Né en 1925, mort en 1977 ; militant anarchiste puis dirigeant de la Fédération nationale des auberges de jeunesse (FNAJ) puis un des créateurs de la Fédération unie des auberges de jeunesse (FUAJ).

Eugène Quet
Issu d’un milieu modeste, originaire du Gard, Eugène Quet perdit sa mère très tôt. Son père créa un syndicat autonome de l’Assistance publique et milita ensuite à Force Ouvrière.
Eugène Quet commença jeune sa vie professionnelle, également dans l’Assistance publique, comme menuisier et milita à la Confédération nationale du travail de tendance anarchiste. En 1947, il adhéra au Mouvement laïque des auberges de jeunesse et y rencontra notamment Marcel Lesur et Louis Huet. Il devint membre du groupe de Saint-Mandé (Seine, Val-de-Marne) puis participa activement, quelques années plus tard, à la constitution de la Fédération nationale des auberges de jeunesse (FNAJ), dont il devint le premier secrétaire général de 1950 à 1955. Il s’opposa à cette occasion au courant anarchiste.
Avec Claude Brocher, il entama dès 1953 les toutes premières et officieuses approches avec des responsables de la Fédération Française des auberges de jeunesse (FFAJ) en vue d’aboutir à l’unification des différentes associations d’AJ. À partir de ce moment, il devint un élément clé et incontesté de la mise en place de la Fédération unie des auberges de jeunesse (FUAJ) qui vit finalement le jour le 6 avril 1956, au terme de négociations laborieuses d’où les coups de théâtre n’étaient pas absents. Il en fut tout naturellement le secrétaire général en 1956 à 1961.
Son action éminente dans cette difficile entreprise fut pourtant très controversée. En effet, les communistes de l’Union française des auberges de jeunesse lui marquèrent longtemps une vive méfiance et les responsables de la Ligue française pour les auberges de la jeunesse lui témoignèrent une franche hostilité. Enfin, un fort courant de militants, issus principalement de la FNAJ, redoutant une dérive de la Fédération unie vers une orientation prioritairement technique accordant de surcroît trop d’importance aux équilibres politiques se forma bientôt en un groupe d’opposition structuré. Cette minorité, conduite par René Sedes, gagna progressivement de l’influence au sein de la FUAJ.
La ligue française prétextant des prises de positions de la nouvelle fédération sur la guerre d’Algérie et sur les problèmes de laïcité, fera sécession dès 1959. De leur côté, les communistes se rapprochant d’Eugène Quet et les progrès de la minorité conduisirent par la force des choses à un accord général en 1963, les conditions se trouvent désormais réunies pour que la FUAJ puisse enfin se développer et étendre son influence.
Il devint alors président de la FUAJ et le restajusqu’en 1970. En 1972, il quitta les instances responsables de la fédération, mais en raison de nouvelles dissensions dans lesquelles les communistes jouèrent encore une fois un certain rôle, il fut de nouveau fait appel à lui.
Jusqu’à son décès prématuré à l’âge de 52 ans, il eut alors une action découlant plus de son prestige que que d’une influence véritablement politique dans la fédération.
Eugène Quet marqua l’histoire des auberges de jeunesse à la fois par sa volonté de contribuer à la liquidation d’une interminable division et également par son attachement au développement systématique d’un réseau homogène d’AJ. En outre, il porta à un bon niveau l’information associative dans le domaine de l’ajisme (Jeunes des auberges, dont il fut le rédacteur en chef et Ajisme et Culture qu’il créa, en portèrent témoignage). Enfin, le centre culturel de Tours, ouvrit à son instigation dans les années 60, resta un exemple par la qualité des activités qui y étaient pratiquées. Cependant, nombre de ses opposants lui reprochèrent d’avoir choisi ces objectifs au détriment de la force militante de l’ajisme, dont l’importance alla désormais en déclinant.
Sur le plan professionnel, Eugène Quet, autodidacte d’origine, entreprit des études supérieures et réalisa sous la direction de Pierre Bourdieu* un mémoire sur l’origine des mouvements de jeunesse en France. Après avoir quitté les auberges, il travailla au sein de l’Institut français de coopération agricole où il dirigea le secteur de la formation.

SOURCE : Documentation des auberges de jeunesse.

Aimé Skoutelsky, René Sedes

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