RAZUREL Léon

Né le 1er février 1922 et décédé le 19 mars 2000 à Lannion (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) ; journaliste puis directeur de coopérative de Lannion ; FTP et commandant FFI ; membre du comité de la fédération du PCF des Côtes-du-Nord (1948-1949) ; candidat aux élections cantonales à Lannion.

Léon Razurel était le fils d’un ouvrier agricole qui fut victime d’un accident du travail à 15 ans. Après la guerre 14-18, son père, employé dans une maison de fruits et légumes de Lyon, fut envoyé par ses employeurs en Bretagne où il décida de s’installer comme expéditeur. Il était politiquement de gauche et anticlérical.
Léon Razurel fit ses études au collège public de Lannion où obtint le bac mathématique élémentaire. Inscrit à l’université de Rennes de 1940 à 1943, il passa avec succès sa licence de droit. Son premier contact avec la Résistance eut lieu en 1942 au moment où il retrouva Louis Picard, militant communiste de Trézény dans le Trégor, qu’il avait connu avant-guerre. Picard, fait prisonnier en 1940, avait réussi à se faire rapatrier et avait été hospitalisé à Rennes sous contrôle allemand. Léon Razurel, alors étudiant, lui rendit visite et put ainsi l’aider à préparer son évasion de l’hôpital. Après avoir passé avec succès son dernier certificat de licences au début juin 1943, Léon Razurel entra aussitôt dans la clandestinité. Il reprit alors des contacts réguliers avec Picard, responsable du PC clandestin dans les Côtes-du-Nord. Léon Razurel participa à la mise en place des groupes FTP dans la partie rurale du Trégor. Au printemps 1944, l’état-major FTP des Côtes-du-Nord le nomma commissaire aux effectifs pour le secteur nord-ouest du Trégor (cantons de Plestin-les-Grèves et Plouaret). Il participa au moment du débarquement au sabotage de la voie ferrée Paris-Brest avec les membres du groupe « La Marseillaise ». Après avoir reçu un parachutage d’armes en juillet 1944, il prit une part active à la libération de Lannion puis de Plestin-les-Grèves. Après la libération de la Bretagne, il participa aux combats sur le front Lorient commandant le 13e bataillon « Le Du ». Le 28 octobre 1944, il fut grièvement blessé au bras par un éclat d’obus. Hospitalisé à Auray, puis à Lannion il subit une opération avec succès à Paris.
Après le 8 mai 1945, désigné pour suivre à Saint-Maixent, un stage de perfectionnement des officiers supérieurs, il fut affecté à la garde des prisonniers allemands dans différents camps bretons (Châteaulin, Brest, Rennes). Le Ministre de la guerre décida d’intégrer les officiers FFI dans l’armée régulière avec des grades revus et corrigés. Un des principaux critères retenus étant l’âge, Razurel fut rétrogradé du grade de commandant à celui de lieutenant de réserve. Refusant son reclassement, il fut démobilisé le 14 février 1946. Il reprit contact avec Picard, qui était membre du secrétariat de la fédération de la Seine et du comité central du PCF. En mars 1946, il fut embauché à « Ce Soir » comme secrétaire administratif et en fin d’année fut nommé secrétaire général de « Sports », quotidien sportif dépendant du PCF puis à l’hebdomadaire « Miroir Sprint ». En février 1948, son père victime d’une crise cardiaque ne pouvant s’occuper seul de son commerce, sa mère le supplia de venir l’aider. À son retour dans les Côtes-du-Nord en mars 1948, il reprit contact avec Jean Lejeune, responsable de fédération du PCF, ancien responsable des FTP du département, dont il fut proche pendant la guerre.
En mai 1948, Léon Razurel fut élu membre du comité de la fédération du PCF des Côtes-du-Nord au sein duquel il ne siégea qu’une année. Représentant en produits de sol, il fonda avec Pierre Bourdellès, député MRP de la circonscription de Lannion, la coopérative La Perrosienne dont il fut le directeur de 1964 à 1981. Militant respecté, Léon Razurel fut à deux reprises candidat aux élections cantonales de Lannion. En 1958 il obtint 23,5% des suffrages exprimés et en 1964 17,2% des suffrages exprimés au premier tour. Progressivement il se retira de la vie politique laissant la place à un autre résistant, devenu secrétaire de la section de Lannion, Corentin André*, qui organisa la libération de Lannion et la reddition de la garnison allemande en août 1944.
Léon Razurel fut candidat aux cantonales à Lannion le 20 avril 1958. Il obtint 1506 voix (6401 suffrages exprimés) soit 23,5 %. Barbot, candidat de SFIO, obtint 6,7 %. Le conseiller général conservateur sortant Hainguerlot fut réélu dès le premier tour avec 3807 voix soit 59,5 %. Il fut aussi le candidat du PC le 8 mars 1964. Il obtint 998 voix soit 17,2 % dans une quadrangulaire . Pierre Jagoret, candidat de la SFIO, qui recueillit 35,8 % au premier tour battit au second tour avec 55,5 %, le conseiller général sortant conservateur Hainguerlot.
Léon Razurel fut candidat aux élections municipales à Lannion en 1959, il conduisit au premier tour une liste d’union des gauches initiée par les communistes. Au second tour, il seconda le socialiste Auguste Thos, ancien conseiller municipal. Son épouse fut candidate en 1965. En décembre 1962, Léon Razurel figura sur la liste indépendante d’union des employeurs, proche de la CGT, à l’élection de la caisse de sécurité sociale, dans le collège des employeurs.
Actif dans le secteur associatif, il présida l’association des anciens élèves du Vieux collège de Lannion, et fut président du club de football issu des milieux laïques, l’USL (Union sportive lannionnaise), pendant de longues années. Il milita activement au sein de la section départementale des anciens combattants de l’ANACR prenant l’initiative en 1995 de diriger la rédaction et l’édition d’une brochure sur l’engagement des bataillons FFI sur le Front de Lorient. Dans les années 70, il prit ses distances avec le PCF, sans renier ses engagements antérieurs. Décédé en mars 2000, il fut enterré civilement.
Il épousa Anna Guézennec, décédée en septembre 2012, le couple eut deux enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article150406, notice RAZUREL Léon, version mise en ligne le 21 novembre 2013, dernière modification le 21 novembre 2013.

SOURCES :
Arch. municipales de Lannion (1K7, élections). —Arch. dép. Côtes d’Armor 1192W7 (Elections municipales de 1959). —Composition des comités fédéraux et fichier des élus et des candidats de la Fédération des Côtes-du-Nord du PCF établis par Gilles Rivière. —Une semaine dans les Côtes-du-Nord, supplément de L’Humanité Dimanche (1956-1968). —Jean Le Jeune, Itinéraire d’un ouvrier breton, chez l’auteur, 2002. —Alain Prigent, Histoire des communistes des Côtes-du-Nord (1920-1945), Saint-Brieuc, 2000. —Les Bataillons FFI des Côtes-du-Nord sur les poches de l’Atlantique (Septembre 1944-mai 1945), Cahier édité par le Comité Départemental de l’ANACR, 1995.
— Notes de François Prigent. —Multiples entretiens.

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