BARBRY Roger, Désiré

Par Daniel Grason, Thomas Pouty

Né le 28 janvier 1924 à Armentières (Nord), fusillé le 14 avril 1942 au camp de Souge, commune de Martignas-sur-Jalle (Gironde) suite à une condamnation à mort ; employé de commerce ; résistant du réseau de renseignement Kléber.

Fils de Jules et de Raymonde, née Délelis, Roger Barbry était né dans une famille de onze enfants et vivait 50 rue des Rotours à Armentières. Un groupe de sept amis appartenant à la mouvance chrétienne, profondément choqués par l’effondrement de l’armée française décida de faire quelque chose ; certains songèrent à récupérer des armes abandonnées sur le champ de bataille de Steenweck.
Sans en parler à leur famille, Roger Barbry, Ernest Lombart, Germain Lepoivre, Henri Leclercq, Paul Desreumaux, Auguste Rio et Louis Catiau enfourchèrent leur bicyclette en direction de l’Espagne. Ils parcoururent six cent cinquante kilomètres, arrivèrent à Montmorillon dans la Vienne et se présentèrent au bureau de recrutement de l’armée. Seuls Auguste Rio et Louis Catiau furent acceptés et rejoignirent l’armée d’Afrique, un officier des renseignements militaires recruta les cinq autres jeunes.
Célibataire, Roger Barbry recruté en novembre 1940 devint agent rémunéré du réseau de renseignements Kléber à Périgueux (Dordogne). Arrêté une première fois le 15 février 1941 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), il fut interné, libéré en absence de preuve dix jours plus tard. Interpellé en Gironde une seconde fois le 10 avril 1941, il fut interné à Libourne et libéré quinze jours plus tard toujours faute de preuve. À partir de juin 1941, il recueillit des renseignements dans sa région natale et sollicita parfois l’aide de son père.
Cinq policiers allemands du Service de renseignements de la SS l’arrêtèrent le 23 février 1942 à son domicile d’Armentières. Incarcéré à Loos, il fut transféré au fort du Hâ à Bordeaux, comparut le 1er avril 1942 devant le tribunal de la Feldkommandantur 529 de la ville en même temps qu’Ernest Lombart. Condamné à mort pour « espionnage », il déposa le 1er avril 1942 un recours en grâce qui fut rejeté.
Il écrivit une dernière lettre où il faisait part de sa foi chrétienne, de son amour pour ses parents, ses frères et sœurs. Une terrible épreuve pour un jeune de dix-huit ans qui écrivit : « Je termine cette lettre qui est pour moi un calvaire. » Il fut passé par les armes le 14 avril au camp de Souge en même temps qu’Ernest Lombart.
Le ministère des Anciens Combattants le déclara « Mort pour la France », à titre posthume. Roger Barbry fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, reçut la Croix de guerre avec palme et la Médaille de la Résistance. À Armentières la rue de Flandres devint la rue des Fusillés ; une plaque fut apposée en mémoire des cinq fusillés : Paul Desreumaux, Germain Lepoivre, Henri Leclercq, Ernest Lombart et Roger Barbry.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article149627, notice BARBRY Roger, Désiré par Daniel Grason, Thomas Pouty, version mise en ligne le 22 octobre 2013, dernière modification le 18 septembre 2018.

Par Daniel Grason, Thomas Pouty

SOURCES : DAVCC, Caen B VIII dossier 3. – Livre d’Or du Mémorial de Ramatuelle 1939-1945, édité par l’Amicale des Anciens des Services spéciaux de la Défense nationale (AASSDN), Paris, 2005. – Mémorial GenWeb. – Les 256 de Souge, op. cit.

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