LEPOIVRE Germain, Désiré, Joseph

Par Daniel Grason, Thomas Pouty

Né le 26 mars 1920 à Armentières (Nord), fusillé le 30 septembre 1941 à la citadelle de Lille (Nord) ; employé de banque ; résistant membre du service de renseignements du réseau Kléber.

Fils d’Auguste et de Léonie, née Decrock, Germain Lepoivre vivait chez ses parents au 23 rue des Sports à Armentières. La région fut déclarée zone interdite par les occupants allemands. Germain Lepoivre et ses amis pensèrent dès juillet 1940 à récupérer des armes et des munitions abandonnées du fait des combats qui se déroulèrent entre troupes allemandes et anglaises dans le secteur de Steenwerck là où habitait le frère d’Ernest Lombart qui appartenait au même groupe d’amis.
Ils décidèrent avec Paul Desreumaux, Roger Barbry, Germain Lepoivre, Auguste Rio et Louis Catiau de rejoindre l’Angleterre. Sans en parler à leur famille, ils enfourchèrent leur bicyclette en direction de l’Espagne. Ils parcoururent six cent cinquante kilomètres, arrivèrent à Montmorillon dans la Vienne, se présentèrent au bureau de recrutement de l’armée. Seuls Auguste Rio et Louis Catiau furent acceptés et rejoignirent l’armée d’Afrique. Un officier des renseignements militaires recruta les cinq autres amis.
Germain Lepoivre devint un agent rémunéré du service de renseignements du réseau Kléber, également membre du 2e Bureau de Vichy. Avec Henri Leclercq il recueillit des renseignements sur l’armée allemande en zone occupée. Tous les deux furent interpellés le 14 mars 1941 sur le terrain d’aviation allemand de Saint-Omer (Pas-de-Calais). Incarcéré à la prison de Loos-lès-Lille, Germain Lepoivre comparut le 26 juin 1941 devant le tribunal de la Luftwaffe à Lille, et fut condamné à mort pour « espionnage ».
Le 30 septembre, il écrivit notamment dans sa dernière lettre à ses parents : « Ma vie que je donne c’est pour la reconstruction de la France qui a été très malheureuse ces derniers temps. Je mourrai en bon chrétien. Pardon pour tout le chagrin que je vous ai fait et que je vous fais encore. »
Les Allemands le passèrent par les armes à la citadelle de Lille. Son corps fut restitué à sa famille après la Libération, et son inhumation se déroula au carré militaire du cimetière d’Armentières.
Le ministère des Anciens Combattants le déclara « Mort pour la France », il fut fait chevalier de la Légion d’honneur, reçut la Médaille de la Résistance. À Armentières la rue de Flandres devint la rue des Fusillés, et une plaque fut apposée en mémoire des cinq fusillés : Paul Desreumaux, Roger Barbry, Ernest Lombart, Henri Leclercq et Germain Lepoivre.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article149585, notice LEPOIVRE Germain, Désiré, Joseph par Daniel Grason, Thomas Pouty, version mise en ligne le 20 octobre 2013, dernière modification le 8 mars 2017.

Par Daniel Grason, Thomas Pouty

SOURCES : DAVCC, Caen. – Livre d’or du Mémorial de Ramatuelle 1939-1945, édité par l’Amicale des anciens des services spéciaux de la Défense nationale (AASSDN), Paris, 2005. – Mémorial GenWeb.

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