AMIGUET Alfred [Dictionnaire des anarchistes]

Par Marianne Enckell

Né le 11 avril 1885 au Sépey (canton de Vaud, Suisse), mort le 27 avril 1963 à Genève ; peintre, électricien ; anarchiste et syndicaliste.

Apprenti typographe, peintre en bâtiment puis électricien, Alfred Amiguet dès son adolescence était un lecteur des Temps Nouveaux de Jean Grave et d’ouvrages anarchistes. Il connut Bertoni lors d’une conférence de celui-ci à Montreux.

Il vécut à Saint-Claude (Jura français) de 1901 à 1906 (condamné à un mois de prison par défaut pour entrave à la liberté du travail), à Vevey de 1906 à 1907 puis à Nice pendant 14 mois. Il s’établit à Genève depuis septembre 1910.

Secrétaire non rémunéré de la Fédération des Unions ouvrières de Suisse romande FUOSR (1907-1908), il était notamment chargé de propager le syndicalisme dans les régions ou les métiers où ce dernier n’était pas représenté. Il prit une part active à la grève générale de mars 1907 à Vevey (condamné le 8 août à 15 jours de détention pour avoir frappé un soldat) et fut plusieurs fois condamné pour « outrage à l’autorité » (dans des discours publics à Vevey, avec le secrétaire de l’Union ouvrière de Lausanne Gustave Noverraz : 30 jours de prison, le 15 novembre 1907 ; pour un article dans la Voix du peuple, avec Henri Baud et Henri Bornand : 15 jours de prison et 50 francs d’amende, le 15 janvier 1908). Au procès de novembre 1907, il assuma avoir déclaré que "à l’exemple de Guillaume Tell, les ouvriers devaient se débarrasser des tyrans".

Il fut un collaborateur régulier puis l’éditeur responsable (1911-1914) de la Voix du Peuple syndicaliste révolutionnaire (publiée alors à Genève), où il signait parfois Louise Desprès ou A.A. Il fut plusieurs fois délégué à des congrès des Unions ouvrières et participa à nombre de manifestations.

Ami et collaborateur de Louis Bertoni, il donna notamment une série de conférences pour la libération de ce dernier en 1918-1919. Il écrivit régulièrement des articles dans le Réveil anarchiste de 1914 à la fin des années vingt, et collabora aussi au Falot publié par Clovis Pignat de 1915 à 1919. Pendant la détention de Bertoni en 1918-1919, il prit la responsabilité de la rédaction du Réveil avec Georges Herzig.

Amiguet collabora plus tard au Réveil clandestin de 1939 à 1946, enfin après la mort de Bertoni aux nouvelles séries de 1947 à 1960 (éditeur responsable pour la série 1947-1950). Il avait aussi conservé chez lui une partie des archives du Réveil et de la Bibliothèque Germinal, qui furent donnés au CIRA à sa fondation en 1958.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article153725, notice AMIGUET Alfred [Dictionnaire des anarchistes] par Marianne Enckell, version mise en ligne le 23 mars 2014, dernière modification le 10 décembre 2018.

Par Marianne Enckell

SOURCES : Dictionnaire historique de la Suisse (notice de Marc Vuilleumier) — Chantier biographique des anarchistes en Suisse (Gianpiero Bottinelli) – Archives fédérales suisses – Archives et correspondance au CIRA Lausanne. — Journaux cités.

Version imprimable Signaler un complément