PEYROTTE Aimé, Joseph, Élie

Par Jacques Girault

Né le 2 juillet 1927 à Gigean (Hérault), mort le 10 août 2008 à Montpellier (Hérault) ; instituteur dans l’Hérault ; militant du SNI.

Le père d’Aimé Peyrotte, ouvrier agricole, blessé pendant la Grande Guerre, assurait l’approvisionnement en fruits et légumes de la petite épicerie tenue par son épouse qu’elle abandonna après le décès de son mari en 1932, pour être employée comme femme de ménage. Aimé Peyrotte reçut les premiers sacrements catholiques. Elève du cours complémentaire de Paulhan, il entra à l’Ecole normale d’instituteurs de Montpellier et termina sa scolarité au lycée Henri IV à Béziers (1945-1946). Il effectua son service militaire en 1948-1949 comme soldat de deuxième classe à la base aérienne de Salon (Bouches-du-Rhône) comme vaguemestre.

Instituteur en 1948 à Diot-et-Valquières, en 1949 à La Vacquerie, nommé en 1950 à Lunel-Viel, il obtint sa mutation pour l’école Louis Blanc à Montpellier en 1959. Muté en 1960 dans l’école du terrain Gély, puis à l’école de La Chamberte, dont il devint directeur en 1977. Il prit sa retraite cinq ans plus tard.

Il se maria en novembre 1953 à Lyon (VIIeme arr.) avec la fille d’instituteurs, future professeur dans un établissement d’enseignement secondaire de Montpellier, qu’il avait connue lors d’un stage syndical en Savoie. Le couple eut deux filles.

Politiquement, Peyrotte adhérait à la Quatrième Internationale puis à l’Organisation communiste internationaliste qu’il quitta dans les années 1970. Il affirma sa solidarité avec la Yougoslavie en participant à une brigade internationale en 1951 et lutta contre la politique coloniale de la France notamment au moment de la guerre d’Algérie.

Membre du conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des instituteurs, Aimé Peyrotte, lors des Journées des Jeunes du SNI à Limoges, les 5-6 avril 1950, intervint après le rapport de Denis Forestier, pour préconiser que l’action devait partir de la base et non du sommet. Délégué au congrès national du SNI, le 19 juillet 1950, il exprima son accord avec la majorité. Devenu secrétaire de la section départementale en 1952-1953, délégué à la réunion du conseil national du SNI, le 15 juillet 1952, il intervint dans la discussion sur la Tunisie pour critiquer l’attitude du SNI à l’égard de la Tunisie car il fallait, selon lui, faire confiance au mouvement syndical tunisien qui avait des revendications modérées. Lors du congrès qui suivit, il dénonça l’oppression coloniale en Tunisie. Ces interventions reflétaient la constante internationaliste de ses options militantes. L’année suivante, au congrès de Pau, le 17 juillet 1953, il se montra plus critique, dénonçant les atteintes à la liberté dans le monde et regrettant le retard du bureau national du SNI dans la dénonciation des entraves à la liberté du colonialisme français. A la fin de l’année, il fut candidat pour l’élection du bureau national, en septième position sur la liste « des Amis de L’École émancipée ». Resté membre du conseil syndical de la section départementale du SNI, il fut le responsable de la commission des jeunes en 1955-1956. A nouveau candidat au bureau national, en sixième position sur la liste « Pour un syndicalisme de combat et d’efficacité » par les « Amis de L’École émancipée » en décembre 1959, il fit partie de la commission de dépouillement des votes.

Redevenu secrétaire de la section départementale du SNI en 1960-1961, Peyrotte expliqua, lors du congrès du SNI, le 5 juillet 1960, l’abstention de sa section dans le vote sur le rapport moral par l’abandon de la revendication de la nationalisation de l’enseignement. Il figura à nouveau, en huitième position, à la fin de l’année 1961, pour l’élection au bureau national du SNI sur la liste « Pour un syndicalisme révolutionnaire. Programme des Amis de L’École émancipée » sur la liste conduite par Paul Duthel. Lors du congrès national, le 13 juillet 1962, il critiqua le manque de vigueur de l’action laïque du SNI. Toujours secrétaire de sa section, il effectua de fortes interventions, comme celles aux réunions du conseil national, après le rapport sur la carte scolaire et l’organisation des collèges d’enseignement général où il proposa de boycotter la participation aux Comités techniques académiques pour la carte scolaire (23 décembre 1962), jugea que l’action revendicative du SNI n’était pas « réaliste » (1er avril 1963) ou présenta les analyses de son courant de pensée, lors du congrès du SNI, le 8 juillet 1963, sur la défense laïque et la défense des libertés. Il fut à nouveau candidat au bureau national en décembre 1964 sur la liste « Pour un syndicalisme révolutionnaire : Programme des Amis de l’École émancipée ».

Peyrotte était, en 1958, le secrétaire départemental de section de la Fédération de l’Éducation nationale, responsabilité qu’il exerça en alternance avec le secrétariat départemental du SNI.

Après sa retraite, il resta membre du SNI. Toutefois, partisan de l’unité dans la FEN, il désapprouva l’exclusion du Syndicat national des enseignements de second degré de la FEN. Il quitta alors le SNI et adhéra personnellement à la Fédération générale des retraités.

Politiquement, Peyrotte adhérait à la Quatrième Internationale puis à l’Organisation communiste internationaliste qu’il quitta dans les années 1970.

Apportant son soutien aux mouvements laïques pendant toute sa carrière, Peyrotte milita dans l’organisation départementale des Pupilles de l’école publique qui gérait plusieurs colonies de vacances. Membre du bureau départemental, après sa retraite, il en devint le secrétaire départemental et conserva cette responsabilité jusqu’au début des années 1990.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article153140, notice PEYROTTE Aimé, Joseph, Élie par Jacques Girault, version mise en ligne le 6 février 2014, dernière modification le 9 avril 2017.

Par Jacques Girault

Iconographie ; Aimé Peyrotte en 1978.

SOURCES : Arch. Dép. Hérault (Nicolas Gibert), 2147 W 394, 2236 W 51 — Renseignements fournis par sa veuve. — Presse syndicale. — Note de Louis Botella.

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