WROBLEWSKI Walery

Par Jean Maitron

Né le 15 décembre 1841 à Zoludek (Pologne), mort à Ouarville (Eure-et-Loir) le 5 août 1908 ; pianiste ; général de la Commune de Paris ; membre du Conseil général de l’Internationale.

Wroblewski fit ses études à Vilno et Pétersbourg, puis dans un Institut supérieur forestier. Il travailla ensuite en Biélorussie tout en militant pour ses idées sociales. Il prit part à l’insurrection polonaise de 1863 et fut blessé. Il vint en France en 1864 et vécut à Paris en donnant des leçons de piano et de musique et en participant à des concerts.

À partir du 9 novembre 1866, il habita 15, rue Boursault, dans le XVIIe arr. Le 10 mai 1871, il fit payer à sa propriétaire 180 f pour neuf mois qu’il lui devait. Sa logeuse, une dame Daburon, porta sur lui le témoignage suivant en réponse à l’enquête menée après la défaite de la Commune :

« Wroblewski a logé chez moi de 1866 à 1871 ; il occupait une chambre à 20 f par mois, qu’il payait régulièrement ; il paraissait pauvre, était mal mis, parlait fort peu, écrivait beaucoup et paraissait avoir des habitudes régulières [...] C’est un homme plutôt grand que petit, qui a la figure marquée de la petite vérole et qui est très maigre [...]. Il est parti vers le milieu d’avril sans me prévenir et m’a fait payer quelque temps après ».

Wroblewski commanda avec le grade de général la troisième armée fédérée qui défendait le Sud de Paris. Son quartier général était établi à Gentilly et les forces dont il disposait étaient partagées en trois secteurs : les forts d’Issy et de Vanves ; les forts de Montrouge et de Bicêtre ; le fort d’Ivry et les tranchées de Villejuif. Durant la Semaine sanglante, il organisa la résistance à la Butte-aux-Cailles et place d’Italie dans le XIIIe arr.

Le 17e conseil de guerre le condamna à la peine de mort par contumace le 30 août 1872.

Réfugié à Londres, Wroblewski vécut dans l’entourage de Marx et fit partie d’une loge anglaise fréquentée par des proscrits — voir Thirifocq E. Membre du Conseil général de l’Internationale, il succéda à Zabicki comme secrétaire-correspondant pour la Pologne. Il signa en cette qualité les résolutions de la conférence de Londres, 17 octobre 1871. Il avait assisté au banquet de clôture et peut-être aussi aux séances, mais son nom ne figure nulle part dans les procès-verbaux.

Le 5 mars 1872, toujours en qualité de secrétaire-correspondant pour la Pologne, il fut un des signataires de la brochure Les prétendues scissions dans l’Internationale, circulaire privée du Conseil général de l’AIT, destinée à la lutte contre la fraction bakouninienne de l’Internationale (reproduite dans J. Freymond, op. cit., t. II, pp. 266-297).

Wroblewski assista au 5e congrès de l’Internationale tenu à La Haye, 2-7 septembre 1872, comme délégué du Conseil général et de la section polonaise de Londres. Il vota l’exclusion de Bakounine, James Guillaume et Schwitzguébel et se prononça en faveur du transfert à New-York du siège de Conseil général. À Amsterdam, le 8 septembre, avec Marx, Lafargue, Eugène Dupont, Sorge, il fit un discours à la réunion publique qui clôtura le congrès.

Wroblewski mena à Londres une vie difficile ainsi qu’en témoigne une lettre de Mme Marx à Sorge en janvier 1877 :

« Wroblewski est en rapports avec le ministre de Turquie pour aller en Turquie aussitôt qu’éclatera la guerre. Il aurait bien mieux fait de partir depuis longtemps, misère et blessures lui faisant une existence très dure. Si l’on n’en arrivait pas à la guerre, il sera ici complètement perdu, étant donnée surtout la terrible situation où il se trouve. Ce serait dommage qu’il ne trouvât pas d’activité convenable. C’est une tête véritablement géniale et un brave garçon ».

En 1879 Wroblewski et Arthur Arnould furent nommés membres de l’institut genevois, section sciences morales et politiques.

Des jugements flatteurs ont été portés sur Wroblewski et notamment sur ses qualités de stratège. Lepelletier, dans son Histoire de la Commune, écrivait à son sujet : « le plus remarquable peut-être des généraux de la Commune » ; et Édouard Vaillant déclara dans L’Humanité du 12 août 1908 : « C’était à lui qu’aurait dû être confiée la direction militaire générale de la défense ».

Wroblewski, qui était revenu en France en 1885, mourut à Ouarville (Eure-et-Loir) le 5 août 1908, chez son ami le docteur Gierzynski. D’imposantes obsèques lui furent faites au Père-Lachaise.

