Né le 29 mai 1883 à Véretz (Indre-et-Loire), mort le 17 avril 1989 à l’hôpital de Tours ; vigneron, agriculteur, apiculteur ; poète et chansonnier anarchiste.

Eugène Bizeau (1983)
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Deuxième enfant d’une famille de vignerons républicains et libres penseurs, Bizeau obtint à treize ans son Certificat d’études primaires ; puis il exerça divers métiers, domestique, casseur de pierres, avant de devenir vigneron.
À 14 ans, il reçut d’ouvriers des chemins de fer des publications libertaires et s’abonna au Père Peinard et au Libertaire. Il lisait beaucoup et collabora par chansons et poèmes à de nombreux périodiques anarchistes : l’anarchie de Libertad, dès 1907, L’Idée libre, Hors du troupeau, les Réfractaires. Il participa au groupe de poètes et chansonniers révolutionnaires « La Muse Rouge » qui le présentait comme « un des meilleurs poètes-chansonniers de l’heure présente. Modeste, timide même », et publia en 1910 et 1914 deux recueils de vers : Balbutiements et Verrues Sociales.
Réformé en 1914, il écrivit des poèmes pacifistes et antimilitaristes et collabora au Réveil de Bertoni*, au Semeur de Pierre Chardon*, à CQFD de Sébastien Faure*, et aux journaux d’Armand* jusque dans les années 1950.
En 1916, il s’unit avec une institutrice, Adélaïde Chambonnière (voir Anne Bizeau), qu’il avait connue par les journaux d’Armand et dont il eut deux enfants. Il vivait avec sa famille à Massiac (Cantal), travaillant comme jardinier et agriculteur. Il continuait à collaborer à de nombreuses publications anarchistes.
En 1921, pour sauver Sacco et Vanzetti, il exhortait dans Le Libertaire : « Il faut que notre voix, grondant vers l’Amérique, aille exiger pour eux justice et liberté. » En 1929 puis en 1934, ses poèmes furent mis en musique et enregistrés ; ils passèrent même, durant la révolution espagnole, sur les ondes de Radio Barcelone.
Fin 1944, la famille Bizeau retourna à Véretz, et Eugène Bizeau reprit le travail de la vigne en continuant d’écrire. En 1980-1981, toujours alerte, il participa au tournage d’un court métrage : Écoutez Bizeau réalisé par Bernard Baissat* avec la participation de l’historien Robert Brécy. Ce film contribua a donner une nouvelle notoriété au vieux chansonnier qui passa le cap des cent ans entouré d’amis et d’artistes. Les éditions Pirot publièrent un livre intitulé Eugène Bizeau a cent ans ; elles rééditèrent par la suite plusieurs de ses recueils.
Eugène Bizeau mourut le 17 avril 1989 à l’hôpital de Tours, à près de cent six ans. Il fut enterré à Véretz.
Ses poèmes et articles furent publiés dans une quarantaine de titres de la presse anarchiste francophone.

ŒUVRE : citée dans la notice.

SOURCES : État civil de Veretz. — Le Semeur contre tous les tyrans, octobre, novembre, décembre 1927. — Terre libre, n° 25, juin 1936. — Libération, 27 juin 1983. — Le Monde, 29-30 septembre 1985. — L’Humanité, 19 avril 1989. — René Bianco, « Un siècle de presse anarchiste » – Robert Brécy, biographie in Eugène Bizeau a 100 ans !, Paris, Christian Pirot, 1983 — Serge Mazières, Prémices du syndicalisme des fonctionnaires et ouvrières d’État (Cantal), sd, Aurillac.

Jean Maitron, Claude Pennetier, notice complétée par Marianne Enckell

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