PERREIN Jacques, André

Par Jacques Girault

Né le 11 février 1939 à Épernay (Marne), mort le 24 mars 2014 à Épernay ; instituteur ; militant syndical ; militant communiste, maire communiste d’Épernay, conseiller général.

Photo d’identité des années 1960-1970.
Photo d’identité des années 1960-1970.

Fils d’un employé à la SNCF et d’une mécanicienne, militants de la CGT (sa mère, déléguée syndicale dans son entreprise), Jacques Perrein fut seulement baptisé. Élève des collèges de Reims puis d’Épernay, devenu lycée, il entra en 1955 à l’École normale d’instituteurs de Châlons-sur-Marne. Titulaire du baccalauréat (série « Sciences expérimentales »), il effectua, avec sa promotion, un voyage en URSS en 1960. Il exerça le métier d’instituteur à partir de 1960 et revint rapidement à Epernay (écoles Jean Jaurès, puis Bachelin jusqu’en 1977, Belle Noue après 1983 et jusqu’à sa retraite en 1994 après une année de congé de maladie).

Il effectua son service militaire dans une unité d’artillerie portée (parachutisme) en 1961-1962 à Tarbes (Hautes-Pyrénées), à Châlons, puis partit en Algérie où il termina brigadier chef. Il adhéra et milita par la suite à la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie.

Il se maria avec Monique Rigaud, employée de bureau lors du mariage, originaire du Doubs, sympathisante communiste qui adhéra au Parti communiste français en 1972, fille d’un militant communiste. Le couple eut une fille et un garçon.

Adhérent du SNI depuis la dernière année d’ENI en 1959, responsable syndical de sa promotion, dans les années 1960 il fit partie du bureau et du secrétariat de la section d’Épernay de la Fédération de l’Éducation nationale au début des années 1970.

Perrein adhéra au PCF en 1956 en entrant à l’ENI. Secrétaire de la cellule Aragon à Châlons, il devint secrétaire de la cellule communiste d’Épernay-Nord. Membre du comité et du bureau de la section communiste d’Épernay, il devint dans les années 1970 secrétaire politique de cette section et suivit l’école centrale d’un mois du PCF en juillet 1972 et un stage en 1979. Membre du comité de la fédération communiste de 1965 à 1968, du bureau fédéral (1968-1985), puis du secrétariat fédéral (1985-1987), il redevint membre du bureau fédéral (1987-1990). Président de l’association départementale des élus communistes et républicains, il fut seulement membre du comité fédéral de 1990 à 1994.

Il participa à une seule réunion de la Libre Pensée en 1965 qu’il jugea « trop sectaire et oublieuse de tout contexte économique et social ». Il militait dans les associations de parents d’élèves, dans l’association « Télé-Liberté », et s’occupait des « Échanges franco-allemands » signant comme maire un pacte d’amitié avec Gusrrow (République démocratique allemande).

Perrein fut élu maire d’Épernay en 1977 à la tête d’une liste d’union de la gauche, triomphant de peu (50,99 % des suffrages exprimés) de la liste de l’ancien maire Bernard Stasi. Il devint président du district. En 1983, au premier tour, la liste unique à gauche laissa la place à trois listes au premier tour. Au premier tour, la liste de droite conduite par Stasi obtint 49,58 % des voix, la liste communiste arrivant ensuite avec 26,57 % des suffrages. Au deuxième tour, la liste du maire sortant ne retrouva pas l’ensemble des voix des deux autres listes de gauche et avec 46,51 % des voix, eut huit élus dont le maire sortant. Il fut réélu dans les mêmes conditions en 1989 et ne se représenta pas en 1995.

Comme maire, Perrein s’efforça d’associer la population par quartiers à l’élaboration du budget, aida les associations, eut à maintenir l’unité dans le conseil. Furent créés des transports en commun en régie et des tarifs de cantine selon le quotient familial. Il anima aussi un projet de contournement routier de la ville qui fut abandonné par la suite.

Candidat en 1979 au Conseil général dans le deuxième canton d’Épernay, il arriva en tête de la gauche avec 3 610 voix et fut élu le dimanche suivant avec 4 463 voix. En 1985, à nouveau candidat au Conseil général, il n’obtint que 2 378 voix. En « situation très délicate » selon la presse, il fut battu avec 4 209 voix, ne faisant pas le plein des voix de gauche au premier tour.

Candidat aux élections législatives régulièrement (1978, 1983, 1988, 1993), Perrein en mars 1993 arriva en quatrième position avec 4 602 voix sur 66 224 inscrits. Premier candidat de gauche, il fut distancé par celui de la droite. L’élection fut invalidée. Lors de l’élection partielle de décembre 1993, il annonça que, pour des raisons de santé, il ne se représenterait pas.

Retraité, syndiqué au SNUIPP (FSU), Perrein, militant du PCF, adhérait aux « Fils de Valmy » (mémoire de la Révolution française) et soutenait les actions du Secours populaire.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article152007, notice PERREIN Jacques, André par Jacques Girault, version mise en ligne le 6 janvier 2014, dernière modification le 8 avril 2014.

Par Jacques Girault

Photo d’identité des années 1960-1970.
Photo d’identité des années 1960-1970.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Presse nationale.

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