PERRON Raymond, Louis, Victor

Par Jacques Girault

Né le 31 décembre 1916 à Crillat (Jura, devenue Saint-Maurice Crillat), mort le 9 mai 2007 à Champagnole (Jura) ; instituteur dans le Jura ; militant du SNI.

Journée du CNAL salle des fêtes de Lons le Saunier. Perron assis à la droite de l’orateur.
Journée du CNAL salle des fêtes de Lons le Saunier. Perron assis à la droite de l’orateur.

Fils de salariés des Chemins de fer vicinaux du Jura (père chef d’équipe sur la ligne, mère chef de gare), Raymond Perron reçut les premiers sacrements catholiques. Élève du cours complémentaire de Clairvaux-les-Lacs, il entra à l’École normale d’instituteurs de Lons-le-Saunier en 1935.

Perron, instituteur à l‘école Pointelin à Dole, effectua son service militaire à Nantes. Élève officier de réserve, nommé aspirant d’administration (service de santé) en février 1940, il fut affecté à Vesoul (Haute-Saône) puis à Fougerolles (Haute-Saône). A la débâcle, replié au Vigan (Gard) puis à Tarascon (Bouches-du-Rhône) comme gestionnaire de l’Hôpital complémentaire, il fut démobilisé en septembre 1940. Nommé instituteur à Châtillon-sur-Ain (Jura) à la rentrée 1940, il occupa ce poste jusqu’en 1955 tout en étant secrétaire de mairie et membre du Syndicat National des Instituteurs Secrétaires de Mairie. Dans cette commune, proche de la ligne de démarcation, il utilisa ces fonctions pour fabriquer et fournir des faux papiers, notamment aux réfugiés qui tentaient de passer en Suisse.

Il se maria religieusement en septembre 1942 avec une institutrice, fille d’un cultivateur aisé, maire de Ney, village proche de Champagnole. Le couple eut trois enfants qui reçurent les premiers sacrements.

Passionné de pédagogie, il mit en place un enseignement actif selon la méthode de l’École moderne Célestin Freinet (journal de classe, imprimerie, etc…) et la fit découvrir aux jeunes instituteurs en stage dans son école. Cette pédagogie laissa à ses anciens élèves un souvenir très vif qu’ils manifestèrent en organisant une journée de remerciements en son honneur et celui de son épouse en 2002. Plus de quatre-vingts personnes participèrent à cette fête.

Nommé à Champagnole à la rentrée 1955, il y exerça jusqu’à son départ en retraite en 1972, d’abord à l’école du Boulevard puis à celle des Combettes qu’il dirigea.

A partir de 1957, Perron devint secrétaire général de la section départementale du Syndicat national des instituteurs. Lors de la journée pédagogique précédant le congrès national du SNI, le 16 juillet 1957, après le rapport de Georges Lauvergnat sur les « Programmes et méthodes du cours moyen », il intervint pour souhaiter que les horaires et les programmes respectent la liberté pédagogique. Lors de la réunion du conseil national du SNI, le 31 mars 1958, il intervint, lors de la première séance, après rapport de Pierre Desvalois, sur le fonctionnement des organismes paritaires et l’accélération de l’avancement et évoqua les difficultés rencontrées lors des réunions de la Commission administrative paritaire départementale. Assesseur de la réunion du conseil national du 4 juillet 1959, lors du congrès national du SNI à Strasbourg, à nouveau assesseur, le 6 juillet 1960, il apporta sa contribution dans la discussion du rapport de Robert Dernelle sur la vie à l’école. Il était toujours secrétaire du SNI en 1961-1962.

Laïc, mais pas anticlérical, non pratiquant, il fut très actif dans la campagne du Comité national d’action laïque contre la loi Debré en 1959.

Au moment de la guerre d’Algérie, Perron, dans la presse syndicale départementale, approuva les propositions du secrétaire général du SNI Denis Forestier. Il estimait que « le moment n’est plus de créer des comités irresponsables, mais de mobiliser toutes les organisations, tous les gens de bonne volonté » aussi bien en France qu’en Algérie. La Fédération de l’Éducation nationale était, selon lui, « bien placée pour assurer les liaisons nécessaires ». Au lendemain du 27 octobre 1960, il critiqua un « article regrettable » de la CGT mettant an cause l’attitude de la FEN lors de cette journée. Il souhaitait le succès de la prochaine manifestation à Champagnole. 

Par la suite, le 24 mai 1968, Perron prit la parole au nom de la FEN devant 1 500 personnes (Regard sur le Jura, 2 juin 1968).
Homme de gauche, sympathisant socialiste, Perron, proche d’André Socié*, maire socialiste de Champagnole de 1946 à 1973, ne fut jamais candidat à une élection. Il était très réticent devant la double appartenance partis-syndicats.

Après sa retraite, toujours syndiqué, membre de la Fédération générale des retraités, il exerça aussi les fonctions de directeur de la coopérative HLM « Maison Pour Tous », pendant plusieurs années.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article152020, notice PERRON Raymond, Louis, Victor par Jacques Girault, version mise en ligne le 6 janvier 2014, dernière modification le 6 janvier 2014.

Par Jacques Girault

Journée du CNAL salle des fêtes de Lons le Saunier. Perron assis à la droite de l’orateur.
Journée du CNAL salle des fêtes de Lons le Saunier. Perron assis à la droite de l’orateur.
Perron à la tribune d’une assemblée générale du SNI salle des fêtes de Lons le Saunier dans les années 1960.
Perron à la tribune d’une assemblée générale du SNI salle des fêtes de Lons le Saunier dans les années 1960.
Manifestation de Vincennes, Perron avec une cravate, à droite un peu en arrière du porte-banderole.
Manifestation de Vincennes, Perron avec une cravate, à droite un peu en arrière du porte-banderole.

SOURCES : Renseignements fournis par son fils. — Presse syndicale. — Notes de Rémy Gaudillier.

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