Né à Paris en 1900 ; mort à Marseille le 17 février 1968 ; ingénieur électro-mécanicien ; militant anarchiste et anarcho-syndicaliste marseillais.

Charles Bader, qui était le fils d’une victime de la guerre de 1914, adhéra à l’Union anarchiste vers 1920. Installé à Marseille en 1930 et ingénieur des constructions aéronautiques à Berre-l’Étang (Bouches-du-Rhône) à l’usine Sud-Aviation, il fut l’un des premiers organisateurs de syndicats de techniciens affiliés à la CGT. Il défendit toujours le principe que, nonobstant leur situation privilégiée, les techniciens devaient toujours confondre leur lutte avec celle de la classe ouvrière. Il participa activement aux luttes du Front populaire en y défendant ses conceptions anarchosyndicalistes. En 1938, lors d’une grève, il organisa à Berre un « comité ouvrier » qui esquissa une ébauche de gestion directe ; son action lui valut d’être licencié et d’être mis sur une liste noire sur le marché du travail. Dès lors il vécut en modeste artisan : M. Faitout, petits travaux en tous genres dans le quartier d’Endoume. En 1939, il fut emprisonné et demeura interné pendant deux ans.
En 1948, il devint secrétaire de la 12e région de la Fédération anarchiste où il remplaçait André Arru* et fut, dans le Midi, l’un des organisateurs du Mouvement français pour l’abondance. Il appartenait alors au groupe Marseille-Centre de la FA et était assisté au bureau du Comité de la 12e région par Tony Peduto*, Lina Fourgeaud, J. Bonneuil et Grandet. Après avoir démissionné du secrétariat régional, il fonda en 1950 le groupe FA4 qui selon Arru ne comptait que quatre membres et organisait un cours du militant "suivi assez régulièrement par vingt à vingt cinq éléments" (Lettre d’A. Arru à A. Lapeyre, 4 décembre 1950). Il siégea, jusqu’en 1952, au conseil national de la Fédération anarchiste et au comité de rédaction du Libertaire puis quitta l’organisation lors de sa prise en main par les partisans de Georges Fontenis*, bien qu’il ait été à Marseille le correspondant de l’Organisation Pensée Bataille (OPB), organisme secret mis en place par Fontenis pour conquérir la FA. Il adhéra ensuite à la FA reconstituée fin 1953 et appartenait également à la CNT.
En 1954, Bader fut convoqué à une réunion organisée par Arru pour qu’il s’explique sur son action au sein de l’OPB, dont il n’avait révélé son appartenance à personne. A l’issue de cette réunion, Bader démissionna de la FA.
Dans les années 1960 il était membre du groupe FA3-Bakounine de Marseille, formé de jeunes militants dont plusieurs furent ensuite membres de la tendance à l’origine de la formation de l’Organisation Révolutionnaire Anarchiste (ORA). Depuis octobre 1967, Bader animait une école du militant anarchiste, cours de formation dont il avait un des premiers en France défendu le principe, et ce jusqu’à sa mort survenue à Marseille le 17 février 1968.

SOURCES : Le Monde libertaire, n° 141, avril 1968. — Le Monde, 25-26 février 1968.— G. Fontenis, L’autre communisme…, op. cit. — S/ Knoerr-Saulière & F. Kaigre, Jean-René Saulière dit André Arru..., op. cit.

Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy

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