BRICHE Alfred, Louis

Par René Lemarquis, Claude Pennetier, Jean-Luc Pinol

Né le 10 août 1888 à Lille (Nord) ; cheminot dans la Seine ; syndicaliste CGTU puis du syndicat réunifié, créa un syndicat autonome des employés de chemins de fer ; communiste.

Alfred Briche était le fils d’un jounralier. Marié une première fois à Aubervillers en mai 1913, il était père de deux enfants et habitait 22, rue Magenta à Pantin (Seine).
En 1926, son loyer annuel s’élevait à 400 F. Il était mécanicien ajusteur et travaillait, depuis 1912, aux ateliers des chemins de fer de l’Est à Noisy-le-Sec (Seine). Après avoir effectué son service militaire de 1909 à 1911, il fut mobilisé dans son emploi pendant toute la Première Guerre mondiale. Membre du syndicat de cheminots de Paris-Est, il siégea au comité intersyndical de Pantin en 1922 et devint, en juin 1923, secrétaire à la propagande de l’Union des syndicats unitaires du Réseau de l’Est — (voir Albert Serrurier). Il conserva cette fonction jusqu’en 1926, date à laquelle il devint secrétaire général de l’Union qui comptait alors 46 syndicats et 4 500 adhérents. Le bureau, outre Briche, comprenait Charles Cordier, Charles Buat, Pierre Duragnon, Octave Lambert et Gavillet. En 1927, Alfred Briche était toujours secrétaire de cette Union.

En juin 1925, il devint trésorier adjoint de la Fédération nationale des Travailleurs des Chemins de fer de France et des colonies et pays de protectorat (CGTU). En 1926, il était membre de la commission exécutive fédérale.

À la fin de l’année 1926, Briche, qui était secrétaire du sous-rayon de Pantin de la Région parisienne du Parti communiste, fit un voyage en URSS.
Briche était membre de l’Association républicaine des anciens Combattants. Il fut tête de liste communiste aux élections municipales de Pantin, en 1925 et 1929. Lors de ces dernières élections un conflit grave éclata entre Briche et le Comité du 10e Rayon qui repoussa, le 28 mai 1929, sa demande de coller une affiche sur les panneaux électoraux du PC et de s’expliquer devant les électeurs. Il semble d’après la résolution du Comité, que Briche n’ait pas été entièrement d’accord sur la caractérisation, par le 6e Congrès du l’ IC, de la social démocratie (social-fascisme). On lui reprochait, en effet, d’avoir déclaré qu’il considérait Auray, le maire socialiste, comme un camarade et « qu’une municipalité communiste ne ferait pas mieux qu’une municipalité socialiste ». Il aurait par ailleurs attaqué dans une réunion du sous-rayon, les membres du parti qui avaient décidé de l’exclure. Un appel de Briche à voter pour le candidat du BOP, Verpy* précisait pourtant « la nécessité de la lutte classe contre classe » et que jamais il n’avait pensé « qu’il était possible de présenter... aux travailleurs de Pantin les socialistes Auray et Marsais comme des êtres dignes de leur confiance ». La Commission de contrôle politique de la RP, dans une résolution du 9 juillet blâma le sous-rayon de Pantin qui « avait exclu Briche dans des conditions anormales » et que celui-ci devait être « réintégré dans le PC d’une façon publique son exclusion l’ayant été ». La CCP exigeait une réunion publique où le sous-rayon et Briche reconnaîtraient leurs torts respectifs. Le bureau et le comité du sous-rayon n’acceptèrent pas toute cette résolution et revinrent, dans une lettre du 11 septembre « sur la ligne politique fausse et la méconnaissance complète du rôle de la social-démocratie » de Briche. Ils reconnaissaient tout au plus « une faute tactique dans l’exclusion précipitée » et demandaient une révision de cette affaire ainsi que « l’interdiction de tout poste à Briche dans le Parti pendant trois ans ».

C’est vraisemblablement à la suite de ce désaccord que Briche concentra son activité sur le syndicalisme où il avait des responsabilités importantes. Il avait été délégué aux 3e, 4e, 5e et 6e Congrès nationaux de la CGTU au titre de la Fédération des Cheminots en 1925, 1927, 1929 et 1931. Mais il ne le fut pas au 7e en 1933 alors qu’il était secrétaire depuis 1931 du syndicat unitaire des cheminots de Noisy-le-Sec. Après la réunification syndicale, Briche aurait été permanent de l’Union du Réseau de l’Est et fut membre titulaire du Conseil fédéral de la Fédération CGT des cheminots. Il fut délégué au 24e congrès confédéral de Toulouse en mars 1936 au titre de l’Union départementale Ain-Jura et de sa Fédération et au 25e de Nantes en 1938 pour l’UD-Jura et sa Fédération des cheminots.

Arrêté et interné en Algérie, il était toujours militant syndicaliste après la Libération. Alfred Briche créa en 1947 un syndicat autonome des employés de chemins de fer.

Il se remaria en mars 1951 à Pantin.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article1514, notice BRICHE Alfred, Louis par René Lemarquis, Claude Pennetier, Jean-Luc Pinol, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 31 janvier 2012.

Par René Lemarquis, Claude Pennetier, Jean-Luc Pinol

SOURCES : RGASPI, 495 270 2451, dossier sur la crise Briche de Pantin, mai-septembre 1929. — Arch. Nat. F7/13003, F7/13108 (rapport du 5 février 1927), F7/13669, F7/13671, F7/13672, F7/13673 et F7/13674. — Arch. PPo. 308. — Compte rendu du congrès de la Fédération nationale des travailleurs de chemins de fer, 1938. — Journal de Saint-Denis, 30 mars 1935. — J. Boutonnet, L’implantation du Parti communiste à Pantin dans l’entre-deux-guerres, Mémoire de Maîtrise, op. cit. — Cahiers d’Histoire de l’Institut Maurice ThoreZ, n° 19, 4e trimestre 1976.— Etat civil.

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