NESSAH Amar ou NESSAR Amar [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Né le 22 mai 1903 à Fort National (Larbaa Nath Irathen) ; émigré dans les mines du Nord-Pas-de-Calais (France) ; syndicaliste CGTU et communiste, élève de l’école communiste de Bobigny (près de Paris) puis de l’École d’orient à Moscou.

Un algérien nommé simplement Amar est cité comme ayant été emprisonné pour action antimilitariste par le journal d’agitation communiste auprès des soldats, La Caserne du 5 juin 1926 ; à cette date, la CGTU et les Jeunesses communistes font campagne contre la guerre du Rif et de Syrie. Cet Amar était un soldat du 9e régiment de dragons ; il fut condamné à 8 mois de prison. Le rapprochement, fait quelquefois, avec Amar Nessah ou Nessar est fort problématique.

Pour Amar Nessah, dont le nom est transcrit du russe, on dispose de l’autobiographie qu’il a rédigé en 1924 alors qu’il était désigné pour rejoindre l’École d’Orient de l’Internationale communiste à Moscou, et publiée à titre d’exemple de « militant colonial » par A. Kurella en 1925 (La Génération léniniste). Amar Nessah se présente comme né le 22 mai 1903 à Fort National (Larbaa Nath Irathen) dans le massif du Durdjura en Kabylie. Il suit de 9 à 15 ans l’école des Pères blancs qui lui donnent une instruction catholique, puis le placent dans une de leur ferme. « Ils m’ont nourri, habillé et m’ont donné une certaine instruction ». Il s’en va ensuite travailler à Alger dans une usine d’engrais pendant 3 ans puis quitte l’Algérie pour la France et est recruté comme manœuvre dans les mines du Pas-de-Calais en pleine reconstruction d’après guerre.

C’est un mineur syndicaliste à la CGTU qui l’amène au communisme. « J’ai compris qu’entre le catholicisme et le communisme, il y avait une grande différence et j’ai abandonné le catholicisme pour intégrer les rangs de l’union ouvrière et paysanne ». À cette époque, la CGTU tient des Congrès ouvriers nord-africains dans le bassin minier et dresse le programme d’indépendance de l’Afrique du Nord par l’élection au suffrage universel d’une Assemblée nationale, qui deviendra bientôt le programme de l’Etoile Nord africaine ; en avril 1924, Amar Nessah adhère au Parti communiste.
Parce qu’il est instruit, il est aussitôt envoyé se former à l’École léniniste de Bobigny pour se préparer à poursuivre l’action du parti et du syndicat auprès de la « main-d’œuvre coloniale » que mène déjà Abdelkader Hadj-Ali* qui enseigne à cette école et organise la section nord-africaine de l’Union intercoloniale. Amar Nessar figure sur deux photos des « élèves de l’école communiste de Bobigny en 1924 » avec la mention : un algérien » et « un nord-africain » ; il tient à la main Le Paria, le journal de l’Union intercoloniale. Venu de Moscou, Alfred Kurella qui recueille sa biographie, le sélectionne pour aller poursuivre sa formation à l’École d’Orient à Moscou. On ne relève pas son nom parmi les promotions de cette école ; au reste après la sortie en 1925 du livre de A. Kurella, on ne trouve plus mention d’Amar Nessah.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article152585, notice NESSAH Amar ou NESSAR Amar [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 19 janvier 2014, dernière modification le 17 novembre 2016.

Par René Gallissot

SOURCES : RGASPI, 517 1 190. – Arch. de l’IC, dites Arch. de Moscou, BDIC, Paris. –A. Kurella, La génération léniniste. Moscou, 1925, traduit du russe par Macha Tournié. -Photos de l’École léniniste de Bobigny en 1924 dans DBMOF (Maitron), op.cit., t.16. — Notice par Claude Pennetier dans Maitron-en-ligne.

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