COULANGES Louis

Par André Balent, Jean-Pierre Besse

Né le 1er février 1896 à Laplume (Lot-et-Garonne), fusillé le 5 janvier 1944 à Toulouse (Haute-Garonne) ; cultivateur ; militant du Parti communiste ; résistant du Lot-et-Garonne (groupes Vény, AS ; réseau Buckmaster).

Louis Coulanges était le fils de cultivateurs, Simon et Marie Pouylau., c’était l’aîné de quatre enfants.
Il participa à la Première Guerre mondiale. Il fut incorporé en 1915 au 15e RI (régiment d’Infanterie) puis muté au 159e RI.. Il fut démobilisé en 1919.
Il se maria à Layrac, le 10 mars 1921 à Laplume. Il était alors ouvrier agricole et sa femme, Marcelle Peberay, sans profession. Ils eurent un fils, Yvan Coulanges, né en mars 1926. Domicilié en dernier lieu au lieu dit Passebaque à Saint-Vincent-de-Lamontjoie (Lot-et-Garonne), commune limitrophe de Laplume, il militait avant guerre au Parti communiste (PC). Il était un exploitant agricole. En 1939, il fut affecté spécial à l’usine métallurgique de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne). Mais il fut radié en février 1940, car, communiste, il était considéré comme "indésirable" dans une usine. Il fut donc muté au camp de Caylus (Lot), dépôt de l’Infanterie.

Début 1941, il reprit contact avec le PC et distribua des tracts. Il fut dénoncé par un habitant de Lamontjoie (Lot-et-Garonne). Les gendarmes de Francescas (Lot-et-Garonne) procédèrent à plusieurs perquisitions, sans résultat.

En 1942-1943, il prit contact avec le réseau Hilaire-Buckmaster. Dans son dossier à Caen, une attestation signale aussi son appartenance au groupe Veny (AS) et son grade de lieutenant.

Le 4 octobre 1943, un important parachutage eut lieu dans un bois, près de la ferme de Louis Coulanges qui fut chargé d’organiser l’opération. Plusieurs containers contenant des armes furent réceptionnés. Une partie d’entre elles fut cachée dans sa ferme. À la suite de dénonciations, les Allemands et la Milice se rendirent dans les fermes où étaient entreposées les armes. Le 16 octobre, il fut arrêté par la police allemande d’Agen ainsi que son fils et son père. Ils furent conduits à Agen et torturés. Louis Coulanges fut ensuite transféré à la prison Saint-Michel de Toulouse (Haute-Garonne). Condamné à mort par un tribunal militaire allemand, il a été fusillé en compagnie de son cousin Aurélien Desbarats* et de sept autres résistants du Lot-et-Garonne (Voir Couderc Ernest) le 5 janvier 1944. Un quotidien suisse, Le Nouvelliste valaisan du 18 janvier 1944 rapporte que Lassauque, Goumy, Porte, Rogale, Desbarats, Couderc et Quandalle, d’autres résistants du Lot-et-Garonne, furent jugés condamnés à mort en même temps que Coulanges le 4 janvier 1944 par un tribunal militaire, siégeant à Annecy (Haute-Savoie). Mais il s’agit sans doute d’une erreur d’interprétation ou de l’extrapolation d’une nouvelle provenant d’Annemasse (Haute-Savoie) et reprise par cet organe de presse du Valais. En effet, Toulouse était dotée d’un tribunal militaire allemand. Ce fut lui qui jugea les huit Lot-et-Garonnais.
Son corps fut retrouvé en septembre 1944 dans le charnier de Bordelongue.
L’annonce de son exécution fut publiée dans le journal Le Radical du 17 janvier 1944. Son figure aux côtés de vingt-set autres résistants sur la stèle érigée in situ sur le charnier de Bordelongue (commune de Toulouse). Il est également inscrit sur le monument aux morts de Saint-Vincent-de-Lamontjoie.
C’était le cousin d’Aurélien Desbarats, lui aussi résistant et inhumé dans un des charniers clandestins de Bordelongue.

Louis Coulanges fut déclaré "Mort pour la France". Son fils, Yvan, fut déporté et revint des camps. En 1956, il fit des démarches, couronnées de succès, afin que son père accédât au grade de chevalier de la Légion d’Honneur.

Voir : Toulouse, prison Saint-Michel et charnier de Bordelongue (9 novembre 1943-18 avril 1944)

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article150261, notice COULANGES Louis par André Balent, Jean-Pierre Besse , version mise en ligne le 14 novembre 2013, dernière modification le 13 octobre 2018.

Par André Balent, Jean-Pierre Besse

SOURCES : DAVCC, Caen, dossier 21P109109. – Ami, si tu tombes : témoignages et documents : les communistes du Lot-et-Garonne dans la Résistance, Agen, Impr. du Travailleur du Sud-Ouest, 1986. — Le Nouvelliste valaisan, 18 janvier 1944. — Site mariegenea.canalblog.com consulté par André Balent le 20 juillet 2017.

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