AMIAUX Bernard

Par Bernard Massera

Né le 15 septembre 1941 à Colombes (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 20 novembre 1998 à Suresnes (Hauts-de-Seine) ; ouvrier tôlier-soudeur, cadre administratif ; jociste (1958-1963) ; militant CFTC puis CFDT, délégué du personnel et au Comité d’établissement de Thomson à Sartrouville (Seine-et-Oise, Yvelines) en 1963, secrétaire du CE de Thomson Sartrouville (1969-1976), permanent à l’UPSM-CFDT (1976-1981) ; secrétaire général du Comité inter-entreprises Thomson (1981-1987) ; responsable de l’ingénierie sociale à DPS (1994-1998).

Fils d’Henri Amiaux et de Jeanne, Geneviève, Séraphine Travers, épiciers à Colombes, catholiques pratiquants, connus pour leur générosité envers les plus démunis, Bernard Amiaux était l’aîné d’un frère et de deux sœurs. Il fréquenta l’école publique Lazare-Carnot à Colombes et obtint le certificat d’études primaires en juin 1956. Sa mère étant alors décédée, il dut abandonner ses études, (il était en classe de seconde), pour contribuer, à partir de juillet 1958, comme coursier-livreur au commerce familial. En contact avec le père François Avril, aumônier des jeunes du Grand-Colombes, il s’engagea à la JOC.

Il entra à la Thomson, à Sartrouville, le 1er septembre 1959, comme apprenti tôlier-soudeur, et se syndiqua aussitôt à la CFTC. Appelé sous les drapeaux le 1er juillet 1961, il fut affecté à Montluçon (Allier), puis à Lunéville (Meurthe-et-Moselle) et enfin à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise, Yvelines), avant de partir en juin 1962 à Philippeville (Algérie). Il fut libéré le 23 janvier 1963.

De retour à la Thomson, il fut élu délégué du personnel et au Comité d’établissement et participa activement au mouvement national de solidarité envers les mineurs en grève en mars et avril 1963. Avec Michel Bourset* et Jean-Pierre Taulet*, il organisa l’accueil d’enfants de mineurs grévistes durant les vacances d’été. Il allait devenir secrétaire du comité d’établissement en 1969, responsabilité qu’il assumera jusqu’en 1976.

Artisan, au sein du groupe Thomson, de l’orientation vers la déconfessionnalisation de la CFTC, Bernard Amiaux fut désigné par sa section pour la représenter au conseil du syndicat de la construction électrique et électronique (SCEE-CFTC), créé en 1962 et qui était l’une des composantes de l’Union parisienne des syndicats de la métallurgie (UPSM-CFTC). Sollicité par Rémy Allanos pour devenir secrétaire permanent de l’UPSM, il accepta la proposition et, grâce aux accords de droit syndical de l’entreprise, put être détaché en congés sans soldes à la CFDT à partir du 18 octobre 1976.

L’UPSM, menant alors la restructuration de la CFDT métallurgie en région parisienne, faisait évoluer ses syndicats régionaux d’industrie (électrique-électronique, mécanique, automobile et aéronautique) vers des syndicats de la métallurgie inter branches au sein de quinze secteurs géographiques délimités selon les implantations industrielles. Bernard Amiaux anima à titre transitoire le « secteur métaux nord » qui devint le syndicat de la métallurgie des Nords de Seine (SMNS-CFDT) lors de son congrès constitutif, tenu le 22 juin 1978 à Argenteuil. Il y fut élu secrétaire général (1978-1981). Installé à la Bourse du travail de Colombes, il animait également l’Union locale CFDT de cette ville. Désigné par l’UPSM, en janvier 1977, pour représenter l’union au conseil de la Fédération de la métallurgie (FGM-CFDT), en remplacement de Fernand Penin*, puis candidat de son syndicat, soutenu par l’ensemble des syndicats de l’UPSM, il fut porté au Conseil fédéral lors du congrès de la FGM, en novembre 1977, à Strasbourg (Bas-Rhin). Il fut réélu au congrès de février 1981 à La Rochelle (Charente-Maritime).

