PESSEMESSE Paul, Ernest, Gabriel

Par Gérard Leidet, Jean Reynaud

Né le 10 octobre 1933 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; professeur d’éducation physique et sportive ; militant syndicaliste du SNEP, secrétaire de la section académique d’Aix-Marseille, membre de la CA nationale, secrétaire départementale de la FEN des bouches-du-Rhône ; maire communiste de Sivergues (Vaucluse).

Son père, retraité en 1933, fils de mineur, avait terminé sa carrière comme Inspecteur d’Académie à Marseille ; sa mère était infirmière. Paul Pessemesse, élève du lycée Saint-Charles à Marseille, obtint le baccalauréat (série Philosophie) puis poursuivit ses études d’Education physique et sportive, successivement aux CREPS de Voiron (Isère) en 1954-1955, de Toulouse (Haute-Garonne) en 1955-1956 et de Talence-Bordeaux (Gironde) en 1956-1958.

Nommé professeur au lycée technique de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais) à la rentrée 1958, il épousa le 4 mai 1959 à Boulogne-sur-mer Jeanne Malveault, également professeur d’EPS. Le couple eut trois enfants.

Peu après son mariage, il partit effectuer son service militaire. Incorporé directement en Algérie à la fin mai 1959, dans un régiment de blindés-cavalerie, il décida de suivre le peloton des élèves-officiers de réserve et revint pour six mois en France à Saumur (Maine-et-Loire) En février 1960, sous-lieutenant, il fut affecté dans une unité combattante en Algérie, « où sa prudence et quelque chance aussi, lui évitèrent de rencontrer les combattants de l’Armée de Libération Nationale ». Transféré à Nîmes (Gard) dans un centre d’instruction (décembre 1960-août 1961), il participa avec d’autres gradés du contingent à l’organisation d’une éventuelle résistance armée au « putsch des généraux ».

Professeur certifié, puis agrégé d’EPS, Pessemesse revint à Boulogne jusqu’en 1963, puis enseigna successivement au CREPS de Talence-Bordeaux (1963-1965), et aux Facultés Saint-Charles (1965-1969) et Luminy (1969-1993) de Marseille.

Étudiant, il militait pour que les IPES forment aussi les professeurs d’EPS. Dès 1958, il s’engagea au Syndicat national de l’Éducation physique) dans le courant de pensée « Unité et Action ».

Responsable local dans ses établissements successifs, il fut secrétaire pédagogique dès son arrivée à Marseille en 1965. Il devint secrétaire départemental en 1968, et participa au changement de majorité de la direction nationale du SNEP, « Unité et Action » remplaçant la direction « autonome » au congrès de Nice en 1969. Secrétaire académique (Aix-Marseille 1971-1982), succédant alors à Maurice Lionnet, il fut membre de la commission administrative nationale du SNEP de 1969 à 1980.

Le SNEP Aix-Marseille « lança la grève » en mai 1968. L’assemblée générale, devant l’état lamentable des installations sportives mises à la disposition de l’EPS pour les épreuves d’examens, avait décidé d’appeler à la grève si la situation perdurait au début mai 1968.

Paul Pessemesse était membre de la CA de la Fédération de l’Éducation nationale des Bouches-du-Rhône. En 1971, sous la pression amicale et convergente de la majorité de cette CA, il fut « amené à accepter » d’être secrétaire départemental de la FEN, responsabilité qu’il assuma, avec beaucoup d’engagement, pendant deux ans. De par cette fonction, il se retrouva président du Comité départemental d’action laïque et prit l’initiative d’une manifestation des organisations laïques. Après plusieurs péripéties quant aux conditions d’appel et de déroulement, le 19 juin 1972, plus de 6 000 manifestants se réunirent autour du kiosque des Mobiles, puis défilèrent ensuite sur la Canebière et jusqu’à la Préfecture à l’appel des quatre organisations du CDAL (FEN, Syndicat national des instituteurs, Parents d’élèves Cornec, Amis de l’Instruction laïque), auxquels s’étaient joints, pour la première fois ensemble depuis longtemps, l’UNEF, la CGT, la CFDT, le Parti communiste français, le Parti Socialiste, le Parti Radical-Socialiste, l’Union Progressiste, la Ligue des Droits de l’Homme. Au kiosque des Mobiles, entre Gaston Defferre et François Billoux, Paul Pessemesse s’exprima seul au nom de tous, « pour la défense et la promotion de la laïcité, et pour l’exigence d’un enseignement démocratique et de qualité ». Cette manifestation eut un grand écho et contribua à crédibiliser la signature du Programme commun de gouvernement des partis de Gauche qui intervint le 29 juin suivant.

Retraité, il fut élu maire, de 2001 à 2004, de Sivergues, une très petite commune du Nord-Lubéron vauclusien (50 habitants). Soucieux de redonner vie au village, il créa quatre appartements sociaux pour les jeunes.

Adhérent du Parti communiste français depuis 1963, il participa à sa vie interne, notamment en contribuant à la création des cellules du CREPS de Toulouse et de l’Université de Luminy. Il fut secrétaire de cette dernière cellule de 1990 à 1993. A l’automne 2007, il se déclara « en congé de parti, après de vains efforts pour que la Gauche, une vraie Gauche, présente une candidate unique à la présidentielle de 2007 »

Jeanne Pessemesse, professeur aux lycées Saint-Exupéry, puis Daumier, de Marseille, était très attachée à la qualité de son enseignement, qualité reconnue par ses élèves. Mais par delà, c’est grâce à son activité au quotidien, à son dévouement, que Paul Pessemesse put assurer ses responsabilités militantes.

En 2008, Paul et Jeanne habitaient toujours à Endoume, à Marseille.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article152467, notice PESSEMESSE Paul, Ernest, Gabriel par Gérard Leidet, Jean Reynaud, version mise en ligne le 16 janvier 2014, dernière modification le 22 octobre 2018.

Par Gérard Leidet, Jean Reynaud

SOURCES : Archives syndicales. — Témoignage de l’intéressé. — Notes de Jacques Girault.

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