SAADOUN Allal [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Né le 11 décembre 1905 à Alger, mort en février 1986 ; collaborateur de La Voix des Humbles, revue de l‘Association des instituteurs d’origine indigène, militant du SNI, secrétaire adjoint de la section d’Oran en 1944 ; secrétaire adjoint de l’UL CGT d’Oran en 1936, et à partir de 1937, de l’UD CGT d’Oranie jusqu’en 1947 ; rapporteur au congrès de la Fédération SFIO d’Oranie en 1936 et 1938, trésorier fédéral adjoint de la SFIO d’Oranie (1938) ; membre du Comité de coordination d’Oranie du Front populaire et du Congrès musulman ; collaborateur d’Oran républicain ; en 1948, membre du CA de la section d’Oran de la MGEN .

De famille kabyle, ayant la pleine citoyenneté française, A. Saadoun appartient depuis 1925 au courant d’assimilation française par l’école et le syndicat de La Voix des Humbles et de l’Association des instituteurs d’origine indigène. Avec un moindre affichage de son option française que son collègue oranais Saïd Faci* qui le précède, il combat principalement pour l’égalité avec les instituteurs ayant le statut français d’instituteur. En socialiste assimilateur, il demande aussi la suppression des Délégations financières et le rattachement administratif plein et entier. Il est de toutes les manifestations de Front populaire dont il rend compte pour la presse au Foyer de la CGT à la Bourse du travail d’Oran dont il est la personnalité représentative au dire de Jacques Berque.

Il est aussi au SNI et une des figures de la SFIO d’Oranie ; à la différence des instituteurs français de la Fédération de la SFIO qui sont d’abord des politiciens en mal d’élections, A. Saadoun se tient sur le versant social dans l’esprit du Front populaire comme le prouvent ses nombreux articles dans Oran républicain. Plus encore de 1936 à la guerre et à nouveau à partir de 1943, il est le responsable en second de la CGT en Oranie, associé à un secrétaire général communiste qui se charge des luttes proprement ouvrières. En 1948, en désaccord sur la stratégie de guerre froide, il veut se retirer ; en le faisant ovationner par le congrès, le communiste Elie Angonin* lui fait accepter son maintien au secrétariat ; mais son rôle devient honorifique.

Dans les tiraillements en Oranie entre Front populaire et Congrès musulman du fait de l’alliance entre communistes et le Cheikh Zahiri* en dehors de l’Association des Oulémas, Allal Saadoun est appelé en 1938 comme médiateur, d’autant qu’il n’est en rien dans les débats religieux. Après le débarquement allié de novembre 1942, il se situe dans la continuité du Front populaire en soutenant avec les communistes, les Unions et Fronts démocratiques. Il se réclame du groupe Résistance de la France « pour une politique démocratique et sociale en Algérie » agissant essentiellement à la CGT. Il assiste au congrès national de la CGT en France en 1946 ; en juillet 1948, il représente la Fédération SFIO d’Oranie au congrès socialiste tenu à Paris. Il passe à la représentation symbolique, ayant atteint le couronnement de sa carrière d’instituteur français en entrant en juin 1948 au Conseil d’administration de la section d’Oran de la MGEN.

Tout au long de son itinéraire, Allal Saadoun s’est montré proche de Joseph Begarra*, jouant un rôle de contacts avec l’UDMA de Ferhat Abbas d’autant qu’il collabore à la République algérienne dont il tient la chronique sociale depuis 1954. Quand Joseph Begarra sera conseiller de Guy Mollet au gouvernement, J. Begarra aura enore recours aux services d’A. Saadoun pour mener les contacts en 1956 entre SFIO et FLN, donnant le change sur l’ouverture de négociations.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article152156, notice SAADOUN Allal [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 9 janvier 2014, dernière modification le 9 janvier 2014.

Par René Gallissot

SOURCES : Arch. Wilaya d’Oran. – Oran Républicain, 1938-1939 et 1947. J. Berque, Le Maghreb entre deux guerres Le Seuil, Paris, 1962. — H. Touati, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier d’Oranie, op.cit. – Claire Marynover, Joseph Begarra : un socialiste oranais dans la guerre d’Algérie, Paris, L’Harmattan, 2008. – Notes d’Omar Carlier.

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