ODIÈVRE Jean [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Syndicaliste CGT des postiers ; dirigeant de l’UGSA continuant la CGT en Algérie.

À la transformation de la CGT en UGSA (Union générale des syndicats algériens) en juin 1954, Jean Odièvre en devient le trésorier ; il vient du syndicat CGT des postiers. Avec Lakhdar Kaïdi*, secrétaire général qui appartient au PCA (Parti communiste algérien), son adjoint Driss Oudjina* qui est membre de la commission syndicale du MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques), il forme un trio de direction qui se veut représentatif.

Alors que les syndiqués « européens » quittent en nombre l’UGSA, Jean Odièvre représente les syndicalistes qui restent fidèles et défendent donc « la libre disposition du peuple algérien », ce qui veut dire indépendance afin d’échapper aux poursuites, et demandent de « négocier avec ceux qui se battent ». Ce trio de direction veut sauver l’unité syndicale ; à partir de décembre 1955, se précisent les projets de créer une centrale nationale tant de la part des messalistes qui vont fonder le MNA (Mouvement national algérien), qu’en réplique, des responsables du FLN à Alger ; les négociations entre nationalistes vont échouer faisant place à l’USTA (Union syndicale des travailleurs algériens) puis à l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens). Quand Le Travailleur algérien, organe de l’UGSA publie le 8 décembre 1955, un appel à préserver l’unité signé de 17 militants syndicaux détenus au camp d’Aflou, nationalistes et communistes mêlés, le texte est accompagné d’un article de chacun des membres du trio de direction. Jean Odièvre s’adresse aux Européens en leur demandant de défendre la maison commune pour un avenir ensemble du peuple algérien.

Au lendemain du 6 février 1956, Guy Mollet maintient l’audience proposée aux syndicats ; après avoir consulté au reste les dirigeants FLN d’Alger (Ramdane Abbane* et Benyoussef Ben Khedda*), c’est accompagné de Driss Oudjina et Jean Odièvre que Lakhdar Kaïdi* est reçu par Guy Mollet assisté d’Albert Gazier, ministre socialiste et syndicaliste chargé des questions sociales. L’entretien est interrompu quand après avoir évoqué ceux qui se battent, L.Kaïdi* est traité de représentant des fellagas et non des syndicats.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article151911, notice ODIÈVRE Jean [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 4 janvier 2014, dernière modification le 17 février 2014.

Par René Gallissot

SOURCES : B. Bourouiba, Les syndicalistes algériens, op.cit. — N. Djabi, Kaïdi Lakhdar. Une histoire du syndicalisme algérien. Entretiens, Chihab éditions, Alger 2005.

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