.

En 1889, il fut gagné aux idées anarchistes, en même temps que Ludovic Ménard, par Joseph Tortelier venu à Trélazé. De ce fait, il fut très surveillé par la police entre 1892 et 1895. A partir de 1890, avec Ménard, il se consacra entièrement à l’action syndicale. En décembre 1890, il participa ainsi à la réorganisation, sur la base de la loi de 1884, du syndicat des ardoisiers de Trélazé.

En 1902, le syndicat des ardoisiers s’inscrivit à la bourse du travail d’Angers et André Bahonneau en fut souvent le représentant à la bourse.

En août 1904 fut constituée la fédération nationale des Ardoisiers, adhérente à la CGT, et Bahonneau en représenta plusieurs syndicats en septembre, au congrès confédéral de Bourges.

En mars 1906, remplaçant J. Bédouet, il fut élu secrétaire général de la bourse du travail d’Angers (aux appointements de 1 200 francs par an en 1911). Sous son impulsion, celle-ci prit son véritable essor.

Bahonneau fut encore délégué aux congrès confédéraux d’Amiens en 1906, de Marseille en 1908, de Toulouse en 1910, et du Havre en 1912, ainsi qu’aux conférences nationales CGT de 1909 et de 1911. En juillet 1913, en conformité avec la décision de la CGT, il ébaucha la constitution de l’union départementale du Maine-et-Loire. Trente-trois syndicats participèrent à son congrès constitutif, le 5 mars 1914 à Cholet, et Bahonneau en fut élu secrétaire. Il mourut quatre ans plus tard.

Un boulevard à Trélazé porte aujourd’hui le nom d’André-Bahonneau.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article153789, notice BAHONNEAU André [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice révisée par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 3 avril 2014, dernière modification le 5 juin 2014.

Par Jean Maitron, notice révisée par Guillaume Davranche

SOURCES : État civil d’Angers — Arch. Nat. F7/13567 et F7/13607 — Arch. Dép. Maine-et-Loire, 21M232, 40M36, 71M — Archives de la bourse du travail d’Angers (1892-1918) — Le Réveil des Travailleurs, hebdomadaire syndicaliste angevin (1913-1914) — Ludovic Ménard, « André Bahonneau », L’Effort social, 1er juin 1918. — Maurice Poperen, Syndicats et luttes ouvrières au pays d’Anjou, SMEPP Laval, 1964.

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