LOMBART Ernest, Louis, Joseph

Par Daniel Grason, Thomas Pouty

Né le 30 mars 1921 à Steenwerck (Nord), fusillé le 14 avril 1942 au camp de Souge, commune de Martignas-sur-Jalle (Gironde) suite à une condamnation à mort ; apprenti pareur ; militant de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) ; résistant du service de renseignements Kléber.

Fils de Clément et de Marie, née Sénéchal, Ernest Lombart demeurait chez ses parents, concierges au 28 rue de Dunkerque à Armentières, et était membre de la JOC. Il apprenait le métier de pareur qui consistait à préparer des cuirs et peaux notamment pour la reliure.
La région fut déclarée zone interdite par les occupants allemands. Ernest Lombart et son ami Henri Leclercq pensèrent dès juillet 1940 à récupérer des armes et des munitions abandonnées du fait des combats qui se déroulèrent entre troupes allemandes et anglaises dans le secteur de Steenwerck.
Ils décidèrent avec Paul Desreumaux, Roger Barbry, Germain Lepoivre, Auguste Rio et Louis Catiau de rejoindre l’Angleterre. Sans en parler à leur famille, ils enfourchèrent leur bicyclette en direction de l’Espagne. Ils parcoururent six cent cinquante kilomètres, arrivèrent à Montmorillon dans la Vienne et se présentèrent au bureau de recrutement de l’armée. Seuls Auguste Rio et Louis Catiau furent acceptés et rejoignirent l’armée d’Afrique. Un officier des renseignements militaires recruta les cinq autres amis.
Ernest Lombart et Paul Desreumaux effectuèrent de la recherche de renseignements dans le sud de la France, le premier pour le réseau Kléber, le second pour le 2e Bureau de l’armée française. Ernest Lombart, porteur de courrier, passa la ligne de démarcation une centaine de fois avec le concours d’un « passeur » nommé Girodeau. Celui-ci dénonça Lombart. Le 20 décembre 1941 il fut arrêté puis incarcéré au fort du Hâ où il retrouva Roger Barbry.
Jugés le 1er avril 1942 en même temps par le tribunal de la Feldkommandantur 529 à Bordeaux (Gironde), tous les deux furent condamnés à mort. Ernest Lombart déposa un recours en grâce qui fut refusé. Le 14 avril il fut passé par les armes au camp de Souge. Son inhumation eut lieu au cimetière de Martignas-sur-Jalle, commune proche du lieu de l’exécution.
À titre posthume, Ernest Lombart fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, reçut la Croix de guerre avec palme et la Médaille de la Résistance. À Armentières, la rue de Flandres devint la rue des Fusillés. Une plaque fut apposée en mémoire des cinq fusillés : Paul Desreumaux, Roger Barbry, Germain Lepoivre, Henri Leclercq et Ernest Lombart.
Le passeur dénonciateur Girodeau fut arrêté. Le tribunal militaire français de la 12e Région militaire le jugea et le condamna à mort.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article149559, notice LOMBART Ernest, Louis, Joseph par Daniel Grason, Thomas Pouty, version mise en ligne le 18 octobre 2013, dernière modification le 8 mars 2017.

Par Daniel Grason, Thomas Pouty

SOURCES : DAVCC, Caen B VIII dossier 3. – Livre d’Or du Mémorial de Ramatuelle 1939-1945, édité par l’Amicale des anciens des services spéciaux de la Défense nationale (AASSDN), Paris, 2005. – Mémorial GenWeb.

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