Liste — d’après l’état de nos recherches — des Polonais ayant participé à la Commune de Paris : Babick Jules, Bakonowicz (Beltonowitz) Michel, Baraczynski (Barczynski) Jean, Baranowski Alexandre, Barszewski (sans prénom), Barczewski Alexandre, Barezewski Alexandre (Barczewski ?), Barszczewski Jean, Bayer Ch. ?, Benarz, Bialkowski Armand, Bialkowski Jérôme, Biernacki Joseph (Biernaski ?), Biernaki Louis (?), Bojarski Ladislas, Bolonski Louis (ou Bololosky ?), Bonoldi Achille, Borkowski Jean, Borniewski Édouard, Borzobohaty Ladislas, Budziszowski (Budischosky ? Budiskosky ?), Burba Ferdinand, Celinski Jordan, Celinski (Cielinski) Léopold, Celinski Stanislas, Cholewa Paul, Chrecki Ladislas, Chruscinski Sigismond, Criqué J. ?, Cwaloszynski S., Czapel Léon, Czarnowski (Czarnomski) Romain, Daniszewski (Daszewski) Witold, Dabrowski Jaroslaw, Dabrowski Théophile, De Kuksz (voir Kuksz), Dzialinski, Dziedzinski, Foriasky ?, Fracki, Gasowski Alphonse, Gikowski ? Walenty, Gizycki Eugène, Gronau, Grudzinska Hélène, Hankiewicz Joseph, Heinsze Louis, Helgorski Wladyslaw, Holubowicz Edmond, Homanowski Ch. ?, Huszcza Apollon, Jabloski Konstanty Léon, Jankowski Francis, Janowski, Jasienski, Jaslowski, Jost Wladyslaw, Kaczynski, Kamieniecki Adolphe, Kaminski Stanislas, Kawecka-Ladojska, Kawecki Constant, Kazdanski Julien, Kinoski ?, Kobosko Apollon, Kompanski Eugène, Koniarski Walerian, Konkiel Eugène, Konrad, Kopernik Lucien, Kosmo, Kowalski, Kozarski Alexandre, Kozarski Charles, Koziell Louis, Kozlowski Francis, Krajewski, Krieger Sabin, Kruszewski (Kruszczowski) Jean, Krzmier B., Kuksz (Kukszowski) Wladyslaw, Kunicki Ézechiel, Kwiatkowski Charles, Kwiatoszynski Edmond, Lacki ? Landeck, Landowski Jean, Lankiewicz Walenty, Lansecki, Lapuszewki C., Leszczynski Erasme, Lewicki Joseph, Lubicz Victor, Lubiszewski Félix, Lukowski Julien, Lunkiewiz (voir Lankiewicz), Malackowski, Malukiewicz Michel, Matuszewicz Ludomir, Mekarska Pauline, Mekarski Jules, Malachowski, Michalowicz, Miecznikowski Louis, Mielnicki Alexandre, Mierzinski, Mizgier de Turzyna Jean, Muzinski, Mycielski Antoine, Naczkowski Julien, Napieralski, Nawrocki, Nettyn, Niemiec Rosalie, Okolowicz Anatole, Okolowicz Auguste, Okolowicz Charles, Okolowicz Édouard, Okolowicz Ferdinand, Olszewski Arthur, Opatowski Henri, Orlowska Maria, Orlowski Jean, Pajowski (Payoski), Palysiewicz (Parisziewzi), Paszkowski Victor (de Zadora), Pawlowicz Louis (Polowich, Paulowich), Pazdzierwski J.-B., Perce I., Piatkowski Léon, Plaskowski Alexis (Plouskowski ?), Plucinski Théodore, Potapenko Valéry, Potowski Jean, Powiatowski, Pruszynski Ernest, Prut Louis, Rebecki Jean, Rienorski, Rogawski Casimir, Rogowski Maximilien, Romanowski Charles, Romblicki, Rozalowski Vladimir, Rozwadowski Joseph, Rozycki, Rubinowicz, Ruszczynski (Ruszeszynski ?), Rymaszewski Julien, Sachocki Alphonse, (Suchocki ?), Sezwezikowski (?) Antoine, Sieminski, Skalski, Slomczynski André (dit Slom), Sroczynski Stanislas, Stawinski Wladyslaw, Stazewski Paul, Szmejzinski (Schmeyzinski) Paul, Szydtowski Louis, Szydlowski Stanislas, Szyrma Édouard, Slezier (Slizier) Stanislas, Swidzinski Charles, Swiecki (Swiecicki), Swierisiski, Tabulski Stéphane, Temezynski Wladyslaw, Tomaszewski Stanislas, Tranczykowski, Turski, Wackowski ?, Warszawski David, Waszkiewicz, Wernicki Alexandre, Wierzbicki (Wirzbicki), Wisniewski, Witkowski Louis, Wodecki (Wadecki) Stanislas, Wolkiert (Volkert), Wolowski Alexandre, Wolowski A., Wolowski B., Woski (Voski), Wroblewski Walery, Wroczynski Romain, Zanawski, Zukowski Jules.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article150222, notice WROBLEWSKI Walery par Jean Maitron, version mise en ligne le 13 novembre 2013, dernière modification le 29 novembre 2018.

Par Jean Maitron

ICONOGRAPHIE : G. Bourgin, La Commune, 1870-1871, op. cit. p. 351. — Bruhat, Dautry, Tersen, La Commune de 1871, op. cit., p. 235.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/865, n° 6997. — Arch. Min. Guerre, 17e conseil. — Lepelletier, Histoire de la Commune, op. cit. t. III, p. 395 et suivantes. — Le Mouvement social, n° 38, janvier-mars 1962. — La Première Internationale (J. Freymond), op. cit. — M. Molnar, Le Déclin de la 1re Internationale, op. cit. — Correspondance F. Engels-K. Marx et divers, publiée par Sorge dans Œuvres complètes de F. Engels, Paris, 1950, 2 vol. — K. Wyczanska, Polacy W Komunie..., op. cit. — Gérard Hamon, Retour en France d’un communard déporté, Rennes, Pontcerq, 2016, p. 214.— État-civil de Ouarville.

fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément