USSEGLIO POLATERA Amedeo [Pseudonyme dans la Résistance : Robert]

Par Daniel Grason

Né le 4 décembre 1911 à Giaveno (Italie), fusillé le 21 février 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; terrassier ; militant communiste ; résistant au sein des FTP-MOI.

Amedeo Usseglio Polatera vint en France à l’âge de dix-neuf ans, travailla comme ouvrier maçon, adhéra au Parti communiste. Il entra dans les Francs-tireurs et partisans-Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) en juillet 1943, matricule 10257, et devint membre non permanent du détachement italien, qui comptait une trentaine de membres. Devenu permanent, il toucha une indemnité de deux mille francs par mois. Il demeurait 142 rue du Hameau au Plessis-Robinson (Seine, Hauts-de-Seine) et disposait d’un logement clandestin au 9 rue des Messageries à Paris (Xe arr.).
Il participa à plusieurs actions : le 9 septembre 1943 vers 22 h 45, il était dans l’équipe qui jeta une grenade Mills dans la permanence du Parti populaire français (PPF), 19 rue Lamarck à Paris (XVIIIe arr.) ; une cinquantaine de personnes étaient réunies, il y eut de nombreux blessés. Le 5 octobre vers midi, un FTP lança une grenade Mills depuis un immeuble sur un détachement allemand place de l’Odéon (VIe arr.) ; bilan : douze blessés, dont cinq grièvement. Le 13 octobre vers 19 h 55, une grenade Mills fut lancée contre la vitrine du bar-restaurant La Croisette réquisitionné par les Allemands, rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) ; les glaces explosèrent, le gardien de la paix en faction vida son chargeur de huit balles sur deux FTP qui ripostèrent ; deux passantes furent blessées, un FTP blessé abandonna son pistolet automatique calibre 7,65 mm avec son chargeur vide devant le 1 boulevard Malesherbes.
Dans la nuit du 25 au 26 octobre, quatre résistants FTP-MOI du détachement des dérailleurs et deux combattants d’un autre détachement firent dérailler un train de marchandises sur la ligne Paris-Troyes à Grand-Puits, près de Mormant (Seine-et-Marne). Selon un communiqué de l’organisation, la locomotive et vingt-quatre wagons furent détruits. Trois combattants, Léon Goldberg, Willy Chapiro et Amedeo Usseglio Polatera s’attardèrent pour une raison inexpliquée à Mormant. Des policiers se rendirent sur les lieux du sabotage, puis revinrent à Mormant et interpellèrent les trois hommes. Amedeo Usseglio Polatera présenta une carte d’identité au nom de Belloni. Il portait un pistolet automatique et une clef à tire-fond, les deux autres FTP étaient également armés. Arrêtés, ils furent livrés à la Brigade spéciale no 2 (BS2). Ils furent interrogés dans les locaux des BS, où les policiers pratiquaient le tabassage et la torture.
Incarcéré à Fresnes (Seine, Val-de-Marne) puis livré aux Allemands, Amedeo Usseglio Polatera comparut le 18 février 1944 avec ses vingt-deux camarades des FTP-MOI devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « actes de franc-tireur », il fut passé par les armes le 21 février 1944 au Mont-Valérien.
Son inhumation eut lieu au cimetière communal du Plessis-Robinson. Son nom fut gravé sur le monument aux morts ; une rue de la ville porte son nom.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article150336, notice USSEGLIO POLATERA Amedeo [Pseudonyme dans la Résistance : Robert] par Daniel Grason, version mise en ligne le 17 novembre 2013, dernière modification le 10 mars 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 1749, BA 1752, BA 2117, BA 2299, PCF carton 15, rapports hebdomadaires des Renseignements généraux sur l’activité communiste pendant l’Occupation. – DAVCC, Caen, Boîte 5, Liste S 1744-098/44 (Notes Thomas Pouty). – S. Courtois, D. Peschanski, A. Rayski, Le sang de l’étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1989. – Boris Holban, Testament. Après quarante-cinq ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle..., Calmann-Lévy, 1989. – Pia Leonetti Carena, Les Italiens du maquis, Paris, Éd. Del Duca, 1968. – Gaston Laroche (Boris Matline), On les nommait des étrangers. Les immigrés dans la Résistance, EFR, 1965. – Antonio Bechelloni, « Antifascistes italiens en France pendant la guerre : parcours aléatoires et identités réversibles », Revue d’histoire moderne et contemporaine, avril-juin1999, p. 280-295. – Idem, « Antifascist Resistance in France from the ``Phony War’’ to the Liberation : Identity and Destinies in Question », in Donna R. Gabaccia and Fraser M. Ottanelli (sous la dir.), Italian Workers of the World, Labor Migration and the Formation of Multiethnic States, Urbana and Chicago, University of Illinois Press, 2001, p. 214-231. – La Résistance en Île de France, DVDrom, Paris, AERI, 2004. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Notes Antonio Bechelloni.

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