En cette période de reflux important du nombre d’adhérents, les difficultés de l’UPSM ouvrirent, au sein de l’union, une crise qui aboutit à la suppression de postes de permanents dont celui de Bernard Amiaux. Il quitta ses fonctions de permanent le 30 septembre 1981 ainsi que ses responsabilités de conseiller fédéral, et son syndicat se retira de la politique de mise en commun des moyens financiers des syndicats de l’UPSM.

Bernard Amiaux accepta la responsabilité que lui proposait la CFDT, majoritaire dans le groupe Thomson, de gérer et d’animer le Comité inter entreprise (CIE), destiné au développement des activités socio-culturelles et de loisirs mises en commun par les comités d’entreprise du groupe, notamment les dizaines de colonies de vacances (octobre 1981-octobre 1987).

Soucieux des questions d’emploi et de réinsertion professionnelle, à la demande de Paul Calandra, directeur des ressources humaines du groupe Thomson, il intégra en janvier 1989 une cellule baptisée Mission pour l’emploi (MIPE), dont le rôle consistait à gérer les conséquences des plans sociaux. La MIPE, comprenant des représentants du personnel détachés, explorait aussi les possibilités de reclassement dans les bassins d’emploi accueillant les sites du groupe. En 1993, il fut chargé de la mise en œuvre du dispositif PAQUE (Préparation active à la qualification et à l’emploi) – programme conjoncturel financé par le gouvernement, pour aider le public en difficulté d’insertion – au sein du CIEFOP (Centre inter-entreprises d’études, de formation et de perfectionnement), filiale du groupe Thomson. Il fut mis par Thomson, en 1994, à la disposition de l’entreprise DPS (dialogue-partenaires-services), au titre de conseiller social, chargé de l’ingénierie d’insertion. DPS, se positionnant sur le marché du nettoyage industriel, embauchait des personnes en situation d’exclusion, chômeurs de longue durée et en fin de droits de ressources.

En partenariat avec l’IUT d’Orsay (Essonne) et des entreprises opératrices en techniques informatiques (IBM, Alcatel, Banque de France, EDF, L’Oréal, Thomson), Bernard Amiaux, au sein de DPS, construisit à partir de 1996 un programme ambitieux de formation en alternance, baptisé FIDJI (Formation et insertion des jeunes par l’informatique). Il permettait à des dizaines de jeunes, en échec scolaire, d’acquérir un métier. Alors qu’il recherchait de nouveaux partenariats avec des entreprises de la technopole de Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes), mais atteint d’un cancer contre lequel il luttait depuis plusieurs années, il mourut à cinquante-sept ans à l’hôpital de Suresnes et fut inhumé à Colombes.

Militant convaincu de l’insertion par l’économique, Bernard Amiaux, toujours disponible, intervenait à l’Inter-Thomson CFDT (structure regroupant l’ensemble des sections syndicales du groupe) lors des débats sur l’exclusion.

Il s’était marié en 1963 à Colombes avec Jacqueline Cabiran, militante CFDT dans la fonction publique. Après des études d’assistante sociale, celle-ci avait créé en 1960, avec sa commune, le service d’action sociale des HLM de Colombes, qu’elle anima jusqu’en 1992. Le couple qui adopta quatre enfants, nés en 1959, 1960 et 1968, fit partie d’une équipe locale d’ACO (Action catholique ouvrière) de 1963 à 1981.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article150528, notice AMIAUX Bernard par Bernard Massera, version mise en ligne le 24 novembre 2013, dernière modification le 24 novembre 2013.

Par Bernard Massera

SOURCES : Archives SMNS, UPSM-CFDT, FGMM-CFDT. — Archives de Jacqueline Amiaux. — Notes de Paul Calendra, Jacques Debesse. — Fidji objectif emploi, READ-ME, le magazine des collaborateurs IBM—, 11, juin-juillet 1998. — DPS bilan social récapitulatif au 30/11/1997, p. 4. — Entretiens avec Jean-Paul Sbeghen, 27 septembre 2012, et Jacqueline Amiaux, 10 juin 2010, 4 novembre 2011, 29 mars 2012 et 7 septembre 2013.

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